The Gathering – Disclosure

Disclosure

Album sorti en 2012.
Plus d’infos : ici

Personnellement, The Gathering sans Anneke Van Giersbergen, je n’y croyais pas une mmmminute. D’ailleurs The West Pole, je n’ai fait que vaguement le survoler. C’est vrai quoi… Avant Anneke, au début des années 90, The Gathering n’était qu’un groupe de doom death trop ordinaire. Et paf, recrutement d’Anneke, puis sortie de Mandylion en 1995, un album qui s’est fait une petite place dans l’histoire du metal. Depuis, je ne dis pas que j’ai accroché à tout, mais je sais reconnaître un groupe qui est toujours allé de l’avant, et est toujours resté intègre. Et puis en 2006, après une lente mais inéluctable mutation stylistique, Home, le dernier album avec Anneke, et un de mes grands classiques personnel. Le reste, on l’a déjà évoqué, plus d’Anneke, The West Pole, mais sans moi à l’écoute.
Pourtant quand les premiers sons extraits de Disclosure apparaissent, me voilà pris d’un doute, déjà presque d’une certitude. Et si j’avais enterré la confrérie hollandaise trop vite ?
Réaction immédiate, me voilà sur le site du groupe dès la sortie de Disclosure, offrant subitement avec confiance mes 7 € en échange du téléchargement de l’album et de sa doc numérique. Oui, j’aime cette démarche du groupe qui depuis longtemps déjà a pris le parti de s’auto produire, de se débrouiller quoi. Et c’est parti pour 8 titres. Comme quoi, ça peut suffire.

La confrérie se comporte déjà depuis longtemps en expérimentateurs sonores, sur leur créneau trip rock déjà si particulier. Rien d’abstrait ou de réellement barré derrière ce terme d’expérimentation, mais le trip rock étant déjà un sous genre assez peu exploité, le groupe l’explore, le défriche, en y travaillant énormément leur son, leur mix, leurs atmosphère. Disclosure, c’est ça, sans fioriture, sans surplus, juste une parfaite continuation de ce travail.
Pour rester dans les éléments globaux, on constate une avancée des éléments issus du trip hop, à commencer par l’ajout fréquent de violons ou de cuivres. De plus, La base de la musique reste tout à fait naturelle et organique, mais le travail sur les effets est devenu primordial. Alors que j’aurais tendance à dire que ce genre de traficotage sert bien souvent de cache misère, ici la critique ne m’effleure pas. Rappelons que les deux frères compositeurs sont tout de même batteur et guitariste du groupe. On ne s’étonnera pas alors qu’ils usent d’artifices pour embellir leur jeu et non pour le remplacer. Sur toute la durée de l’album, ces instruments prennent ainsi un grand nombre de tonalités, d’aspects différents, allant du plus arrangé au plus brut, et ce, toujours intelligemment. Par exemple, quoi de plus respectueux du son simple d’une batterie que cette intro de « I Can See Four Miles », où l’on a l’impression de se rapprocher petit à petit de la pièce où Hans Rutten joue ? Alors qu’à la fin de « Meltdown », le travail de production envoie cette même batterie à la frontière d’un son de beat box.
Les éléments qui pouvaient encore renvoyer au metal se raréfient, restant souvent dans une veine rock. Les cordes en premier lieu, subissent le même traitement soignée mais prennent moins souvent un caractère grondant et compact qu’avant. Le chant également, travaille surtout sur la fibre mélodique et émotionnelle.
Le chant ? Mais on n’a même pas parlé de Silje Wergeland ! Ca veut déjà dire qu’elle ne fait pas tâche, ce qui, vu la mission qui lui incombe, est déjà une victoire. Comme souvent après ce genre de délicat changement, après l’album bancal de transition vient la nouvelle assurance. C’est bien le cas. La scandinave n’a définitivement pas un timbre aussi puissant et unique qu’Anneke, mais elle trouve ça place, grâce a un chant juste, sincère et convainquant.

On se promène ainsi entre douce rêverie et mélancolie, souvent mêlée au sein d’une même chanson. La formidable « Heroes For Ghosts » est le sommet de la facette mélancolique et un vrai temps fort de l’album. Sur la fin, elle se permet même une monté en puissance, une pointe plus épaisse et menaçante où Silje se montre finalement assez à l’aise. La rareté de ces instants d’obscurité latente ne fait que les rendre meilleurs. Ailleurs, quand le groupe décide d’insuffler un petit peu plus d’énergie, c’est en lorgnant vers des aspects rock, voir pop (mais que ce terme ne rebute personne ici), surtout en début d’album. La première partie de « Meltdown » en est le meilleur exemple. Le tout est donc plutôt varié et cohérent, et permet une écoute d’un trait agréable et bien dosée.
Je n’arrive même pas à reprocher au groupe le fait d’avoir réemployé un même thème 2 fois sur « Gemini I » et II, puisque « Gemini II » ne fait pas redite pour autant et conclu l’album sur une note planante et épurée qui ne choque pas.
Disclosure n’est pas une révolution musicale non plus, mais un très bon petit album relativement discret vu le passé du groupe, et une bonne surprise de 2012, qui devrait vieillir honorablement. Merci The Gathering.

Du son et un clip, avec les chansons identiques aux versions album svp, donc profitez !

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