Des nouvelles

Oh, je vous vois venir. Dit donc, la première moitié de l’année n’a pas été très productive en terme de chronique ! Et vous me voyez aussi répondre, penaud, que ça n’est pas faux. Alors, je vous ferais bien un petit pitch sur le pourquoi du comment, mais l’exposé manquerait cruellement d’accroches, de suspense, bref, d’intérêt.

Tout ça pour dire que des sujets de chroniques, ça ne manque pas ces temps-ci, et que le blog n’est pas décédé.
On peut même noté l’apparition d’un nouveau venu dans les amis, un site participatif amateur sur lequel il peut me prendre l’envie de mettre la main à la patte tôt ou tard, Culturemania.

Et tant que je vous tient, voici une petite compile gratuite de groupes toulousains actifs en 2014, mise en branle par Sidilarsen et Undergang après leur déprogrammation par la mairie de Toulouse. Profitez ! :
http://uriprod.free.fr/

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Blind Guardian – At the Edge of Time

At the Edge of Time

Album sorti en 2010.

Ca sent la chronique compulsive, avouons-le. Alors, pourquoi, et qui est-ce Blind Guardian pour ceux qui l’ignoreraient ? C’est un groupe allemand né au milieu des années 80, qui oeuvrait alors dans le speed metal en vogue en ce temps. Ils ont perduré et ont contribué à la mutation de ce sous genre vers le power metal dans les années 90, et sont toujours actifs actuellement. Ils ont su donner une vrai patte à leur power, très facilement identifiable à sa nervosité typiquement germanique, aux arpèges particulières et surtout au timbre unique du chanteur Hansi Kursch. On leur attribuera également une récurrente tendance à mêler des éléments médiévaux et épiques à leur musique. Même si leur nom n’a jamais vraiment passé la barrière du grand public, Blind Guardian flirte avec les quelques monstres sacrés du genre, grâce à cette personnalité musicale forte et cette longévité.
Leur actue reste fournie. D’une part un nouvel opus (oui c’est du latin) est prévu pour fin 2014, mais aussi un album presque uniquement orchestral qui sera basé sur des romans de fantasy que je ne maîtrise pas. Néanmoins j’attends l’objet avec une grande curiosité, et j’m’en vais vous expliquer pourquoi, via « At The Edge of Time », leur petit dernier en date, hors mis les best off et autres objets de fan service.

Ce qui démarque ce disque du reste de la discographie du groupe, c’est la tentative d’ajouts orchestraux. Là normalement, on se méfie, car les vieux de la vieilles qui tentent d’un coup d’un seul de faire du symphonique, on en a vu d’autres, même des allemands d’ailleurs, et les résultats sont souvent pompeux et rarement inoubliables. Les Guardian choisissent une option peu banale, qui consiste à n’utiliser ces éléments que sur deux pistes du disques, situés en première et dernières places. On va commencer par ces deux là car, disons-le, elles justifient presque à elle seule l’écoute de cet album.
Le disque démarre sur « Sacred World », une chanson de presque dix minutes, originellement composée pour la bande originale du jeu vidéo Sacred 2 : Fallen Angel. On peut en entendre une partie lors de l’intro du jeu, avec en prime une apparition virtuelle du groupe. Mais peu importe, le titre n’a aucun besoin de son contexte. On découvre une production formidable, mêlant à la perfection le groupe et l’orchestre, sur une composition d’une grande richesse, passant allègrement du plus grandiose au plus retenu et émotionnel. L’orchestre bénéficie de vraies parties écrites, et ne sont pas juste là pour souligner pompeusement le metal des 4 allemands. Les dernières secondes du titres, toutes orchestrales, sont à mon sens juste magnifiques ! Bien plus tard, en fin de disque, on trouve le second morceau de la même trempe, « We Love Time ». Cette fois l’ambiance et plus orientale, à la manière d’un Prince Of Percia survitaminée et metal. La structure et moins traditionnelle, plus osée encore, et la fusion du groupe et de l’orchestre et toujours aussi magnifique. Les guitares se permettent de multiples soli mêlés aux violons, Hansi est au sommet de son art, la batterie est partout, parfois solo avec l’orchestre. Bref, en deux morceaux, les Guardian donnent une bonne leçon à pas mal de groupes de symphonique et composent deux titres marquants du genre, tout en affirmant leur véritable talent de composition.

