GiedRé

Ce soir, une petite session GiedRé. Si tu ne connais pas, tu écouteras, et si tu connais, tu écouteras quand-même (avoue).

Je ne te la présente pas, elle fait ça très bien toute seule, et d’ailleurs si tu as vraiment besoin de présentation, dépêche-toi d’avancer car tu es un peu à la bourre.
On pense fort aux 37 derniers sketchs sur les différences hommes/femmes qu’on a entendu les 6 derniers mois, et à une chanson française planplan standard, on sort le ballais du cul et on fait mieux que tout ça en 2 minutes. Action.

Amiina – Puzzle

Puzzle

Album sorti en 2010.
Plus d’infos : ici

Quand c’est islandais, on ne s’attend pas à du banal. C’est vrai, vous en connaissez beaucoup des artistes affligeants de normalité qui soient venus vous agresser le système nerveux depuis l’Islande ? Allez-y, cherchez…
Voici donc Amiina, une petite bande de demoiselles qui se sont surtout fait connaître grâce à leurs collaborations Avec un autre représentant de ce pays, Sigur Ros. Elles usent principalement d’instruments à cordes très divers, de percutions et de plusieurs éléments électroniques. N’étant pas très féru de Sigur Ros, je craignais un peu de découvrir une bande d’ésotéristes à la musique zarbi qui ne m’aurais pas franchement emballée. La compile Nightmare Revisited sur laquelle Amiina apparaît m’a fait changer d’avis, et m’a encourager à tenter ce Puzzle, second véritable album du groupe. Hein ? Non, O-Zone ça n’est pas islandais, cherchez encore… En attendant nous, on commence le puzzle à 8 pièces.

Ce titre, le style assez indéfinissable pratiqué par le groupe, l’Islande, tout ça laisserait entendre que nous n’allons pas tarder à perdre nos repères, a être déconcertés. Et bien pas vraiment. La musique à beau être aussi personnelle, aussi spécifique que je vais m’efforcer de la décrire, elle n’en reste pas moins accueillante, rassurante. Pour preuve, cette première chanson instrumentale basée sur une mélodie finalement assez simple, qui se met en place petit à petit et qui fait une sorte de crescendo. Un crescendo qui serait presque dommageable à l’album d’ailleurs puisque Puzzle est presque exclusivement calme, posé, détendu.

Ces filles là ont beaucoup travailler leur son vers les aigus. Sur ces fréquences, on retrouve beaucoup de clavier au son de boite à musique, mais aussi les violons, la scie musicale et les voix. Cela donne au tout un son cristallin, une délicatesse et une certaine finesse qui fait le charme de Puzzle. Ces petites voix assez fluettes et cette boite à musique omniprésente rendent certains passages presque enfantins, et l’ajouts de petits craquements et d’arrangements ponctuels ne font qu’accentuer l’impression de fragilité, sans jamais tomber dans le glauque qu’on pourrait craindre. La basse soutient, souligne certains passages, où sert à épaissir chaleureusement les fines mélodies, mais ne se fait que peu remarquer. Les percues restent tout aussi discrètes, mais savent davantage varier les plaisirs, voir se faire plus insistantes à de rares moments. Le tout donne un équilibre assez personnel, preuve que le groupe s’est constitué une identité sonore déjà très marquée. C’est une des grandes forces de l’album.

Tout au long de cette séance de détente, Amiina nous fait passer par autant de petites chansonnettes que de pistes quasiment ou totalement instrumentales. « Over and Again » et « What Are We Waiting for ? » semblent les titres phares, les chansons les plus complètes et synthétiques. Pourtant, il ne faut pas sous-estimer « In the Sun » et ses petites guitares, qui complète assez bien ce trio de chansons. Le reste est plus instrumental. Le « Pusl » qui nomme l’album porte bien son nom par l’étrangeté de l’empilement des couches sonores. Ecoutez bien, ça n’est pas bien complexe au fond, puisque basé sur une différence de rythme, mais assez déroutant. Je citerai également « Thoka » qui conclue l’album avec quelque chose de vraiment hypnotique, voir somnolant, mais très agréable.

Puzzle est un étrange petit objet musical. Entre chansonnettes et atmosphères doucement bizarres, il manque peut être encore un peu de finition, d’ambition. En l’état il ressemble encore un peu trop à un gros EP. Pourtant il dégage une personnalité et un savoir faire bien affirmé, doublé d’un non conformisme toujours aussi appréciable. A condition d’apprécier à leur juste valeur les moments instrumentaux qui manquent parfois d’ambition pour ne pas frôler le plat, il ne faut pas se priver de ce petit moment de calme et de finesse dans ce monde trop pressé.

