Archive pour la Catégorie 'Chronique d’album'

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Sidilarsen – Une Nuit pour Sept Jours

Sidilarsen - Une Nuit pour Sept Jours dans Chronique d'album

Album sorti en 2008.
Chronique rédigée en 2010.
Plus d’infos ici

Sidilarsen a déjà presque quinze ans au compteur et seulement trois véritables albums. «  » les avait présenté comme un groupe d’indus/techno metal très binaire et dansant. « Eau » avait été une surprise et une vrai grosse claque pour moi, puisque la musique du groupe avait subit une importante évolution vers un metal fusion bien plus organique, vivant et toujours énergique. Encore un bon moment et un changement de guitariste plus tard, ce troisième album s’est profilé et mon engouement pour « Eau » ne faiblissant pas, j’attendais beaucoup de ce « Une Nuit pour Sept Jours », histoire de pouvoir clamer haut et fort que Sidilarsen fait désormais parti des très grands du french metal.

Première observation, le fameux tire-bouchon qui apparaissait toujours d’une façon ou d’une autre sur les pochettes a disparu. Un coup d’œil sur les propos du groupe nous prévient pourtant qu’il faut y voir plutôt une envie de ne pas se coltiner un emblème à ressortir indéfiniment façon Eddie d’Iron Maiden, et pas un signe d’une vrai révolution dans le style.

Et en effet, à l’écoute de « Deuxième Vie », on se demande même si on n’est pas revenu vers la période « Biotop » tant cette chanson pourrait presque être issue des sessions d’enregistrement de cet album. Mais « Acide Occident » et « Féline » nous ramènent sur la piste de Eau, avec des couplets façon raga et des effets électroniques omniprésents et qui servent bien plus que la rythmique. Une fusion typiquement frenchy qui fait très plaisir à entendre ! A ce stade, sans que la messe soit dite pour autant, on tient déjà l’essence de ce troisième album, à savoir non pas une évolution mais une espèce de synthèse du parcours effectué jusque là. « Deuxième Vie » et « Retourner la France » sont les meilleurs exemples de morceaux typiquement issus de « Biotop », alors que plusieurs autres reprennent des formules déjà découvertes sur « Eau ». On touche alors bien sur un point faible de l’album, puisque même si les chansons sont toujours bien fichues et qu’elles satisferont ceux qui accrochent jusque là à la musique des Sidis, des titres comme « Un Elan du Cœur » ou « Essentielle Etincelle » ne peuvent que paraître déjà entendus et un peu plus faibles que leurs aînés.
D’un point de vue plus global, le son est légèrement moins agressif que sur « Eau », la faute surtout au mur de guitares à la Rammstein qui est ici un peu moins imposant (j’ai bien dit un peu seulement). L’électronique en profite pour s’exprimer à fond afin d’imprégner différemment chaque piste. La batterie, enregistrée complètement à part et par un second producteur, joue également la carte de la variété, parfois presque synthétique (« Acide Occident », « Un Elan du Cœur »), et d’autre fois bien plus puissante, le meilleur exemple étant la martiale « Jusque sur Mars ».

Le chant fait parti des éléments qui ont quand même évolués, ou qui ont au moins profité de cette espèce de bilan. La cohésion entre les deux chanteurs a été travaillée, et c’est ensemble qu’ils entonnent énergiquement chaque refrain, pour un mariage très efficace de leur voix. Didou se fait globalement plus mélodique sur ses couplets, même s’il fait toujours appel régulièrement à sa voix rauque façon Lofofora. Viber, lui, a malheureusement laissé tomber ses passages en voix grave et électrique ainsi que ces hurlements, pour se concentrer sur la mélodie et sur des passages parlés ou scandés au résultat mitigé.
Les textes sont toujours en français et traitent de sujets aussi variés que la pollution (« En Vidéo »), les ventes d’arme (« Jusque sur Mars »), le phénomène second life (« Deuxième Vie ») et des textes moins sérieux (« Féline ») ou plus intimistes (« Le Prochain Eté », « Où il veut »). J’apprécie toujours leur écriture, qui justifie assez bien que le chant soit mis en avant. Oui, histoire de me contre dire un peu, l’ »Appel à Résistance » final n’est pas très très inspiré, j’en conviens.