Après avoir prix « Sacred World » dans les dents d’entrée de jeu, qui est un petit tout à elle seule, il est difficile d’enchainer avec le reste du disque. C’est presque si il ne faut pas l’écouter à part. Pourtant le groupe y est relativement en forme, renouant même avec un speed sauvage, mais très emprunt de leur folie actuelle. Les fans n’y auront pas découvert grand chose de neuf, sauf une ancienne rapidité retrouvée sur plusieurs titres. Les autres devront affronter un groupe qui est à fond dans son trip, dingue, unique et pas forcément abordable immédiatement. Le chant si particulier d’Hansi peut dérouter, avec ces fréquentes couches superposées qui donne un aspect complètement fou, et ce timbre si éloigné de ce que le main stream nous force à assimiler. Pourtant, il expose ici tout son talent, tout ce qui en fait l’un des chanteurs les plus charismatique du metal actuel. Il faut également souligner la qualité de la production, qui, même sur des titres résolument metal teuton un peu rétro, reste très moderne et fignolée.
Du speed aux machins plus posés en passant par l’inévitable chanson de troubadour, le groupe sait varier les plaisirs, nous balader dans leur délire, mais avec finalement peu de titres vraiment innovants (pour du Blind Guardian). La plus marquante est « Ride Into Obsession », grand moment d’hystérie façon Blind Guardian, speed et virevoltante.

« At the Edge of Time » est un sympathique album d’un groupe toujours aussi atypique, cerclé par deux titres qui dominent largement le reste et peuvent le masquer de leur imposante ombre. Cela suffit a prouver que le groupe avance toujours et a à dire, du fond de leur univers déconnecté du reste du monde. Où peuvent-ils nous emmener la prochaine fois ? Moi je veux voir ça.

Clip de la chanson la plus sauvage !

Bonne fêtes 2013.

Voilà, 2013 s’achève bientôt, dans l’habituel coquetel de froid, de cadeaux (du moins j’espère pour vous), de reportages télé sur la neige en hivers et de gros gueuletons.
Mais plutôt que de banalités ou de la conjoncture actuelle, deux mots sur le blog, qui après avoir discrètement soufflé sa bougie, continu sa petite route pas à pas.

Vous avez désormai une page d’archives, qui permet une balade plus sélective dans la 40ène d’articles actuels, à coups de tri par mot clé, par catégorie etc.

L’annuaire de l’association Handicapzero a été rajouté aux amis référenseurs. Cet annuaire évalue l’accessibilité du site aux logiciels de revue d’écran utilisés par les internautes déficients visuels. D’ailleurs si d’autres aspects de la navigation universelle ne sont pas au top, merci de soigner mon ignorance.

L’automne fut riche en sortie musicale, comme souvent, et il va falloir facilement un bon hivers pour digérer tout ça. 2014 verra pas mal de groupes dont on a déjà parlé ici revenir aux affaires, donc je ne vais même pas avoir de temps morts. Tant mieux !

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The Gathering – Afterwords

Afterwords

Album sorti en 2013.
Chronique également visible ici.

L’année dernière, The Gathering sortait Disclosure, leur dixième album. Discrètement, sans tapage médiatique, loin, on pourrait croire, des années 90 où leur nom s’était installé au rang de ceux qui ont comptés pour la musique metal. Pourtant, loin du profil de groupe moribond qui n’en finit plus de décroître, les confrères ont suivi depuis longtemps une route très personnelle, libre de contraintes stylistiques et se moquant des barrières entre les genres. Leur musique est devenu moins grandiloquente, plus intimiste, mais non moins travaillée et innovante. Disclosure continuait avec assurance ce chemin, qui s’éloignait toujours plus de ces origines sans jamais vendre son âme. Et manifestement, le groupe avait besoin de s’arrêter un peu sur cette réussite, puisqu’ils nous proposent aujourd’hui Afterwords, essentiellement composés de « remakes » de Disclosure et de quelques nouveautés. On se gardera bien de qualifier cet objet de nouvel album, et on lui réservera une bonne dose de méfiance. Et au final, voici ce qu’on y trouvera.