Divico, l’inédit d’Eluveitie

Petit aparté, toujours à propos de la compile The Early Years d’Eluveitie. On peut s’étonner de l’absence d’inédit sur cette compile, alors que d’habitude les groupes en font un vrai argument pour appâter celui qui est déjà en possession de chaque production disponible. Les temps changent on dirait, en raison, allez savoir, de l’avènement de la musique digitale, ou autres…

Pourtant, l’inédit de The Early Years existe bien. Je m’étonnais de voir sur certain site, le morceau « Divico » apparaître sur la track list de Vên réenregistré, alors qu’elle ne figure pas sur les éditions disponibles chez nos chers vendeurs de rondelles. Suppression de dernière minute de la maison de disque ? Non non, l’explication est bien fournie par le groupe sur son Youtube. Ce titre ne figure que sur les éditions vendues directement par eux, via leur shop ou dans les concerts. De quoi faire du collector. Mais pour ce qui est juste d’entendre le morceau, il suffit de demander, car il n’y a pas non plus de quoi faire les 400 coups pour ça.

Il s’agit d’une chanson resté en chantier depuis vên et finalement terminée pour l’occasion.

Eluveitie – The Early Years

The Early Years

Compilation sortie en 2012.
Plus d’infos ici

Par Toutatis, dix ans déjà. Dix ans de vie de la tribut suisse aujourd’hui devenue star du folk death. Une fois lancés, leur progression de popularité fut assez fulgurante. Il faut dire qu’une fois repéré et poussé en avant par le géant Nuclear Blast dès leur deuxième album, les helvètes n’ont pas chômé en terme de quantité de sortie. En terme de qualité, le parcours est un peu plus en dent de scie mais le succès étant toujours au rendez-vous, ont peu en conclure que le bilan reste bon pour eux. Et après un Elvetio plutôt convainquant, ils décident de jeter un petit coup d’œil dans le rétro viseur en nous sortant ce The Early Years.
Au menu de cette compile, Un réengistrement de leur premier EP Vên, ainsi que leur premier album, Spirit, légèrement dépoussiéré.
Coup commercial ? Pour Nuclear Blast, oui, cela permet de mettre Spirit dans leur discothèque et de ressortir ainsi un album qui se faisait rare dans le commerce. Pour le client, c’est ce que nous allons voir.

Commençons par le gros morceau, à savoir Spirit. Car à moins d’être un fan collectionneur, votre intérêt (ou pas) pour The Early Years sera avant tout porté sur l’occasion de mettre la main sur Spirit. C’est une envie louable, puisqu’on a là un album majeur du folk death. Oh allez, les allergiques à la célébrité d’Eluveitie, reconnaissez-le.
Si on a par la suite parfois pu être tenté de réduire la musique du groupe à du death mélo agrémenté de pipeau et de biniou, il faut se souvenir de l’atmosphère que dégageait Spirit. Cette ambiance de fête païenne, de joyeux défouloir celtique et métallique. Je ne vais pas ici refaire un vrai tour de l’album car il n’en a franchement pas besoin, vous trouverez tous les descriptifs qu’il vous faut en quelques minutes. Il était bon lors de sa première sortie et il l’est toujours. On y trouve déjà presque tout ce qui fait Eluveitie, des textes en langues gauloises reconstituée, de la mélodie folk dans tous les sens, du death mélo façon Dark Tranquillity en un peu plus direct porté par le chant death de Chrigel, de superbes interludes folks etc.
Le léger lifting qu’il a subit ne sert qu’à équilibrer le son. Principalement, on remarque que la batterie n’envahie pas autant l’espace, et que les instruments folks en profitent. Le changement est perceptible, mais léger. Quant à savoir si il est profitable à l’album, je ne saurais être catégorique. Pour ma part, je dirais que oui car il met davantage en avant la richesse des morceaux, mais je peut comprendre une frange du public métaleux qui aiment bien le son crado et lourdingue des premières productions dans ce genre.

D’ailleurs si vous faite partie de ceux-là, le réengistrement de Vên risque de vous déplaire au plus haut point, car il illustre bien plus encore ce lissage du son. Ici, l’EP original est totalement réenregistré par le groupe dans sa formation actuelle (2012). On y retrouve donc entre autre la voix d’Anna Murphy à certains endroits, et une production assez proche du dernier album en date, avec chœurs, arrangements et instruments folks bien plus maîtrisés. Il n’en reste pas moins que les morceaux sont des grand moments d’Eluveitie, entre l’imne « Uis Elveti », et les très puissantes « Lament » et « Druid », sans oublier l’instrumentale « Jêzaïg » plus addictive que sa simplicité de composition pourrait le faire croire.

