Sidilarsen – Machine Rouge

Machine Rouge

Album sorti en 2011.

Le metal fusion français n’a plus le vent totalement en poupe. Pourtant, les années 90, voir même la vague néo metal furent de vrai pures heures pour un petit noyau de groupes solides. Mais aujourd’hui, aujourd’hui… Mass Hysteria s’obstine à ne retenir de lui même que l’énergie et le rythme, Lofofora semble se défendre davantage mais ne se refait pas totalement une santé non plus, No One is Innocent, Freedom For King Kong et autre Silmaril ne sont que souvenirs… On dirait qu’il faut davantage regarder vers la scène rock pour trouver d’intéressants cross over. Bref, Sidilarsen, pour moi, a toujours été un petit préféré, un groupe discret mais qui promettait et qui s’est fait son identité doucement mais sûrement.
Après le bon mais trop discret Une Nuit Pour Sept Jours, les sidis ont décidés de se recentrer, de travailler eux-mêmes leur communication, et de se faire ainsi davantage entendre cette fois-ci. Ainsi est né « Machine Rouge ».

La couverture fait la part belle à l’eau, homonyme du deuxième album du groupe, et à la féminité, jusqu’ici assez peu mise en avant par ces mecs là. Le titre, lui, outre une idée politique, fait d’abord référence au cœur, organe qui fait battre la vie et qui synthétise les idées de mécanique et de fluide si présentes chez Sidilarsen. Un enrobage agréablement bien bossé qui donne envie de passer au contenu.

Les précédents albums nous ont habitués à du gros son, et Machine Rouge ne déçoit pas là dessus. La production est très bonne, adapté aux orientations de chaque morceau. Seuls quelques bits technos me laissent un peu dubitatifs (« Back to Basics « surtout), mais force et de reconnaître que le groupe a su mettre les moyens pour que leur son ressorte au mieux. Il faut dire que le mix des voix, des grosses guitares typées fusion et des nombreuses touches électroniques n’est plus une recette neuve pour eux, et se retrouve inchangée ici.
Ce qui change, c’est les compositions. On pourrait les résumer par la formule « Back to Basics » utilisée pour le titre de la chanson clipée, mais ça n’est pas si simple. Machine Rouge n’est pas un retour aux sources, c’est une épuration du style du groupe. Les diverses expérimentations de Une Nuit Pour Sept Jours sont écartés, pour ce concentrer cette fois sur l’efficacité, l’aspect direct.

Malgré ces bases solidement rock sur lesquelles sont construits chaque morceau, Machine Rouge n’est pas une démonstration de force non stop. On y trouve pas mal de mi tempo, et du chant plus mélodique que jamais. Les paroles également, sans perdre trop de leur mordant, sont plus abstraites, parfois plus personnelles. Certains regrettent un peu cette baisse de pèche globale. Tant que la qualité est au rendez-vous, à mon avis il n’y a rien à en dire, et le disque offre tout de même ses « Fantasia » ou « Le Meilleur Est à Venir » bien burnés.

A côté de cette maîtrise de la force tranquille, l’album propose aussi son lot de nouveautés à bases de colories venant d’autres univers musicaux, comme d’hab. On trouve ainsi plusieurs invités en tête desquels Mouss et Hakim de Zebda qui viennent appuyer un morceau typiquement Sidi des deux précédents albums. La chanteuse qui avait déjà fait quelques backing discrets pour le groupe s’affiche davantage sur « Back To Basics « , et sur le final « Samira » qu’elle enchante véritablement avec ses chœurs artificiels.

Voilà donc un disque de metal fusion moderne et solide d’un bout à l’autre. Selon les goûts, certaines tentatives peuvent décevoir quelques auditeurs, ou les ravir, mais on validera toujours la démarche. Leur musique paraît aller de l’avant, mûrir et s’imprégner d’autres horizons, tout en s’ancrant sur des bases bien rodées et ayant fait leurs preuves. C’est un peu l’album qu’on espérait en fait !
Souhaitons que « le meilleur reste encore à venir ».

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