Décryptons d’abord le menu. Le groupe semble bannir le terme de remix pour celui de « remake », prétextant avoir fait de véritables nouveaux morceaux avec le matériel original. Vous l’appellerez comme vous voudrez, mais concrètement, le groupe a déstructuré les chansons pour recoller les bouts différemment, utilisant beaucoup d’électronique comme liant. Présenté comme ça, ça n’est pas très sexy, mais c’est un peu l’idée que je nomme remix d’habitude, en ce qui me concerne. J’aurais peut-être appelé remake des réenregistrements complets, interprétés différemment. C’est ce qu’ils ont fait avec « Gemini III », et uniquement celle-là. Bref, l’important est de savoir à quoi on a à faire. Et pour finir de casser les mythes de la track list, deux pistes qui semblent être des nouveaux morceaux, s’approchent plutôt d’interludes instrumentaux. Bon, on a dit ce qui est fâcheux, c’est fait, mais on ne va pas tirer de conclusions hâtives pour autant et écouter tout ça de plus prêt.

La confrérie n’est pas née de la dernière pluie, et sais faire du son. De ce côté-là, on ne sera pas déçu, il y a de quoi tendre l’oreille, profiter des hauts et des bas, des petites finesses et des gros sons qui sont toujours là où il le faut. Ceci dit, comme vous l’aurez déjà compris, l’orientation est électronique, cette fois plus que jamais. Les racines metal n’ont jamais été aussi loin. Ca n’empêche pas de retrouver des ingrédients qui ont fait la force de Disclosure, à l’image de cette intro pleine de guitare planante gonflée à la réverbe, et accompagnée de longues notes de cuivre et de vocalises féminines. De l’huile essentielle de Disclosure, que je vous dis.

Il y a quand même un peu de neuf dans Afterwords, à commencer par la chanson qui porte ce titre. On y retrouve, seul au micro, Bart Smits, qui growlait pour le groupe à ses début, avant l’arrivée d’Anneke. Ici, point de growl évidemment, mais un nom qui vient assez rapidement en tête (du moins dans la mienne), Depeche-Mode. Un petit côté Dave Gahan se dégage du chant du bonhomme, avec un certain arrière goût gothique en plus. Cette espèce de new wave trip rock passe plutôt bien et constitue un des bons moment du disque. A côté, « Areas », une reprise d’une chanson des années 80 que je ne connaissais ni d’Adam ni d’Eve. Le fait est que l’air dépayse pour du The Gathering, avec ces petites lignes de claviers et ces espèces de grillons en arrière plan. On aura là les seules véritables nouvelles lignes de chant du disque pour Silje. Là encore le groupe nous embarque dans quelque chose d’inattendu de leur part, avec un ton plus léger.

Question nouveau matos, il n’y a donc pas de quoi y passer des heures, et il va falloir se rabattre sur les remix.
Le groupe nous prend par la main, nous rassure avec des éléments que nous connaissons déjà, (des lignes de chant, des arrangements etc.), et nous emmène dans quelque chose d’ambiant, de reposant, d’atmosphérique. Là, ils arrivent parfois à faire du neuf avec du vieux, à en sortir quelque chose de vraiment inexploré avant. A deux reprises, on trouve une ambiance presque ethnique, tribale, avec des semples de voix joués au clavier. Agréablement intrigant, ces passages me rappellent une B.O d’un vieux jeu d’aventure PC, Lost Eden. Je sais, il y a certainement mieux comme comparaison, mais galèrez à retrouver ça et venez m’en reparler…
Malheureusement, pour quelques trop courts passages innovants, on a beaucoup de creux, de passages utilisant des bouts de leur modèle sans trop savoir quoi en faire. La splendide « Heroes For Ghosts » se retrouve avec le remix le plus vide du disque, la mélodie de cuivre reprise venant attirer enfin notre attention, mélancolique, presque la plainte du fantôme de l’original demandant qu’on laisse sa beauté en paix.

On se doutait bien de l’aspect secondaire de ce disque, et l’écoute le confirme. Oh non, il n’est pas
mauvais, il est même une très bonne occasion de se laisser emmener sur des terrains différents par un groupe qui nous promet de garder nos repères tout en voyageant un peu. Il lui manque juste de la substance, de la force personnelle. L’inévitable comparaison avec son modèle lui sera toujours dommageable, alors que ce sont ces mêmes auditeurs qui s’y intéresseront potentiellement. A vous de voir.

Nightwish – Wishmaster

Wishmaster

Album sorti en 2000.

