Archive mensuelle de avril 2013

Amiina – Puzzle

Puzzle

Album sorti en 2010.
Plus d’infos : ici

Quand c’est islandais, on ne s’attend pas à du banal. C’est vrai, vous en connaissez beaucoup des artistes affligeants de normalité qui soient venus vous agresser le système nerveux depuis l’Islande ? Allez-y, cherchez…
Voici donc Amiina, une petite bande de demoiselles qui se sont surtout fait connaître grâce à leurs collaborations Avec un autre représentant de ce pays, Sigur Ros. Elles usent principalement d’instruments à cordes très divers, de percutions et de plusieurs éléments électroniques. N’étant pas très féru de Sigur Ros, je craignais un peu de découvrir une bande d’ésotéristes à la musique zarbi qui ne m’aurais pas franchement emballée. La compile Nightmare Revisited sur laquelle Amiina apparaît m’a fait changer d’avis, et m’a encourager à tenter ce Puzzle, second véritable album du groupe. Hein ? Non, O-Zone ça n’est pas islandais, cherchez encore… En attendant nous, on commence le puzzle à 8 pièces.

Ce titre, le style assez indéfinissable pratiqué par le groupe, l’Islande, tout ça laisserait entendre que nous n’allons pas tarder à perdre nos repères, a être déconcertés. Et bien pas vraiment. La musique à beau être aussi personnelle, aussi spécifique que je vais m’efforcer de la décrire, elle n’en reste pas moins accueillante, rassurante. Pour preuve, cette première chanson instrumentale basée sur une mélodie finalement assez simple, qui se met en place petit à petit et qui fait une sorte de crescendo. Un crescendo qui serait presque dommageable à l’album d’ailleurs puisque Puzzle est presque exclusivement calme, posé, détendu.

Ces filles là ont beaucoup travailler leur son vers les aigus. Sur ces fréquences, on retrouve beaucoup de clavier au son de boite à musique, mais aussi les violons, la scie musicale et les voix. Cela donne au tout un son cristallin, une délicatesse et une certaine finesse qui fait le charme de Puzzle. Ces petites voix assez fluettes et cette boite à musique omniprésente rendent certains passages presque enfantins, et l’ajouts de petits craquements et d’arrangements ponctuels ne font qu’accentuer l’impression de fragilité, sans jamais tomber dans le glauque qu’on pourrait craindre. La basse soutient, souligne certains passages, où sert à épaissir chaleureusement les fines mélodies, mais ne se fait que peu remarquer. Les percues restent tout aussi discrètes, mais savent davantage varier les plaisirs, voir se faire plus insistantes à de rares moments. Le tout donne un équilibre assez personnel, preuve que le groupe s’est constitué une identité sonore déjà très marquée. C’est une des grandes forces de l’album.

Tout au long de cette séance de détente, Amiina nous fait passer par autant de petites chansonnettes que de pistes quasiment ou totalement instrumentales. « Over and Again » et « What Are We Waiting for ? » semblent les titres phares, les chansons les plus complètes et synthétiques. Pourtant, il ne faut pas sous-estimer « In the Sun » et ses petites guitares, qui complète assez bien ce trio de chansons. Le reste est plus instrumental. Le « Pusl » qui nomme l’album porte bien son nom par l’étrangeté de l’empilement des couches sonores. Ecoutez bien, ça n’est pas bien complexe au fond, puisque basé sur une différence de rythme, mais assez déroutant. Je citerai également « Thoka » qui conclue l’album avec quelque chose de vraiment hypnotique, voir somnolant, mais très agréable.

Puzzle est un étrange petit objet musical. Entre chansonnettes et atmosphères doucement bizarres, il manque peut être encore un peu de finition, d’ambition. En l’état il ressemble encore un peu trop à un gros EP. Pourtant il dégage une personnalité et un savoir faire bien affirmé, doublé d’un non conformisme toujours aussi appréciable. A condition d’apprécier à leur juste valeur les moments instrumentaux qui manquent parfois d’ambition pour ne pas frôler le plat, il ne faut pas se priver de ce petit moment de calme et de finesse dans ce monde trop pressé.

Divico, l’inédit d’Eluveitie

Petit aparté, toujours à propos de la compile The Early Years d’Eluveitie. On peut s’étonner de l’absence d’inédit sur cette compile, alors que d’habitude les groupes en font un vrai argument pour appâter celui qui est déjà en possession de chaque production disponible. Les temps changent on dirait, en raison, allez savoir, de l’avènement de la musique digitale, ou autres…

Pourtant, l’inédit de The Early Years existe bien. Je m’étonnais de voir sur certain site, le morceau « Divico » apparaître sur la track list de Vên réenregistré, alors qu’elle ne figure pas sur les éditions disponibles chez nos chers vendeurs de rondelles. Suppression de dernière minute de la maison de disque ? Non non, l’explication est bien fournie par le groupe sur son Youtube. Ce titre ne figure que sur les éditions vendues directement par eux, via leur shop ou dans les concerts. De quoi faire du collector. Mais pour ce qui est juste d’entendre le morceau, il suffit de demander, car il n’y a pas non plus de quoi faire les 400 coups pour ça.

