Blind Guardian – At the Edge of Time

At the Edge of Time

Album sorti en 2010.

Ca sent la chronique compulsive, avouons-le. Alors, pourquoi, et qui est-ce Blind Guardian pour ceux qui l’ignoreraient ? C’est un groupe allemand né au milieu des années 80, qui oeuvrait alors dans le speed metal en vogue en ce temps. Ils ont perduré et ont contribué à la mutation de ce sous genre vers le power metal dans les années 90, et sont toujours actifs actuellement. Ils ont su donner une vrai patte à leur power, très facilement identifiable à sa nervosité typiquement germanique, aux arpèges particulières et surtout au timbre unique du chanteur Hansi Kursch. On leur attribuera également une récurrente tendance à mêler des éléments médiévaux et épiques à leur musique. Même si leur nom n’a jamais vraiment passé la barrière du grand public, Blind Guardian flirte avec les quelques monstres sacrés du genre, grâce à cette personnalité musicale forte et cette longévité.
Leur actue reste fournie. D’une part un nouvel opus (oui c’est du latin) est prévu pour fin 2014, mais aussi un album presque uniquement orchestral qui sera basé sur des romans de fantasy que je ne maîtrise pas. Néanmoins j’attends l’objet avec une grande curiosité, et j’m’en vais vous expliquer pourquoi, via « At The Edge of Time », leur petit dernier en date, hors mis les best off et autres objets de fan service.

Ce qui démarque ce disque du reste de la discographie du groupe, c’est la tentative d’ajouts orchestraux. Là normalement, on se méfie, car les vieux de la vieilles qui tentent d’un coup d’un seul de faire du symphonique, on en a vu d’autres, même des allemands d’ailleurs, et les résultats sont souvent pompeux et rarement inoubliables. Les Guardian choisissent une option peu banale, qui consiste à n’utiliser ces éléments que sur deux pistes du disques, situés en première et dernières places. On va commencer par ces deux là car, disons-le, elles justifient presque à elle seule l’écoute de cet album.
Le disque démarre sur « Sacred World », une chanson de presque dix minutes, originellement composée pour la bande originale du jeu vidéo Sacred 2 : Fallen Angel. On peut en entendre une partie lors de l’intro du jeu, avec en prime une apparition virtuelle du groupe. Mais peu importe, le titre n’a aucun besoin de son contexte. On découvre une production formidable, mêlant à la perfection le groupe et l’orchestre, sur une composition d’une grande richesse, passant allègrement du plus grandiose au plus retenu et émotionnel. L’orchestre bénéficie de vraies parties écrites, et ne sont pas juste là pour souligner pompeusement le metal des 4 allemands. Les dernières secondes du titres, toutes orchestrales, sont à mon sens juste magnifiques ! Bien plus tard, en fin de disque, on trouve le second morceau de la même trempe, « We Love Time ». Cette fois l’ambiance et plus orientale, à la manière d’un Prince Of Percia survitaminée et metal. La structure et moins traditionnelle, plus osée encore, et la fusion du groupe et de l’orchestre et toujours aussi magnifique. Les guitares se permettent de multiples soli mêlés aux violons, Hansi est au sommet de son art, la batterie est partout, parfois solo avec l’orchestre. Bref, en deux morceaux, les Guardian donnent une bonne leçon à pas mal de groupes de symphonique et composent deux titres marquants du genre, tout en affirmant leur véritable talent de composition.

Après avoir prix « Sacred World » dans les dents d’entrée de jeu, qui est un petit tout à elle seule, il est difficile d’enchainer avec le reste du disque. C’est presque si il ne faut pas l’écouter à part. Pourtant le groupe y est relativement en forme, renouant même avec un speed sauvage, mais très emprunt de leur folie actuelle. Les fans n’y auront pas découvert grand chose de neuf, sauf une ancienne rapidité retrouvée sur plusieurs titres. Les autres devront affronter un groupe qui est à fond dans son trip, dingue, unique et pas forcément abordable immédiatement. Le chant si particulier d’Hansi peut dérouter, avec ces fréquentes couches superposées qui donne un aspect complètement fou, et ce timbre si éloigné de ce que le main stream nous force à assimiler. Pourtant, il expose ici tout son talent, tout ce qui en fait l’un des chanteurs les plus charismatique du metal actuel. Il faut également souligner la qualité de la production, qui, même sur des titres résolument metal teuton un peu rétro, reste très moderne et fignolée.
Du speed aux machins plus posés en passant par l’inévitable chanson de troubadour, le groupe sait varier les plaisirs, nous balader dans leur délire, mais avec finalement peu de titres vraiment innovants (pour du Blind Guardian). La plus marquante est « Ride Into Obsession », grand moment d’hystérie façon Blind Guardian, speed et virevoltante.

« At the Edge of Time » est un sympathique album d’un groupe toujours aussi atypique, cerclé par deux titres qui dominent largement le reste et peuvent le masquer de leur imposante ombre. Cela suffit a prouver que le groupe avance toujours et a à dire, du fond de leur univers déconnecté du reste du monde. Où peuvent-ils nous emmener la prochaine fois ? Moi je veux voir ça.

Clip de la chanson la plus sauvage !

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