Mais ce qui fait le plus plaisir, c’est de constater que quand ils essaient à nouvEau d’innover, ils y arrivent et que ça leur est toujours aussi bénéfique. Les chansons « En Vidéo » et « Le Prochain Eté » en sont les exemples les plus flagrants. La première est une chanson rock/metal qui met la basse bien en avant et qui attire forcément l’attention. « Le Prochain Eté » est un moment de calme qui met l’électronique à l’honneur, saupoudré de petites mélodies discrètes de guitare, et des chants robotiques de Viber et apaisant de Didou. Ces passages, avec « Jusque sur Mars » et « Où il Veut », sont les plus innovants, et de très agréables surprises.
Pour résumer, Sidilarsen reste toujours se mélange de Mass Hysteria, de Rammstein, d’Asian Dub Foundation et de quelque chose de plus techno, et cet album mixe agréablement le tout pour en tirer du Sidi pur. Cependant « Une Nuit pour Sept Jours », d’une part n’a pas le charisme de « Eau », et prouve d’autre part que le groupe peut toujours surprendre agréablement quand il essaie. Donc, légère déception, non pas due à un mauvais album loin de là, mais au fait que je suis certain qu’ils peuvent mieux faire. A conseiller, en attendant impatiemment la suite.

Clip :

Anneke Van Giersbergen & Agua de Annique – In Your Room

Anneke Van Giersbergen & Agua de Annique - In Your Room dans Chronique d'album

Album sorti en 2009.
Chronique rédigée en 2010.
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Anneke Van Giersbergen, en 2009, laissait tomber son costume d’hôtesse de l’Air et s’invitait dans ta chambre. Tu as raté ça ? Non non, il n’est pas trop tard.

Voilà, maintenant que j’ai la pleine attention des deux du fond, je vais pouvoir les décevoir dans un premier temps en leur rappelant que nous parlons ici de musique. Mais tout de suite, je précise qu’il s’agit de musique classieuse et efficace, donc je vous invite à rester. Les anciens fans de The Gathering qui sont devant, patientez quelques lignes à peine, le temps que je plante le décor pour les deux du fond. La dame au nom si compliqué qui mène le groupe Agua De Annique, est l’ancienne chanteuse de The Gathering, groupe de doom metal/trip rock que je vous invite bien sur à découvrir si ce n’est déjà fait. Après avoir provoqué le ramdam (comme on doit désormais le dire pour les franco français) en quittant le dit groupe, Anneke s’est consacré à Agua De Annique. Après les albums Air et Pure Air, on ne peut pas franchement dire que ce nouveau groupe ait convaincu les foules à 100% (une partie tout de même). Malgré tout, ce In Your Room débarque très peu de temps plus tard.

Autant le dire tout de suite, à part le fait que deux chansons s’appellent « Home Again » et « Longest Day », ce qui peut rappeler des choses aux amateurs de l’album Home de The Gathering, tout lien de parenté avec l’ancien groupe d’Anneke est désormais rompu. Et en fait, le lien avec les deux premiers albums de Agua De Annique, même s’il existe, n’est pas bien flagrant non plus. C’est un bon virage que le groupe prend avec In Your Room, vers une musique pop rock plus entraînante. Et histoire de montrer leur envie d’efficacité, c’est la chanson « Hey Okay » qui est clipée, et qui présente à merveille l’album sur le net. Je vous propose un exercice, regardez le clip et ne fredonnez rien, et surtout ne le relancez pas après la première diffusion. Si vous ressentez comme une frustration, un manque, alors vous êtes foutu et vous allez comme moi faire tourner l’album d’un bout à l’autre jusqu’à saturation. Car oui les douze titres sont presque tous dans la même veine, simples et efficaces. Que voulez-vous, avec des grattes, une batterie, quelques notes de clavier et surtout la voix chaleureuse d’Anneke, le tout mixé avec talent et énergie, on ne révolutionne pas la musique pop rock mais on en fait de la bonne.