Pour peux que la bande son de votre vie est une certaine importance pour vous, vous vous êtes probablement déjà demandé quels sont les 5, ou les 10 albums qui vous ont le plus marqués. Personnellement, je sais que je suis incapable de faire des classement comme les émissions de variétoche nous en pondent à la chaine, afin de déterminer qui mérite d’être 6 ou 7ième. Ca n’a pas de sens quand c’est une question de goût. Ceci dit, je pense que chez moi, le Wishmaster de Nightwish peut tranquillement vadrouiller sur le podium. Cet hivers, nous aurons l’occasion de faire le point sur la situation actuelle du groupe via un petit DVD live, « Showtime, Storytime », mais en attendant, flash back de 13 ans en arrière, et focalisation sur un objet précieux.

Avant d’être tenté par un premier superlatif, plantons le décors. Deux ans après Oceanborn, album de la reconnaissance encore loué par beaucoup aujourd’hui, les finlandais se renferment en studio pour enregistrer leur petit troisième. Ils ne le savent pas encore, mais c’est celui qui les emmènera un peu partout dans le monde, et dans leur première tournée européenne en tête d’affiche. Pourtant, en terme de production, Wishmaster ne se la joue pas ambitieux, en comparaison de l’évolution que fut Oceanborn, et aux vus des records de moyens qu’ils ont pu aligner par la suite. Non, Wishmaster n’est à priori qu’un album de power metal enregistré juste par des musiciens dans un studio. Avec relativement peu d’élément, Nightwish donne une vraie leçon de metal moderne. Un peu moins fou, un peu moins théâtral et mystique que son grand frère, tout simplement déjà moins jeune, Wishmaster ancre la personnalité du groupe dans un power metal plus carré,, plus solide. C’est peut-être le moment de leur discographie où leur musique est la plus stable, assurée et clairement qualifiable.

Prenons le premier single qui en fut extrait, « Deep Silent Complete ». C’est une composition simple et immédiate, sans surplus, mais qui fonctionne juste parce que les ingrédients sont fabuleux. La guitare est mélodique, claire et enjouée, la batterie est débridée à souhait mais frappe juste comme il faut, le clavier rajoute une atmosphère magique et n’a pas encore pris de rides 13 ans après. Et bien entendu, Tarja est au micro. Là j’éviterai d’en faire trop, j’ai peur des représailles au moindre mot de travers. Je ne suis pas un amoureux inconditionnel de la chanteuse, je faisait même parti des quelques qui étaient assez convaincu en 2005, lors de son départ, que l’histoire du groupe continuerait quand même. Cependant, sa prestation sur cet album (comme sur d’autre) s’est tout simplement inscrite dans l’Histoire du genre, et est maintenant cité en référence et source d’inspirations.
Au côté de ce morceau, on placera « Come Cover Me » et quelques autres passages, qui montrent que le groupe sait être efficace sans démonstration technique et sans prise de risque particulière. Non loin, il y a (The Kinslayer », une réaction au fameux massacre de Columbine, et l’une des rares pointes de noirceur de l’album, avec sa rythmique syncopé et ses passages de dialogues proches du schéma gothique de la belle et la bête. C’est d’ailleurs à peu près tout ce qu’on trouvera de vaguement gothique ici.

Mais au delà des bases, l’album regorge surtout de pistes de dingue, plus ou moins speed, qui peuvent se montrer franchement techniques mais sans jamais perdre en percutant. Et c’est là que je perds mes mots. On a « She is my Sin », la mise en train fabuleuse, un « Wanderlust » pfff, fabuleux aussi et tellement mélodique et entrainant. « Crownless « est peut être la chanson la plus speed du groupe, et qui aborde ce style avec plus de classicisme mais tellement de maitrise. Et surtout, surtout, « Wishmaster », la chanson qui donne son nom à l’album, qui est pour moi tout simplement une des meilleures chansons de metal toutes catégories confondues, et qui devrait se ranger avec Highway to Hell, Enter Sandman, Fear of the Dark et tout les autres classiques que vous voulez, si la promo du groupe avait été logique et avait mis en avant ce titanesque titre. Pas un fichu clip !

