Sidilarsen – Eau

Sidilarsen - Eau dans Chronique d'album

Album sorti en 2005.
Chronique rédigée en 2010.
Plus d’infos ici

C’est avec un plaisir non dissimulé que j’opère ce petit flash back en 2004, sur un album assez discret mais qui m’avait marqué. Les responsables, Sidilarsen, un groupe toulousain qui s’était déjà illustré avec un album de metal indus très techno dans l’âme, symbolisé par ce fameux tire-bouchon vu comme un homme mécanique. Et si le deuxième album porte sobrement le nom de l’élément qui donne la vie, ça n’est pas un hasard, c’est bien pour montrer que du liquide coule désormais dans le corps de l‘homme mécanique. En effet, la musique du groupe a subit une soudaine évolution qui la rend incontestablement plus vivante, plus humaine, moins rigide mais tout aussi énergique.

Dès que la galette violette commence a tourner sur notre chaîne, un son électronique se fait entendre, suivi d’un gros riff indus à la Rammstein, sans prétention mais bien burné. Le chant fait son apparition juste derrière et là, les changements sautent aux oreilles. Les deux vocalistes multiplient les registres, mêlant chants clair et fluide (comme de l’Eau) aux passages agressifs. L’électronique soutient le tout mais ne se contente plus de coller aux accents techno, elle pose une ambiance, fluidifie encore ce premier morceau qui montre le meilleur de ce que peut faire le groupe. Pas d’inquiétude, le reste du disque a tout de même de quoi scotcher.

Les Sidilarsen usent de ces voix aux tons multiples et de cette programmation bien utilisée sur fond de gros mur de guitare pour nous pondre des morceaux qui parviennent à se renouveler à chaque fois, ce qui garantit déjà de ne pas s’ennuyer. La sauce Mass Hysteria est bien détectable, mais le groupe développe une vraie personnalité autour.

Une influence raga balbutiait déjà un peu sur Biotop mais ici, des passages très raga sont disséminés un peu partout, côtoyant le chant gras façon Lofofora de Didou sur « La Fibre », et imprégnant de manière générale la plupart des couplets de l’album. Point culminant de cet aspect, la chanson « La Parole » où les Fabulous Trobadors viennent en renfort débiter de l’occitan à un rythme assez dingue. Et oui, les toulousains se retrouvent pour défendre le sud (« se jouer des tendances et des évidences, je trouve bien trop haut le centre de la France, comme quoi il s’en passe bien plus bas qu’on ne le pense »), et le métissage musical aussi.
Le refrain de « La Fibre » peut faire grimacer ceux qui craignent les relents de néo, mais ce n’est pas pour autant que les Sidilarsen ont abandonnés leur style à toute sortes d’expériences. Le fond reste très metal fusion, et « fluidité » ravira les amateurs de rythmes qui pulsent et de refrains scandés. « Surhomme » démarre en trombe également et Didou et Viber jouent à qui gueulera le plus fort sur le refrain. Et pour les amateurs de la facette techno, « Prédiction » remplace la batterie par un bon gros beat et joue sur de multiples effets pour faire une vraie chanson électro metal (et pas l’inverse). La dernière piste, sans parole, joue aussi la carte du tout électro mais sous une forme bien plus planante et assez inattendue’

Les musiciens ne font pas dans la prouesse technique mais dans l’efficacité, fait souvent relatif au genre. La batterie, sans jamais tomber dans le rythme binaire simpliste, occupe son espace de manière régulière et participe à donner la pèche au tout. Les guitares suivent et forment un mur rythmique dans le même esprit, mais qui n’attire vraiment l’attention sur lui que rarement. Tout ceci forme la partie régulière, la ligne directrice qui permet au groupe de varier les plaisirs sans se perdre pour autant.
Les textes, en français, sont plus travaillés et donc plus mis en avant que sur Biotop. Certains restent assez abstraits mais d’autres comme « La Morale de la Fable », « Surhomme » ou « Elle me Tend Toujours la Main » sont plus dénonciateurs et assez bien inspirés puisque toujours aussi parlants en 2010.

Tout ceci fait de Eau un album de metal à la française de très bonne qualité. Moi-même, je ne suis pas forcément emballé par tous les projets français avec des étiquettes à rallonge qui souvent s’avèrent assez peu inspirés au final. Mais Eau s’appuie sur une base voisine de Mass Hysteria qui a fait ses preuves, et distille plusieurs petites influence pour faire un album solide, efficace, qui peut convaincre quelque septiques et ravir les autres. Même aujourd’hui alors que les modes changes, des galettes comme celle-ci, j’en redemande.

Les clips :

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