Rentrons un peu dans le détail. Aux cotés de « Hey Okay », dans le rayon chansons entraînantes et aux refrains imparables, on mettra « Physical » et « Just Fine », et dans une moindre mesure « Pirly » et « I Want ». Dans le panier voisin, « The World » et « Wide Open » se chargent de mettre un peu plus en avant les guitares électriques et de faire davantage donner de la voix à Anneke, lui faisant retrouver ce timbre un peu façon The Cranberries qu’on lui connaissait. « Sunny Side Up », « Longest Day » et « Adore » se posent un peu, tout en restant souriantes et agréables, des moments de calme tout à fait dans le ton quand même. Les deux exclues, « Wonder » et « Home Again », sont les seules à faire appel au piano, sans batterie, pour les seuls passages mélancoliques, malheureusement en dessous du reste bien que l’idée soit louable.

Le son, enregistré dans le studio du groupe, rend honneur une fois encore au concept du fait maison. La batterie est puissante pour ce style et participe grandement aux côté entraînant. Les guitares sont bien distinctes, et l’électrique se permet quelques rares soli discrets mais bien placés. Le clavier lui aussi est discret mais percutant, souvent là pour rajouter de petites mélodies sur les guitares (au risque d’être un peu kitsch sur « I Want »), sauf sur « Wonder » et « Home Again » ou il est très en avant. Mais l’instrument central reste tout de même comme je l’ai déjà dit la voix d’Anneke, toujours au premier plan et irréprochable, qu’il s’agisse de mélodies calmes, aériennes, de vocalises ou de passages plus puissants. Le tout est bien net, homogène, et s’en sort aussi bien lorsqu’il s’agit de donner un rendu assez rock que très acoustique. Tout ceci étant dit, cette netteté fera d’autant plus ressortir la simplicité des compositions, qui bien que brillantes, seront sûrement trop épurées et faciles d’accès pour les adeptes absolus de la longue discographie de The Gathering. Ceux-ci se rassureront en écoutant, pour n’en siter qu’un, le dernier album du prolifique Devin Townsend, sur lequel Anneke prouve qu’elle n’a pas perdu son esprit metal. Agua De Annique vise désormais un autre public, plus large, et mériterait d’avoir les moyens de se faire entendre davantage.

Les clips :

Sidilarsen – Eau

Sidilarsen - Eau dans Chronique d'album

Album sorti en 2005.
Chronique rédigée en 2010.
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C’est avec un plaisir non dissimulé que j’opère ce petit flash back en 2004, sur un album assez discret mais qui m’avait marqué. Les responsables, Sidilarsen, un groupe toulousain qui s’était déjà illustré avec un album de metal indus très techno dans l’âme, symbolisé par ce fameux tire-bouchon vu comme un homme mécanique. Et si le deuxième album porte sobrement le nom de l’élément qui donne la vie, ça n’est pas un hasard, c’est bien pour montrer que du liquide coule désormais dans le corps de l‘homme mécanique. En effet, la musique du groupe a subit une soudaine évolution qui la rend incontestablement plus vivante, plus humaine, moins rigide mais tout aussi énergique.

Dès que la galette violette commence a tourner sur notre chaîne, un son électronique se fait entendre, suivi d’un gros riff indus à la Rammstein, sans prétention mais bien burné. Le chant fait son apparition juste derrière et là, les changements sautent aux oreilles. Les deux vocalistes multiplient les registres, mêlant chants clair et fluide (comme de l’Eau) aux passages agressifs. L’électronique soutient le tout mais ne se contente plus de coller aux accents techno, elle pose une ambiance, fluidifie encore ce premier morceau qui montre le meilleur de ce que peut faire le groupe. Pas d’inquiétude, le reste du disque a tout de même de quoi scotcher.