On a aussi des balades, bien entendu, avec d’abord « Two for Tragedi », le seul titre que j’ai tendance à zapper, mais les mordus de Tarja n’en font surement pas autant. LA balade, c’est « Dead Boy’s Poem », également un sacré monument, qui va de la guitare sèche à un final très très épique. Tuomas l’avait composé comme une sorte de testament musical, dédié à son public et à cette période résolument heureuse de son existence. Cette chanson emmène vers le final, « FantasMic », qui ne fait pas référence à ce que tu crois mais à Disney (contraction de Fantasia et de Mickey, avoue que t’es déçu). C’est une des fameuses masterpiece, des chansons longues, à la structure et l’ambition plus complexe que le reste. Ca n’est clairement pas la meilleure Masterpiece de Nightwish, mais quand même un bon pavé divisé en 3 parties qui synthétisent bien l’album.

Je n’ai pas parlé des Soli de guitare, qui peuvent se faire rare aujourd’hui chez Nightwish, des petites apparitions de la flute, du jeu de batterie, mais tout ça le mériterait. Seulement, on ne va pas faire 10 pages, je pense que le message est passé, avec son objectivité relative.
Un dosage parfait, des compositions souvent lumineuses et enjouées, et un groupe dont seule la basse n’est pas au moins au stade du très bon (d’ailleurs Sami Vanska dégagera pour l’album suivant). Histoire de relativiser, même si il m’a marqué au plus haut point, cet album reste du power, avec plusieurs autres adjectifs possibles, mais qui ne sort pas de cette case et qui rencontrera difficilement d’autres publics. Mais dans le genre, c’est juste un incontournable !

Seule vidéo promo officielle disponible, du live d’époque, avec un son discutable en plus…

Orphaned Land – All Is One

All Is One

Album sorti en 2013.

En tête de CV, Orphaned Land peut faire figurer « pères fondateur du metal oriental ». Ca n’est pas abusif, puisqu’ils sont les premiers à, depuis leur Israël natal, avoir proposé au monde entier une forme polymorphe de metal tinté de nombreux éléments de musiques orientales. Oh bien sûr, depuis le début des années 90, le parcours fut long, parsemé de seulement 4 albums jusqu’en 2010, mais avec une courbe de popularité toujours croissante. Le groupe ne s’est pas contenté d’imposer ce mix musical, il s’est aussi fait connaître comme porte parole actif de la situation politique et culturelle de leur coin du monde. Aucun engagement politique direct, aucun réel parti prix revendiqué dans les remous de l’Histoire depuis 20 ans, mais un farouche message de paix entre 3 cultures monothéistes qui ne cessent de prouver leur capacité à se mettre sur la gueule. Et si le message doit passer par le propos religieux, ça n’a notamment pas effrayé Orphaned Land avec un album tel que Mabool (déluge en Hébreu) en 2004. Les tournées se sont succédées, se sont élargies, ont franchies des frontières revendiquées par les 3 cultures, au moyen orient comme en Europe. Là encore, tout ne s’est pas fait sans embuches, mais le constat avant la sortie de ce petit dernier en 2013 est clair. Première tournée européenne entièrement consacrée à des groupes d’oriental metal, DVD live, album solo du guitariste Yossi Sassi (concept album assez sympathique pour ceux qui aiment les albums de guitare), bref, le rythme s’est accéléré.

Et début 2013, c’est la rumeur. Orphaned Land serait parmi les nominés au pris Nobel de la Paix. On suppose, en raison du message véhiculé et des nombreux rassemblements de publics de tous bords sans accrochages, lors des concerts.
Rappelons quand même que, malgré les indices laissés par le label et les propos tenus par-ci par-là, la liste de ces nomination n’est connue que du seul comité. De plus, selon France Info, il y aurait un nombre record de postulants cette année, soit 259. On ne s’attend donc pas tellement à les voir élus. Il n’empêche qu’une simple nomination à cette récompense serait une sacrée reconnaissance
de leur parcours. Si vous êtes du genre militant, une pétition existe pour les soutenir.
Avec tout ça, on n’a toujours pas parlé de l’album All Is One, mais ce contexte est un élément important de son identité. C’est de loin l’album qui aura mûri le moins longtemps avant de sortir, et il était annoncé comme plus catchy, plus direct. D’où la crainte de nous voir offrir un album complètement dirigé vers leur notoriété, et musicalement bâclé.

