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Archive mensuelle de janvier 2015

Ayreon – The Theory of Everything

The Theory of Everything

Album sorti en 2013.

Attention, consommateur de musique clinex, s’abstenir. Arjen Anthony Lucassen, musicien multi instrumentiste hollandais, n’est pas du genre à aimer les trucs vites expédiés et vites digérés. Par le biais de l’entité Ayreon, il s’est déjà fait une petite spécialité de l’opéra rock/metal, qui gardait jusque-là des thématiques assez proche de la science fiction. Par opéra, il faut comprendre qu’il y a une histoire à suivre, et que chaque chanteur interprète un personnage. The Theory Of Everything est sorti en 2013, et affichait un casting très engageant et un thème nettement plus humain, tout en restant proche des questions scientifiques. Avec ce cahier des charges et quelques extraits, je me suis senti d’attaque pour découvrir se pavé, malgré son aspect pas forcément austère, mais indigeste. Lucassen lui-même demande à ce que l’on veuille bien le découvrir par étape, petit à petit, avant de se faire un avis. Suivez le guide, je vous ouvre les premières portes. Dernière précision, je n’ai pas écouté les précédents efforts de Ayreon, je ne peux donc pas comparer.

La théorie du tout est une théorie scientifique réelle, qui, a ce que j’ai compris, veut qu’il y ait une formule centrale, une espèce de loi universelle inconnue qui réconcilierait les lois de l’infiniment petit et celles de l’infiniment grand, qui semblent jusque-là ne pas obéir aux même règles. Avouez qu’on commence bien là… Bon, on range Jamy dans le camion, parce qu’au final, le contenu de la théorie, on s’en fout un peu pour Ayreon (mais que voulez-vous, je me soucie de votre culture moi). L’histoire s’ouvre sur un jeune homme atteint d’une sorte d’autisme, dont le père est un scientifique qui travaille sur cette fameuse théorie. Sa mère désespère de comprendre un jour le fonctionnement de son fils. Un jour, un sympathique professeur découvre des dons mathématiques exceptionnels au jeune prodige. Il tente alors d’expliquer au père l’intérêt qu’il devrait enfin porter à son fils, d’un point de vue scientifique et aussi humain. Mais d’une part le bonhomme n’est pas facile à raisonner et va s’entourer d’un psy aux méthodes douteuse, et d’autre part le jeune prodige attire la convoitise d’un rival qui n’a pas l’intention de se laisser éclipser par un attardé. Voilà pour la situation qu’expose le premier acte.

Sur la forme, l’album se compose de 4 gros morceaux (ou actes, ou mouvements, comme vous voulez), répartis sur 2 CD et eux-mêmes découpées en plusieurs pistes. D’ailleurs, si vous optez pour une version numérique comme le MP3, je vous conseille fortement de trouver un lecteur qui ne laisse pas de blanc entre les pistes, sous peine de hacher désagréablement l’écoute (déjà que ça n’est pas simple à découvrir). Musicalement, on est sur du rock/metal progressif, auquel on peut ajouter des sous-genres folk ou power mélodique. Ne cherchez aucune structures faciles à accrocher, tout est très étirée, et les mélodies récurrentes ne vous apparaitrons qu’après quelques écoutes. Le mix est assez sobre, un peu passéiste même, mais a le mérite d’être très clair et de mettre en avant chaque instruments et voix. Pas de surplus d’effets, d’orchestrations ou autres, les ingrédients sont rapidement dévoilées et identifiés. Vu la tête des compositions, croyez-moi c’est suffisant.
Heureusement, je me répète un peu mais, malgré sa forme indigeste, la musique reste assez attrayante, même aux premiers abords, car pleine de mélodies et de chanteurs talentueux. On repère assez vites de bons passages, avec des mélodies qui tournent en boucle (« Patterns », (The Eleventh Dimension » etc.). Si déjà vous ne trouvez pas ça désagréable, vous tenez l’essentiel, vous allez pouvoir insister un peu, y aller petit à petit et découvrir l’album comme il faut. Plus tard vous remarquerez les thèmes récurrents, vous rentrerez dans l’histoire.

Parlons un peu du casting en commençant par les musiciens, car malgré le concept les passages instrumentaux restent nombreux. On trouve notamment des ex Genesis et Dream Theater à la guitare et au clavier. Ces deux instruments dialoguent très souvent, jouant avec les divers thèmes principaux ou en free style complet. Troy Donockley de Nightwish (qui décidément sait s’exporter ces temps-ci), est lui aussi très présent avec ses instruments folk celtiques, ce qui apporte une vraie plu value par rapport à des claviers. Les compos lui laisse de belles parties pour s’exprimer, tant sur des fonds électriques qu’acoustiques. Il a peut-être même davantage d’espace qu’au sein des derniers Nightwish.

On pourrait faire un tour complet des chanteurs et chanteuses présents, car leur prestation fait plaisir. Les plus surprenant sont ceux qui savent vraiment entrer dans leur personnage, offrir un travail d’acteur en plus du chant. En particulier JB de Grand Magus me bluffe, en prof humain et bien intentionné, loin de l’image de grand viking bourru qu’on lui connait. Le duo père /fils (respectivement Michael Mills que je découvre, et le jeune Tommy Karevik, récente recrue de Kamelot) s’en sort aussi à merveille, en portant la majeure partie de la charge émotionnelle sur leurs épaules. Marco Hietala (encore un Nightwish) est moins surprenant en rival hargneux, mais parvient à imposer quelques passages tout en retenue, ce qui offre une facette plus dramatique et intéressante à son personnage. Je n’ai pas parlé des deux femmes présentes, je sais, quel sexisme, mais il y a tant à dire. J’aime beaucoup le petit prélude folk au dernier acte, seul moment où ces deux personnages se rencontrent.

Allez, essayons de ne pas s’étaler inutilement et d’être synthétique. The Theory of Everything est un album assez passionnant, avec un casting international et inter générationnel à faire saliver beaucoup d’amateurs de la sphère rock/metal mélodique. Il faut s’y pencher avec un peu d’insistance pour passer le cap, s’intéresser aux textes, et bien sûr être un minimum attiré par cette musique prog assez technique et un chouya rétro. Mais le jeu en vaut la chandelle, ça va vous occuper un moment, et d’une bien belle manière. Vous allez encore passer pour un extra terrestre auprès du reste du monde, mais si vous en êtes là de la lecture, c’est probablement que ça ne vous pose pas de problème particulier.




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