Les Sidilarsen usent de ces voix aux tons multiples et de cette programmation bien utilisée sur fond de gros mur de guitare pour nous pondre des morceaux qui parviennent à se renouveler à chaque fois, ce qui garantit déjà de ne pas s’ennuyer. La sauce Mass Hysteria est bien détectable, mais le groupe développe une vraie personnalité autour.

Une influence raga balbutiait déjà un peu sur Biotop mais ici, des passages très raga sont disséminés un peu partout, côtoyant le chant gras façon Lofofora de Didou sur « La Fibre », et imprégnant de manière générale la plupart des couplets de l’album. Point culminant de cet aspect, la chanson « La Parole » où les Fabulous Trobadors viennent en renfort débiter de l’occitan à un rythme assez dingue. Et oui, les toulousains se retrouvent pour défendre le sud (« se jouer des tendances et des évidences, je trouve bien trop haut le centre de la France, comme quoi il s’en passe bien plus bas qu’on ne le pense »), et le métissage musical aussi.
Le refrain de « La Fibre » peut faire grimacer ceux qui craignent les relents de néo, mais ce n’est pas pour autant que les Sidilarsen ont abandonnés leur style à toute sortes d’expériences. Le fond reste très metal fusion, et « fluidité » ravira les amateurs de rythmes qui pulsent et de refrains scandés. « Surhomme » démarre en trombe également et Didou et Viber jouent à qui gueulera le plus fort sur le refrain. Et pour les amateurs de la facette techno, « Prédiction » remplace la batterie par un bon gros beat et joue sur de multiples effets pour faire une vraie chanson électro metal (et pas l’inverse). La dernière piste, sans parole, joue aussi la carte du tout électro mais sous une forme bien plus planante et assez inattendue’

Les musiciens ne font pas dans la prouesse technique mais dans l’efficacité, fait souvent relatif au genre. La batterie, sans jamais tomber dans le rythme binaire simpliste, occupe son espace de manière régulière et participe à donner la pèche au tout. Les guitares suivent et forment un mur rythmique dans le même esprit, mais qui n’attire vraiment l’attention sur lui que rarement. Tout ceci forme la partie régulière, la ligne directrice qui permet au groupe de varier les plaisirs sans se perdre pour autant.
Les textes, en français, sont plus travaillés et donc plus mis en avant que sur Biotop. Certains restent assez abstraits mais d’autres comme « La Morale de la Fable », « Surhomme » ou « Elle me Tend Toujours la Main » sont plus dénonciateurs et assez bien inspirés puisque toujours aussi parlants en 2010.

Tout ceci fait de Eau un album de metal à la française de très bonne qualité. Moi-même, je ne suis pas forcément emballé par tous les projets français avec des étiquettes à rallonge qui souvent s’avèrent assez peu inspirés au final. Mais Eau s’appuie sur une base voisine de Mass Hysteria qui a fait ses preuves, et distille plusieurs petites influence pour faire un album solide, efficace, qui peut convaincre quelque septiques et ravir les autres. Même aujourd’hui alors que les modes changes, des galettes comme celle-ci, j’en redemande.

Les clips :

Demago – Hôpital

Demago - Hôpital dans Chronique d'album

Album sorti en 2007.
Chronique rédigée en 2010.
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Débarqué de presque nulle part, signé chez Wagram, qu’on remercie au passage d’avoir pris ce petit risque et produit par Patrice Courtois (AaRON, Passi), Demago nous présente en 2007 un premier album qui a mûri depuis plusieurs années dans les têtes de Maun et Bleach, les deux leaders. Et avec un nom et une pochette pareille, le propos devra être à la hauteur de ce qu’il promet.
Noir Désir est un nom qui revient incroyablement souvent sur le net quand il s’agit de parler de Demago. En grande partie à juste titre, puisque Demago représente un peu une résistance de ce rock français travaillé, engagé et qui ne mâche pas ses mots. En dehors de cette appartenance, rassurez-vous ce groupe ne manque pas de personnalité pour se démarquer complètement de ses modèles.