Il y a forcément deux points de vue qui s’affronteront, surtout concernant vên. Ceux qui apprécieront cette remise au goût du jour, ce traitement de luxe offerts à de bon vieux morceaux, et ceux qui préfèreront toujours la spontanéité, la rugosité et la charmante imperfection de l’enregistrement original.
Donc, The Early Year est une compile qui tient ses promesses. C’est une ressortie d’un album dont la qualité n’est plus à prouver, agrémenter d’un bonus très honnêtes. A partir de là, la critique est facile mais peu justifiée, car il est simple de savoir si le produit vous tente ou pas à partir du moment où il dit ce qu’il est.

Peau neuve

Le blog a subi quelques modifications ces jours-ci. Plus que l’apparence qui peut encore changer, cette nouvelle structure apporte surtout quelques petites possibilités.

Par exemple, vous pouvez désormai triller les articles par mot clé.
La page dédiée aux amis du blog est maintenant plus facilement accessible. D’ailleurs, certains annuaires de blogs ne vont pas tarder à en dégager si ils ne se montrent pas plus réactifs aux inscriptions.

Enfin, histoire de péter plus haut que mon cul, je rappelle l’existence des flux RSS, pour ceux qui, comme moi, en sont adeptes. Vous pouvez suivre le blog par ici ou au besoin, les commentaires par là.

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Symphonie dans ta console.

Les concerts symphoniques autour des musiques de films sont choses courantes. Mais rendre hommage à des bandes originales de jeux vidéo reste plus exotique. Ce type d’évènement est né au Japon (y a pas de hasard) dans les années 90, et y est resté cantonné pendant une bonne dizaine d’années. Pendant ce temps, l’Europe faisait une fausse route culturelle à rallonge, persuadée, non sans aide américaine, que ces produits là ne pouvaient se destiner qu’aux enfants, et débattant sur les diverses cochonneries mentales que cela pouvait bien provoquer chez eux. Tout ça pour dire que de là à parler d’un intérêt possible pour une bande originale de jeu, et de concerts dédiés, il manquait encore quelques étapes qui ont pris 10 ans.

Mais actuellement les évènements de ce type se sont multipliés, et on en a même vu spécialement consacrés à une série de jeu en particulier.

Mais trêve d’anecdotes historiques, car ce petit billet n’a pour but que de placer ici quelques vidéo de reprises symphoniques qui me tiennent à coeur.

On commence avec une chaleureuse ambiance tropicale, au rythme du thème principal de Monkey Island.

Image de prévisualisation YouTube

Le thème des châteaux de Super Mario World, version rock symphonique. Pour la petite histoire, sur la B.O de ce jeu, à de rares exceptions près, il n’y avait qu’un thème, repris de multiple façons selon l’ambiance des tableaux.

Le fameux thème de Tetris, plus épique qu’on le croit…

Et pas mal d’autres sur le net en farfouillant un peu.

Diablo Swing Orchestra – Pandora’s Piñata

Pandora's Pinata

Album sorti en 2012.
Chronique également publiée sur Culturemania

Une chronique du DSO commence par des interrogations ou des exclamations. Et moi, je trouve que c’est amplement justifié, donc, je pourrais faire pareil. Par-ce qu’il est parfois si bon de passer à côté de quelque chose et de se rendre compte de son erreur. Parce que d’habitude, on attend le miracle musical de tel ou tel groupe archi reconnu, et on est souvent déçu même si on y trouve quand même son bonheur. Mais le meilleurs, sérieusement, c’est de se prendre une tarte qui vient comme ça, de nulle part, et qui est difficile à expliquer tant c’est inattendu. Chronique d’un amour de vacances musical, décalé, improbable, et rafraîchissant. Et comme promis pour commencer, les interrogations…

Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? C’est qui ces gens et c’est quoi au juste le paris de cette musique qu’ils ont pondus ? Bon sang… Mais c’est bien sûr ! Saperlipopette, eurêka ! (Oui désolé, j’aime bien Tintin.) Tout est dans le titre ! Diablo, c’est pour le côté metal, Swing, pour la partie Jazz, et orchestra, pour les emprunts au lyrisme et à la musique symphonique. Et non seulement quelqu’un s’est mis en tête de faire quelque chose de viable avec ça, mais en plus ils sont nombreux dans le groupe, et ils ont quelque chose dans le casque qui doit être connecté de travers… Et c’est déjà leur troisième album en plus… D’ailleurs je vous laisse le soin de mater les titres et track list, ça donne le ton… En attendant, c’est Pandora’s Piñata que j’ai dans les mains, donc c’est celui-là dont on parle, et c’est tant mieux car jusqu’ici c’est celui qui me plait le plus. Avouez que c’est bien foutu quand même.