Inutile de ce la jouer suspense, oui, archi oui, All Is One est carrément plus accessible, plus grand public. Enfonçons le clou, c’est aussi l’album dont le concept artistique est le moins travaillé depuis un sacré moment. C’est dit. Pour autant, est-ce que la messe est dite ? Heureusement, non, vraiment pas. D’une part parce que même si Orphaned Land ralentie un peu la dose en matière de concepts albums, ils ont encore une bonne marge avant de nous servir du vent. Et d’autre part, le lien entre simplicité et mauvaise qualité n’est pas scientifiquement prouvée, n’en déplaise à une élite de branleur musicophyles (oui je sais qu’on dit pas musicophyles). Et sur ce point également, le groupe peut lever un peu le pied et rester très honnête.

L’accent est mis sur l’unité entre 3 cultures religieuses, une idée qui s’illustre ici tant visuellement, musicalement que linguistiquement.
Au niveau du style, on s’approche du symphonique, avec l’ajout de beaucoup de violons et de chœurs, ainsi que des fameux instruments traditionnels si chers au groupe. La production est parfaitement énorme et exemplaire, mixant tout ça avec aisance. La partie metal, bien qu’assez propre sur elle, a l’espace sonore suffisant pour envoyer ce qu’il faut et ne pas se cacher systématiquement derrière le reste. Le seul qui se tape une mise en avant quasi constante, c’est le chanteur, Kobi Farhi. Vous me direz, quand on revendique des compos ouvertement plus grand public, quoi de plus normal que de mettre le chant au premier plan. Le bonhomme tient le micro depuis les débuts du groupe, et continue ici sa transition vers le chant clair constant. On n’aura droit à du guttural que sur le titre « Freedom », ou sur un léger aspect tribal plutôt bien fichu sur « Our Own Messia ». Même si il laisse parfois deviner ses limites dans les tonalités hautes, Kobi nous fait une prestation remarquable, qui joue son rôle dans l’identité sonore du groupe.

Comme on l’a dit, on se retrouve avec pas mal de chansons directes, courtes et plus ou moins efficaces selon le cas. Parmi les réussites je citerai « The Simple Man » qui bizarrement ne fait pas parti des clips, la dépaysante « Ya Benaye », et bien sûr la balade « Brother » qui devrait susciter des réactions aussi vives qu’opposées.
Mais au delà de ces enrobages plus ou moins commerciaux, l’album garde un cœur qui se situent de la piste 4 à 8, où ils osent quand même des structures moins conventionnelles (tout reste relatif), et où se trouve pour moi l’essentiel de son âme. C’est ici que Kobi donnera le meilleur de lui, que les guitares et batteries lâcheront temporairement la bride (sur l’instrumentale « Shama’im » surtout), et que le folk et la symphonie se paieront les plus beaux passages.

Tout ça laisse un peu partagé. D’un côté, on comprend ceux qui seront inévitablement déçu par la direction prise. Pourquoi disposer de tels musiciens si c’est pour amoindrir les aspects les plus techniques de leur musique ? Le côté progressif en a pris un coup, et le côté death, n’en parlons même pas. On aurait souvent envie d’aller demander au batteur, Matan Shmuely, d’accélérer un peu le tempo et de se lâcher. Mais une fois passé ce cap, il faut reconnaître ses qualités, son sérieux et son côté symphonique réussit et touchant. L’ensemble fait plaisir, fait honneur au metal main stream (si ça en est). Moi je n’ai qu’une envie, faire tourner.

The Devin Townsend Project – Ki

Ki

Album sorti en 2009.
Voir ici pour la présentation du Devin Townsend Project

Le KI est une notion complexe de spiritualité en extrême orient. On pourrait la résumer à un flux d’énergie spirituelle qui parcourt le monde et les hommes. C’est certainement un résumé affligeant d’imprécision, mais mes relations réelles avec le Ki ne se résument presque qu’à Dragon Ball, comme beaucoup de monde, ce qui donne une idée de non maîtrise de la notion.
Ici, bien qu’une certaine aura mystique plane autour de ce disque et de son pacaging, Devy ne traite pas réellement de cette notion au sens propre. Nous sommes dans l’esprit du musicien, avec, effectivement, toutes les différentes énergies qui le traverse à cette période charnière de sa vie personnelle.

Au premiers abords, l’initié en Devin Townsend comme le novice sera assez perplexe devant l’étrangeté de KI. Les premiers mots qui viennent sont épuré, intimiste, presque jazz sur les bord, et étrange… Pourtant KI n’est pas impénétrable ni trop abstrait, il est juste assez expérimental, déroutant et difficile d’accès sans en avoir l’air. Cette difficulté à cerner l’album vient de ses nombreux paradoxes. On n’y retrouve pas l’habituelle épaisseur sonore du musicien, et pour autant la musique n’en est pas moins complexe et riche. De plus elle est, à l’image de l’esprit de son compositeur, d’humeur changeante.