En parlant d’influences, celles que revendiquent les 2 garçons sont autant musicales que littéraires, et d’une très grande variété (Bérurier Noir, NTM, Zola, Camus etc.). Conséquence logique, le chant est très mis en avant, pour rappeler sans cesse que leur musique a avant tout quelque chose à dire.
Comme on peut aisément le pressentir, les textes ne transpirent pas le bonheur et la reconnaissance envers la société actuelle. Vous me direz, les groupes qui se veulent concernés et cinglants ne manquent pas, encore faut-il savoir le faire. Et à ce petit jeu, Demago s’en tire avec les honneurs.
Tout au long des onze chansons, Maun passe d’un personnage ou d’un sujet à l’autre, pour opposer l’absurdité capitaliste au quotidien de gens fragiles mentalement, dépassés et tristes. Ainsi, Hey Doc raconte la semaine d’un maniacodépressif dont l’humeur va et vient au fil des évènements sans jamais pouvoir se relever complètement, L’Oeil donne la parole à un trentenaire trop commun et plein de questions existentielles, et Joe est carrément une supplique d’un interné à son ami imaginaire. De l’autre côté, Respirez présente d’une manière légère et pleine de mélodies le monde fabuleux de la bourse, monde dans lequel Le Mégalo, un financier opportuniste se sent comme un poisson dans l’eau. Au milieu de tout ça, Forme Humaine s’inquiète tendrement de l’impuissance qu’on peut ressentir à protéger un être aimé, et 100 000 Mots, simple chanson d’amour avec les seuls passages en anglais, est là pour adoucir le propos, bien que le bonheur n’inspire apparemment pas autant Maun que la détresse, malheureusement. La chanson titre, Hôpital, vient conclure et synthétiser l’album, justifiant ainsi pleinement ce choix de nom.

L’écriture est globalement très bonne, variant les styles et les registres, tout en usant d’un français correct mais cru et direct, dans le but évident d’être marquant. Seule Des Fantasmes peut paraître trop conventionnelle, du niveau d’un AqME un peu trop adolescent dépressif.

Le chant en lui-même est à l’image de ce que nous verrons avec la musique, c’est-à-dire qu’il se veut varié et d’une qualité très honorable. Le timbre de Maun, chaud et grave, est assez marquant déjà sur des chansons sans surprise comme Des Fantasmes ou Hey Doc. Mais c’est lorsqu’il s’éloigne de ce registre rock ordinaire, pour flirter avec le slam (L’Oeil), se faire plus mélodique (Forme Humaine, Joe, 100 000 Mots), ou plus froid et vindicatif (Porn, Mes Mains, Hôpital) qu’il démontre le mieux sa capacité à transmettre des émotions.
La musique, bien que souvent au second plan, bénéficie tout de même d’un travail important. La base reste un son rock français relativement correct, mais auquel viennent s’ajouter de multiples éléments. Le clavier ajoute des notes de piano ou de violon pour soutenir l’aspect émotionnel de L’Oeil ou de Joe, des passages de ses chansons lui laissant même être la vedette. Des samples et des scratches sont disséminés un peu partout, ce qui apporte un aspect second degré humoristique sur Hey Doc ou Le Mégalo, et vient renforcer le côté indus de Porn.

En résumé, Hôpital, pour un premier album, est remarquablement bien travaillé et affiche une personnalité affirmée. Les chansons variées et le ton parfois décalé et second degré viennent aider à ingurgiter un tout qui reste oppressant et acide.
Certains trouverons peut être que la trop grande variété de genre nuit à la cohérence de l’ensemble, et d’autre n’adhéreront tout simplement pas aux textes. Bien que cela ne soit pas mon avis, ces objections me semblent tout de même complètement recevables.
Hôpital fut une bonne surprise de 2007, je surveille Demago pour la suite.

Les clips :

Cherchez également le clip de Respirez, mais celui-ci est soumis à restriction d’age en raison de présence de monsieur tout nu sur la vidéo, ce qui la rend un peu difficile à copier ici.

