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Archive mensuelle de janvier 2013

Sidilarsen – Machine Rouge

Machine Rouge

Album sorti en 2011.

Le metal fusion français n’a plus le vent totalement en poupe. Pourtant, les années 90, voir même la vague néo metal furent de vrai pures heures pour un petit noyau de groupes solides. Mais aujourd’hui, aujourd’hui… Mass Hysteria s’obstine à ne retenir de lui même que l’énergie et le rythme, Lofofora semble se défendre davantage mais ne se refait pas totalement une santé non plus, No One is Innocent, Freedom For King Kong et autre Silmaril ne sont que souvenirs… On dirait qu’il faut davantage regarder vers la scène rock pour trouver d’intéressants cross over. Bref, Sidilarsen, pour moi, a toujours été un petit préféré, un groupe discret mais qui promettait et qui s’est fait son identité doucement mais sûrement.
Après le bon mais trop discret Une Nuit Pour Sept Jours, les sidis ont décidés de se recentrer, de travailler eux-mêmes leur communication, et de se faire ainsi davantage entendre cette fois-ci. Ainsi est né « Machine Rouge ».

La couverture fait la part belle à l’eau, homonyme du deuxième album du groupe, et à la féminité, jusqu’ici assez peu mise en avant par ces mecs là. Le titre, lui, outre une idée politique, fait d’abord référence au cœur, organe qui fait battre la vie et qui synthétise les idées de mécanique et de fluide si présentes chez Sidilarsen. Un enrobage agréablement bien bossé qui donne envie de passer au contenu.

Les précédents albums nous ont habitués à du gros son, et Machine Rouge ne déçoit pas là dessus. La production est très bonne, adapté aux orientations de chaque morceau. Seuls quelques bits technos me laissent un peu dubitatifs (« Back to Basics « surtout), mais force et de reconnaître que le groupe a su mettre les moyens pour que leur son ressorte au mieux. Il faut dire que le mix des voix, des grosses guitares typées fusion et des nombreuses touches électroniques n’est plus une recette neuve pour eux, et se retrouve inchangée ici.
Ce qui change, c’est les compositions. On pourrait les résumer par la formule « Back to Basics » utilisée pour le titre de la chanson clipée, mais ça n’est pas si simple. Machine Rouge n’est pas un retour aux sources, c’est une épuration du style du groupe. Les diverses expérimentations de Une Nuit Pour Sept Jours sont écartés, pour ce concentrer cette fois sur l’efficacité, l’aspect direct.

Malgré ces bases solidement rock sur lesquelles sont construits chaque morceau, Machine Rouge n’est pas une démonstration de force non stop. On y trouve pas mal de mi tempo, et du chant plus mélodique que jamais. Les paroles également, sans perdre trop de leur mordant, sont plus abstraites, parfois plus personnelles. Certains regrettent un peu cette baisse de pèche globale. Tant que la qualité est au rendez-vous, à mon avis il n’y a rien à en dire, et le disque offre tout de même ses « Fantasia » ou « Le Meilleur Est à Venir » bien burnés.

A côté de cette maîtrise de la force tranquille, l’album propose aussi son lot de nouveautés à bases de colories venant d’autres univers musicaux, comme d’hab. On trouve ainsi plusieurs invités en tête desquels Mouss et Hakim de Zebda qui viennent appuyer un morceau typiquement Sidi des deux précédents albums. La chanteuse qui avait déjà fait quelques backing discrets pour le groupe s’affiche davantage sur « Back To Basics « , et sur le final « Samira » qu’elle enchante véritablement avec ses chœurs artificiels.

Voilà donc un disque de metal fusion moderne et solide d’un bout à l’autre. Selon les goûts, certaines tentatives peuvent décevoir quelques auditeurs, ou les ravir, mais on validera toujours la démarche. Leur musique paraît aller de l’avant, mûrir et s’imprégner d’autres horizons, tout en s’ancrant sur des bases bien rodées et ayant fait leurs preuves. C’est un peu l’album qu’on espérait en fait !
Souhaitons que « le meilleur reste encore à venir ».