Du coup, difficile de trouver une couleur dominante. L’album n’est clairement pas heavy, avec cette batterie presque jazzy, cette guitare souvent douce, voir planante, se son feutré, et ces quelques pistes presque atmosphériques. Pourtant, il n’est vraiment pas calme et apaisé pour autant. On peut même dire qu’il se montre souvent menaçant, bouillonnant, plein d’une colère contenue. D’ailleurs les quelques vrais éclats de saturations et de chants extrêmes dans la premières moitié de l’album semblent ne s’échapper que par trop plein, par débordement incontrôlable, pour être réprimés dès que possibles. Cela donne a Devin l’occasion de montrer brièvement tout l’étendue de son spectre vocal, avec son chant clair si étonnant et son registre extrême plus que maitrisé. Le plus souvent, il se contentera, à l’image de l’album, de tout jouer dans la retenue, ce qui ne l’empêchera pas d’offrir mille et une remarquables nuances et émotions.

Replié sur lui-même, renfermé, Ki n’est à priori pas franchement attrayant. Il faut de l’attention pour dénicher ce qu’il a de beau (« Terminal » ou « Lady Helen »), ce qu’il a d’ambigu (« Disruptr » ou « Heaven Send »), ou de plus joyeusement fou (le swing rétro de « Trainfire » ou « Ki »). Les quelques longueurs atmosphériques plombent un peu l’ensemble, et obligent à l’écouter avec un système sonore honnête. Exit le smart phone et son haut-parleur vachement trop cool, et le PC portable avec le 2.0 de voyage, vous passeriez complètement à côté.

Malgré ces nombreux côtés atypiques, Ki reste bien un album de Devin Townsend, et a le mérite de ne pas faire dans le convenu pour démarrer sa tétralogie. Ecouter Townsend, c’est faire preuve d’ouverture d’esprit, et celui-ci en est un bon exemple. Le jeu en vaut la chandelle, d’autant plus que ça n’est que le premier acte.

L’IRMA fait le point sur le metal en France.

Un rapide petit billet pour partager un intéressant dossier de l’Irma (Centre d’information et de ressources pour les musiques actuelles) à propos du metal en France actuellement.

http://www.irma.asso.fr

Pas grand chose à ajouter sans paraphraser, car l’article est juste excellent, pro, nuancé et vrai. A lire pour les metaleux ou non metaleux.

Pour ce petit blog, cela confirme si besoin était, que le net ne manque pas de publication sur le genre, et qu’il est intéressant maintenant de mêler metal et autres musiques au seins des mêmes publications. De même, il faut souligner que le clivage diminue au sein de la musique elle-même, car les sphères les moins extrêmes de cet univers se teinte toujours plus d’autres genres. Cela justifie de moins en moins cette mise à l’écart médiatique en Europe de l’ouest. Mais comme c’est dit sur l’article, nul besoin de s’en plaindre, car d’une part les choses évoluent positivement, et d’autre part le public metaleux ne s’en porte parfois pas plus mal, voir aime bien, lui aussi, avoir des réactions idiotes envers le reste du monde musical.

Boulevard des Airs – Les Appareuses Trompences

Les Appareuses Trompences

Album sorti en 2013,
Plus d’info ici

Au côtés des Ogres de Barback, du Babylon Circus et de toute cette scène française actuelle, il manquait un groupe à l’esprit un peu plus rock, dans l’esprit des Beautés Vulgaires ou de La Ruda peut-être. C’est un créneau vide que Boulevard des Airs a pris en 2011, avec leur album Paris-Buenos Aires, et son tub Cielo Ciego. Tournées, passages télés et autres signes encourageants ont planté Cielo Ciego en petite hymne made in sud-ouest et ont assuré la promo du groupe. Non sans raison puisque l’album, avec la fragilité et le bancal d’un premier essais, était sacrément prometteur. De quoi faire attendre la suite impatiemment. Et la suite, la voilà.