Nightwish – Made in Hong Kong (and in Various Other Places)

 

Nightwish - Made in Hong Kong (and in Various Other Places) dans Chronique d'album

E.P. live sorti en 2009.
Chronique rédigée en 2010.
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Deux ans plus tôt, Dark Passion Play avait fait couler de grandes quantités d’encre numérique de la part des fans, bien qu’il n’y ait eu presque aucun changement d’orientation musicale entre celui-ci et Once. La raison du tapage, comme vous le savez presque tous je pense, était Anette Olzon et son timbre si différent de celui de la tant aimée Tarja. C’est à la fin de la tournée qui suivit, et juste avant d’en débuter une deuxième d’affilée, que Nightwish nous proposait cet EP live agrémenté d’un DVD. Le dernier live en date, End of an Era, ne remontait qu’à la tournée précédente, cependant le contexte que nous venons de reprendre justifiait en grande partie un nouveau témoignage des performances du groupe. Pourtant, si comme le dit le proverbe qui aime bien châtie bien, c’est avec tout le respect presque autant présent que passé dû au talent de Nightwish que je vais me permettre d’être moins unanime que je ne l’aurais été pour bon nombre d’autres disques du groupe. Comme pour montrer qu’une page de l’histoire est définitivement tournée, les finlandais ne nous offrent ici que du contenu en rapport avec Dark Passion Play, soit huit titres live tous issus du dit album, une version démo d’un titre et 2 B-sides. Quant au DVD, il contient un documentaire sur la tournée et les trois clips de l’album. Le menu étant totalement annoncé, dégustons ensemble.

Un premier gros problème saute à la figure à l’écoute des titres live, le son en lui-même est très décevant. Le public est quasi inaudible à partir du moment ou une chanson est lancée et la production est bien trop lisse. La batterie sonne très bien mais la guitare, même si elle est présente, est brouillonne et ne produit qu’un grincement continu lorsqu’elle ne fait que de la rythmique (j’exagère à peine). Quant au chant, Nightwish semble tendre le bâton pour se faire battre. En effet, pour les avoir vu en concert, je peux vous dire que tous les passages qui pouvaient laisser à désirer sont présents sur ce CD, sauf peut-être Nemo. Le manque de souffle de Marco sur le refrain de Bie Bie Beautiful, les petites adaptations d’Anette à la fin de The Poet and the Pendulum pour ne pas avoir à monter trop haut etc. C’est vraiment dommage, d’autant plus que la belle s’est bien réappropriée des chansons comme Ever Dream, Slaying the Dreamer ou Dark Chest of Wonders. Les chansons en elles-mêmes valent toujours ce qu’elles valent et je vous renvoie aux chroniques de Dark Passion Play pour revenir là-dessus, cependant, vu qu’elles sont jouées presque à l’identique de l’album, le seul résultat est qu’on a trop souvent juste envie de se replonger dans les versions studio qui ont beaucoup plus d’ampleur.

Rendons tout de même à César ce qui est à César, Ever Bring the Night ne perd pas complètement de son énergie bien qu’on en maudisse d’autant plus la production. The Islander et Last of the Wild profitent de la présence de Troy Donockley et de ses instruments celtiques, pour en faire les 2 meilleures pistes, avec enfin de la guitare qui se fait remarquer, qu’elle soit folk ou électrique. Il ne manque que le public pour chanter et taper des mains sur The Islander, mais il suffit d’être imaginatif… 7 Days to the Wolves permet de terminer la partie live sur une note assez acceptable, les deux vocalistes montrant enfin toute leur puissance et les musiciens récitant leur leçon sans problème.