Innerly – In Praise of Shadows

In Praise of Shadows

Démo sortie en 2012.
Plus d’info ici

Les démos et autres premières productions de jeunes groupes constituent une véritable galaxie, un underground tellement vaste qu’y fureter est un exercice que je ne pratique que peu. J’ai un certain respect pour ceux qui doivent y flairer le talent, y dénicher les grands de demain ou au moins les bons artistes. Donc, si je tombe sur cette démo ça n’est pas par hasard. J’ai croisé la route d’Innerly pendant un concert où se sont succédés plusieurs groupes. Et au milieu du reste, le set d’Innerly m’a semblé un très bon moment, pas révolutionnaire, mais rondement mené. C’est ainsi que j’ai été télécharger cette démo gratuite dès le lendemain.

Ce groupe toulousain se présente à nous avec 4 titres dans la plus grande tradition metal symphonique, influencer par des groupes finlandais ou hollandais qu’on ne citera même pas. C’est risqué, car les prétendants dans cette catégorie sont légion, et débuter en la matière n’est pas une mince affaire. Pour ne pas être handicapé par le manque de moyens, Innerly choisit de laisser le clavier dans son rôle de clavier, et de ne pas trop nous la jouer orchestre 16 bits. Du coup, impossible de se cacher derrière, il faut nous montrer qu’ils assurent. Avec un style heavy mélodique, les cordes et la batterie ont un assez bon niveau et offrent à la démo une patate qui peut parfois manquer dans ce style. Cette énergie est une qualité évidente, avec des passages de guitares rapides et de double pédale qui se marient très bien. Il en ressort une certaine chaleur, une certaine euphorie qui rajoute un grain de personnalité à des compositions qui restent pourtant très très typiques.

Autre élément récurant du genre, la chanteuse lyrique. Certes ça n’a plus rien d’original, mais au moins Innerly a été en partie fondé par une représentante de choix. Katia Iva est déjà très à l’aise, sur un registre très proche de celui de Tarja sur Century Child et Once (ça y est on a cité Nightwish). Sur une première démo, sa maîtrise fait plaisir à entendre et promet d’être un point fort pour leur futur. D’autant plus que la dame joue du violon et l’intègre parfois à la musique du groupe. Les deux apparitions de cet instrument se font au travers de soli où il se fait soit planant, soit rapide et en duel avec la guitare. Un autre élément fort intéressant, qu’il faut absolument que le groupe parvienne à intégrer à leurs futures compositions. Je pense notamment à l’album Ghost Opera de Kamelot ou un violon solo fait de remarquables apparitions, cependant trop rares. Avoir l’instrument directement dans le groupe est un atout pas négligeable.

Comme on l’a dit, les compositions restent classiques. On remarque une technique certaine, surtout au niveau de la rapidité, venant de l’ensemble du groupe, servie par une production forcément limité mais très honnête. La batterie souffre un peu d’être trop en retrait, trop bridée alors que le musicien derrière a une certaine puissance à revendre. Les mélodies ne sont pas encore vraiment marquantes, se confondent encore pas mal entre-elles après l’écoute, mais nul doute que le groupe sait les composer et saura mieux les utiliser à l’avenir. Le dosage des pointes de rapidité ou de passages planants est très bien équilibré pour l’écoute des 4 titres. Mention spéciale à « Regrets and Hope » qui tente même de rallonger un peu la compo et d’utiliser toutes les cordes qu’Innerly a à son arc.

« In Praise of Shadows » reste le premier effort d’un jeune groupe, avec tout ce que cela implique en matière de production limité et d’influences beaucoup trop visible, mais le groupe réussit l’exercice sans chercher à contourner ces pièges. Le but d’une démo est d’une part d’être agréable à l’écoute mais surtout de donner envie d’en entendre plus, et ces deux points sont atteints. A partir de là, rien n’est gagné mais tout est possible. Déjà, sans crier au géni, j’ai très envie de voir ce qu’ils deviendront.

Pour télécharger le tout, allez faire un tour par ici ou par là




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