Archive mensuelle de juin 2015

Nightwish – Handless Forms Most Beautiful

Endless Forms Most Beautiful

Album sorti en 2015

 

« Une quantité de belles et admirables formes», ce sont des mots de Charles Darwins pour parler des miracles de l’évolution des espèces. Pour en faire un titre d’album, il fallait quand même avoir confiance. De tes cours de bio au metal sin phonique, il n’y a qu’un pas, Nightwish.

 

Cela fait un moment que le groupe finlandais est sorti de son océan primitif. L’évolution, ils connaissent et ils pratiquent. Du point de vue de la composition du groupe, ils pratiquent même dangereusement. C’est ainsi qu’on se retrouve aujourd’hui avec Troy Donockley officiellement à la flute, cornemuse et troisième micro, et Floor Jansen (Revamp, Ex After Forever) au premier micro. Pour finir, la santé de Jukka le donne forfait pour cette nouvelle page de la vie de Nightwish, et c’est le cogneur de Wintersun qui débarque en remplaçant temporaire derrière les futs. Sérieusement, même si l’instabilité chronique du groupe fait peur, l’amateur moyen de metal peut laisser échapper quelques filets de bave à la vue de ce casting.

 

 

Comme promis, la musique se recentre sur le groupe, replaçant l’orchestre au rang de soutient sur la majorité des titres. L’aspect heavy refait surface, les sonorités rappellent assez l’album Dark Passion Play, bien que le ton ne soit pas le même. On reste sur les couleurs plutôt enjouées et lumineuses qu’avait dévoilées Imaginaerum. La présence accrue de Troy permet quelques dialogues franchement agréables entre guitare, clavier et flute, signant ainsi le retour des soli chez Nightwish. Kai Hahto s’est très bien adapté au jeu de batterie plutôt appuyé et carré de Jukka, là où ses prestations chez Wintersun étaient plutôt virevoltantes.

 

Peut-être pour la première fois de leur carrière, cet album ne passe pas de nouveau cap, n’amène aucun élément encore inutilisé. Pour une thématique autour de l’évolution, c’est un comble. On peut le voir comme une déception, mais ça serait être bien difficile vu le niveau de ce qu’ils envoient. Les heureux possesseurs de l’édition collector (pas donnée quand même) auront le loisir de décomposer tout ça couche par couche sur les 3 CD, ce qui leur illustrera, si besoin était, la profondeur des compositions. Du coup, même s’il est clair qu’on revient vers davantage de chansons efficaces, avec des refrains et des rifs catchy, j’hésiterais à parler de simplicité pour autant…

 

 

Outre le rythme de croisière, Nightwish remontre parfois les dents, comme sur « Yours is an Empty Hope » dont l’agressivité fait plaisir et ne tombe pas à plat cette fois. On remarquera aussi « My Walden », la chanson spéciale Troy Donockley qui se termine sur un sympathique bordel celtique. J’aime également assez « Edema Ruh », sans orchestre, un chouia rétro, qui revient un peu vers du heavy rock tranquille qu’on n’attendait plus trop de Nightwish.

Quant à la fin, comment ne pas en parler… Après une instrumentale presque toute orchestrale, qui renvoie vers l’album solo de Tuomas, ils nous préparent la masterpiece traditionnelle, d’une taille respectable de 24 minutes ! Ah oui c’est un petit tout à elle-seule, de quoi oublier le ratage du dernier album en la matière. Le morceau retrace la formation de la Terre, l’apparition et l’évolution de la vie, rien que ça. Soutenu par la voix off du biologiste Richard Dawkins, par des sons de toutes sortes, et par l’orchestre de Londres qui se réimpose parfois complètement, je ne sais pas si on parle de chanson à ce stade, ou de projet musical, d’expérience, de truc… Presque de quoi avoir besoin d’une chronique à part.

 

Dernier petit regret, celui d’avoir choisi une chanteuse telle que Floor Jansen, capable d’aller du chant lyrique jusqu’au growl, pour ne l’utiliser finalement que si peu. On lui découvre bien un chant plus posé, plus chaleureux et pop par moment, mais c’est bien peu de choses par rapport à ce qu’elle a pu montrer sur d’autres projets. La prochaine fois peut-être ? Ca n’empêche que son intégration à la musique de Nightwish se fait naturellement, sans même y faire attention, comme une évidence.

 

Voilà, on a un nouvel album de Nightwish, qui pour une fois risque de ne pas être très déroutant, mais qui transpire la personnalité du groupe et qui utilise une assez vaste gamme de ce qu’ils savent faire. Toujours pas détrôné.

The Devin Townsend Project – Addicted

Addicted

Album sorti en 2009

Il y a quelques temps, je vous faisais une présentation du Devin Townsend Project et de son premier disque sous cette entité, Ki. Et manifestement, vu les stats, ça vous à plus. Tant mieux, c’est motivant. On continue donc avec Addicted, on est en 2009.

Si Ki était un bourdonnement interne, une introspection, Addicted explose à l’extérieur, veut se faire voir. L’artiste semble explorer la période où il passe au stade de sa création maximale, de sa popularité avec tout ce que cela comporte (Addicted, c’est évocateur de bien des façons). En conséquence de ce thème, la pochette représente la création artistique, et la musique est indiscutablement plus directe, rentre dedans, et addictive bien sûr… Et si c’était encore un mystère, on retourne bel et bien vers du metal à tendance indus, fini Ki.

Le casting change aussi, et au rayon des têtes connues, Devin partage le micro tout au long de l’album avec Anneke Van Giersbergen (ex The Gathering). Autant dire un argument de choix même si elle n’est pas aussi démonstrative que dans ses groupes. Devin ressort son chant criard, ses guitares indus, ses bidouilles électroniques parfois un peu expérimentales, mais avec une orientation très directe, presque dansante. Du refrain, du riff, des trucs à gueuler, pas de prise de tête, il faut que ça soit efficace. On pense un peu à du Marilyn Manson parfois, mais avec une pâte Devin Townsend.

A ce petit jeu, Devin semble s’en sortir avec une facilité insolente. Aujourd’hui encore c’est le disque où ce paris est le plus réussit. Sur la balade « Ih Ah », c’est presque à se demander s’il ne se fout pas de nous avec un tel refrain facile, mais ça marche ! Pire, il va jusqu’à reprendre une de ses propres chansons, « Hyperdrive », en la remaniant un peu et en confiant le micro à Anneke. Gonflé quand même. Mais que voulez-vous, la voix d’Anneke est magique, et le chant clair de Devin, quand il le sort, est toujours aussi fou, grandiloquent, presque lyrique (le pont de « Numbred »). Le mix est made in lui, donc Nikel, souvent costaud et aérien juste quand il faut.

Revers de la médaille, l’album s’assimile facilement, et donc ce digère facilement aussi, ce qui ne lui donne pas une longue durée de vie. D’autant plus qu’il n’est pas très long, juste 10 titres d’une durée ordinaire. C’est un peu juste.
Les dernières secondes sont un teasing de la suite, avec le mot « Deconstruct » répété jusqu’à extinction de la musique qui semble se dérègler, s’embrumer. C’est le point de non-retour, la chute s’amorce, et elle sera dure. La suite si vous êtes sages.




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