Impossible de juger objectivement le reste du CD et le DVD sans se poser la question du public visé par ce Made in Hong Kong. En effet, mis à part le documentaire qui n’apporte qu’anecdotes et interviews façon rock star, le reste n’est pas inédit, donc les fans hardcore l’ont déjà. Et pourtant, à part des fans hardcore, qui voudrait des trois clips disponibles partout sur le net si on ne les a pas déjà sur telle ou telle édition du dernier album, au côté sûrement d’une ou l’autre des B-Side qui, sans être mauvaises, ne justifieront jamais l’achat de Made in Hong Kong. Pour conclure, les titres live sont globalement décevants et l’entassement de bonus en tout genre déjà présent sur de nombreuses éditions d’albums, singles ou compilations risque de ne contenter ni les fans ni les autres. C’est bien à regret que je m’attarde si longuement à adresser ce premier véritable blâme à Nightwish, dont je ne perds pas l’espoir qu’il soit le dernier.

Les clips présents sur le DVD, issus de l’album Dark Passion Play :

La ruda – Grand Soir

La ruda - Grand Soir dans Chronique d'album

Album sorti en 2009.
Chronique rédigée en 2010.
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La question de savoir si Les Bonnes Manières n’était qu’une parenthèse dans la carrière du groupe ou si leur orientation musicale venait de subir un soudain changement durable trouve une réponse claire avec Grand Soir.
Et c’est vers la deuxième option que nos vétérans de la scène se tournent. Mais cette fois ci, ce ne sont pas d’anciens titres du groupe qui sont remis à la sauce acoustique et swing, mais bien de nouvelles compositions.

Comme toujours, La Ruda ne perd pas de vue qu’ils sillonneront les routes françaises en long en large et en travers avec leurs compos sous le coude, et nous ont donc pondu un album qui semble pouvoir être efficace d’un bout à l’autre en concert. Les versions studios qui nous intéressent ici n’ont pas pour autant été bâclées. Au contraire, on note un net progrès depuis Les Bonnes Manière au niveau son et production. A chaque titre, tel ou tel instrument est plus ou moins mis en avant ce qui permet de créer efficacement une personnalité et une ambiance propre à des morceaux qui suivent pourtant globalement une même ligne directrice. La chanson Le Grand Soir retrouverait ainsi presque l’ambiance Ska/rock sortie du garage alors que Quand Le Réveil Sonne ferait presque pop.
Globalement, ces nouvelles chansons ont une sacrée pèche malgré la disparition des guitares saturées, ce qui permet aux cuivres de retrouver de l’importance, au chant d’être bien mis en avant sans éclipser les autres membres du groupe qui ont tous plusieurs occasions de se faire remarquer. Il est fort possible que vous vous retrouviez à bouger et à chanter sans vous en rendre compte tout seul chez vous, à l’écoute de Go To The Party, Eddie Voit Rouge ou Si Tu savais.

Faites donc attention à ce que vous chanterez d’ailleurs, car il est impossible de passer sous silence les superbes textes que déclame Pierrot. Comme toujours en français, ils sont d’un niveau remarquables et celui qui trouverait à redire au choix de la langue le ferait en toute mauvaise fois. Presque chaque chanson mériterait d’être citée. Celles qui nous dépeignent de drôle de personnages ou de situations (Go To The Party, Eddie Voit Rouge, Lucile, Depuis Ce Jour), quelque passages plus engagées (Fantomas 2008, Quand Le Réveil Sonne), et d’autres plus intimistes ou émotionnels (Un Beau Matin Plus Tard, Dans La Même rue, La Parade De Gordon Banks). Si je m’écoutais, je décortiquerai plus d’un texte ici tant je les trouve fins et inspirés.

Tout ne peut pas être tout rose non plus et une certaine répétitivité est à noter, au niveau des rythmiques et des mélodies de cuivres principalement, ce qui pourrait lacer ceux qui n’accrochent pas dès le début complètement à la musique en elle-même.

En bref, Vous l’avez compris, le La Ruda nouveau a changé mais a su rendre sa nouvelle orientation aussi attractive que l’ancienne. Nul doute qu’un nouveau public peut peut-être s’intéressé à eux, quant aux habitués, ils devraient se laisser emporter dans ce nouvel élan.

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