Boulevard des Airs enchaine donc avec ce Les Appareuses Trompences. (Rassurez-vous, ça sera tout pour les jeux de mots.)Sans trop de surprises, en si peu de temps, le groupe n’a pas changé de direction. On navigue toujours entre les groupes cités plus haut. Et pour ce qui est de mélanger tout ça, on peu déjà dire qu’ils s’améliorent. Ca ne réussit pas aux envolées bien rock puisqu’il n’y à que la chanson titre qui le propose, mais la cohérence globale du disque y gagne. Chanson française festive, rock, reggae et une toute petite pointe jazzy, voilà la recette, à laquelle le groupe ajoute un discutable soupçon d’électronique dont nous reparlerons. Les textes sont maintenant presque exclusivement en français, et profitent eux aussi d’une meilleure cohérence. Évidemment, on ne réinvente pas les thèmes habituels des idées qui se rapprochent du roots, mais déjà, quand c’est pas mal fait…

Les Appareuses Trompences n’a pas son super tub fédérateur, mais répartit le bon feeling un peu partout sur le disque. Au moins, l’album dispose ainsi d’une bonne poignée de titres assez classieux, et sur des styles différents. « Ici » avec son featuring de luxe de Tryo, ou « Je Cours », la mise en train qui met la banane. Classieux également ce « Y Siguen Pasando » mélodieux, plein de cuivres et d’accents latinos. Ces titres et quelques autres remplissent à eux seul le contrat de l’album, et donnent vraiment confiance dans le talent et l’avenir du groupe.

A côté, on a une paire de chanson agréables mais trop passes partout, et surtout quelques expérimentations à base de dub step et d’autres effets, dont je me demande bien ce qu’ils viennent faire là. Heureusement que le groupe tente des choses, mais la froideur électronique n’a que peu de rapport, me semble-t-il, avec leur musique organique, vivante et gentiment engagée. Surtout quand il s’agit d’effet plutôt low cost… En tête de file, « Je Reste Calme », et ses refrains en mode pétage de plombs dans ta game boy. Quant a l’abus parfois très audible de l’Auto-Tune, je vous laisse juge du volontaire ou non de la démarche, et de son effet.

Pas de quoi gâcher le plaisir, Boulevard des Airs réussit son second album. Il est plus travaillé, fignolé, sans oublier la petite fibre festive et joviale, sur fond d’interrogations engagées. Les amateurs du premier disque devraient apprécier. Les autres, sans prendre leur claque du siècle, découvriront un groupe français attachant et sûrement plein d’avenir. En attendant, c’est sur scène qu’il vivra le mieux, et c’est ainsi qu’on a rapidement envie de l’entendre. Pourvu qu’il y ait encore pendant un moment des groupes comme celui-là sur nos planches.

Depeche Mode, vu par les autres

Depeche Mode fait actuellement la promo du petit dernier, Delta Machine, ce qui nous permet d’entendre parler des vieux de la vieille de la new wave un peu partout. Et ils n’ont pas tors d’ailleurs puisque Delta Machine est une belle petite réussite à écouter.
Pour preuve, le paradisiaque single :

Mais au lieu d’essayer de vous convaincre de l’intérêt de mes opinions sur Delta Machine, on va plutôt ce faire une petite collection de reprises du groupe anglais. Petite, car il y en a des pleins albums.

Une version de Personal Jesus par Johnny Cash :

Le tub Enjoy the Silence, repris par les italiens de Lacuna Coil, dans leur style rock gothique. C’était sur l’album Carma Code et c’est à peu près ce que ce disque avait de meilleur à proposer.

Du piano, et une voix, celle du français Sylvain Chauveau, un grand adepte de la reprise de DM :

Nettement plus burné, les suédois d’In Flames sur leur album Whoracle, très death mélo des années 90.

On a déjà parlé de Pain, je me dois donc de signaler une reprise de Depeche Mode dans les B-sides de Cynic Paradise.

Et pour finir, qu’est-ce qu’il se passe si on met Michel Delpech et Depeche Mode dans un mixeur ? Oui, ça fait Delpech Mode. Et en fait… Ca existe :

Bien entendu, il manque la reprise de Marilyn Manson, ainsi que celle de Rammstein et son clip « controversé » (c’est le terme officiel). Mais voilà, moi je les ai assez entendu, et les débats de plus de dix ans ne m’intéressent que modérément… Je préfère payer un coup à celui qui atterrira ici avec une recherche en rapport avec Michel Delpech.

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