Il s’agit d’une chanson resté en chantier depuis vên et finalement terminée pour l’occasion.

Eluveitie – The Early Years

The Early Years

Compilation sortie en 2012.
Plus d’infos ici

Par Toutatis, dix ans déjà. Dix ans de vie de la tribut suisse aujourd’hui devenue star du folk death. Une fois lancés, leur progression de popularité fut assez fulgurante. Il faut dire qu’une fois repéré et poussé en avant par le géant Nuclear Blast dès leur deuxième album, les helvètes n’ont pas chômé en terme de quantité de sortie. En terme de qualité, le parcours est un peu plus en dent de scie mais le succès étant toujours au rendez-vous, ont peu en conclure que le bilan reste bon pour eux. Et après un Elvetio plutôt convainquant, ils décident de jeter un petit coup d’œil dans le rétro viseur en nous sortant ce The Early Years.
Au menu de cette compile, Un réengistrement de leur premier EP Vên, ainsi que leur premier album, Spirit, légèrement dépoussiéré.
Coup commercial ? Pour Nuclear Blast, oui, cela permet de mettre Spirit dans leur discothèque et de ressortir ainsi un album qui se faisait rare dans le commerce. Pour le client, c’est ce que nous allons voir.

Commençons par le gros morceau, à savoir Spirit. Car à moins d’être un fan collectionneur, votre intérêt (ou pas) pour The Early Years sera avant tout porté sur l’occasion de mettre la main sur Spirit. C’est une envie louable, puisqu’on a là un album majeur du folk death. Oh allez, les allergiques à la célébrité d’Eluveitie, reconnaissez-le.
Si on a par la suite parfois pu être tenté de réduire la musique du groupe à du death mélo agrémenté de pipeau et de biniou, il faut se souvenir de l’atmosphère que dégageait Spirit. Cette ambiance de fête païenne, de joyeux défouloir celtique et métallique. Je ne vais pas ici refaire un vrai tour de l’album car il n’en a franchement pas besoin, vous trouverez tous les descriptifs qu’il vous faut en quelques minutes. Il était bon lors de sa première sortie et il l’est toujours. On y trouve déjà presque tout ce qui fait Eluveitie, des textes en langues gauloises reconstituée, de la mélodie folk dans tous les sens, du death mélo façon Dark Tranquillity en un peu plus direct porté par le chant death de Chrigel, de superbes interludes folks etc.
Le léger lifting qu’il a subit ne sert qu’à équilibrer le son. Principalement, on remarque que la batterie n’envahie pas autant l’espace, et que les instruments folks en profitent. Le changement est perceptible, mais léger. Quant à savoir si il est profitable à l’album, je ne saurais être catégorique. Pour ma part, je dirais que oui car il met davantage en avant la richesse des morceaux, mais je peut comprendre une frange du public métaleux qui aiment bien le son crado et lourdingue des premières productions dans ce genre.

D’ailleurs si vous faite partie de ceux-là, le réengistrement de Vên risque de vous déplaire au plus haut point, car il illustre bien plus encore ce lissage du son. Ici, l’EP original est totalement réenregistré par le groupe dans sa formation actuelle (2012). On y retrouve donc entre autre la voix d’Anna Murphy à certains endroits, et une production assez proche du dernier album en date, avec chœurs, arrangements et instruments folks bien plus maîtrisés. Il n’en reste pas moins que les morceaux sont des grand moments d’Eluveitie, entre l’imne « Uis Elveti », et les très puissantes « Lament » et « Druid », sans oublier l’instrumentale « Jêzaïg » plus addictive que sa simplicité de composition pourrait le faire croire.

Il y a forcément deux points de vue qui s’affronteront, surtout concernant vên. Ceux qui apprécieront cette remise au goût du jour, ce traitement de luxe offerts à de bon vieux morceaux, et ceux qui préfèreront toujours la spontanéité, la rugosité et la charmante imperfection de l’enregistrement original.
Donc, The Early Year est une compile qui tient ses promesses. C’est une ressortie d’un album dont la qualité n’est plus à prouver, agrémenter d’un bonus très honnêtes. A partir de là, la critique est facile mais peu justifiée, car il est simple de savoir si le produit vous tente ou pas à partir du moment où il dit ce qu’il est.




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