Pandora’s Piñata, ça part en trombe, comme un pet après une soirée cassoulet et jus de pomme. Ca t’envoie d’entrée de jeu un coup de pied au derch nommé « Voodoo Mon Amour », et normalement il se passe quelque chose dans ta tête. Ca donne envie de faire la fête, de headbanger et de swinguer en même temps, et ça donne un sourire benêt. Si tu te reconnais, Tu vas adhérer à la musique de cette bande de cinglés et ça va être dur à expliquer à l’entourage. Parce que hein, dans le genre tub atomique, « Voodoo Mon Amour », ça se pose là. Et puis tiens, juste après, « Guerilla Laments » aussi d’ailleurs, mais avec un côté brésilien et chaud qu’on croyais inconnu des scandinaves. Oh et puis « Black Box Messiah », dans le genre tub des pays de l’est sous acide, c’est mauvais pour la sobriété aussi, ça…

Je ne vous ai même pas présenté le groupe. D’abord, la section metal fusion, avec des grateux qui appliquent efficacement les rifs et la rythmique typique du genre, sobres (dans le jeu du moins), mais à leur place. Les percus, déjà bien moins sobres, prennent beaucoup d’espace sonore mais varient vraiment le jeu tout au long de l’album, sortant bien vite des poncifs du metal. Il faut dire qu’ils sont deux pour faire ce raffut organisé. Par ici, des cuivres, pour le coté jazz, avec trompette, trombones etc.… Et là, un violoncelle et des violons additionnels. Tu penses à Apocalyptica ? Fausse route, les violoncellistes finlandais n’ont encore pas abordé leur instrument sous cet aspect swinguant et déluré. Et si tu as pensé à Slipknot pour les deux batterie, tu as encore plus faux. Enfin, derrière le micro, un type possédant un organe vocal assez dingue de par la variété et le talent qu’il donne, et là, Marie-Louice, chanteuse lyrique probablement recalé au casting d’un groupe de metal sympho car trop barrée bien que suffisamment douée.

Et avec ça mes enfants, le groupe va vous faire voir du pays. Leur mixture est déjà assez indéfinissable, mais en plus ils se permettent de tenter à peu près tout ce qui est envisageable avec leurs ingrédients. Sans vraiment s’affranchir des structures couplets/refrains et autres garanties d’efficacité rapide, il faut s’attendre à être déstabilisé plus d’une fois, même dans un même morceau. Le groove rencontre le lyrisme le plus débridé et grandiloquent, et le metal tente de les accorder. On flotte toujours entre poésie, énergie entraînante et folie totale.

Mais Pandora’s Pinata, c’est comme tout bon coquetel, c’est délicieux, mais il ne faut pas en abuser. Car alors, on s’aperçois des airs qui lassent après trop d’écoutes, des petits surplus de percus par ci par là, du dommageable de certains passages pourtant osés quand ils sont pris à part. On s’aperçoit des ficelles encore perfectibles sous le joyeux amas anticonformiste musical. Et c’est dommage, parce qu’on n’a vraiment pas envie de le leur reprocher, et qu’on en redemande.
Ce n’est ni de l’avant-gardisme, ni une petite révolution musicale, c’est de la fusion très osée uniquement, avec un sacré grain de douce folie, et du gros travail derrière. J’en ai dit finalement très peu sur les détails de l’album, mais assez pour espérer que toi aussi, une fois les beaux jours revenus, tu te laisses tenter par un rafraîchissement trop rare, et pas ouvert à tous.

Soilwork – Aperçu en trois clips du futur album, The Living Infinite

Attention, petite parenthèse death metal mélodique. Soilwork, c’est un des groupes qui a porté ce sous genre pendant la décennie précédente, aux côtés de In Flames, Dark Tranquillity et d’autres. Autant j’ai beaucoup écouté les deux autres groupes cités, autant Soilwork, je n’ai jamais franchement adhéré. Et pourtant aujourd’hui, alors que mon intérêt pour le death mélo est plutôt sensé faiblir, Soilwork aura eu le mérite de me faire rédiger ce petit billet ce matin.

Alors qu’on peut accuser le genre de souvent tourner en rond en ce moment, ces mecs là nous préparent carrément un double album pour Mars prochain. Et comme ils sont chaperonnés par Nuclear Blast, ils ont droits au grands moyens promotionnels. Du coup, on a déjà trois pistes a se mettre sous la dent avant même la sortie de l’objet.

Trois morceaux, et trois claques death mélo ordinaires, mais menées avec toute l’expérience de Soilwork. J’espère quand même qu’en s’étalant sur deux disques, ils prendront le temps de varier le propos, de prendre des risques, sinon j’en resterai sur mon opinion de groupe très vite lassant sur album.

En attendant, prends ça dans ta tête, ça débouche la tuyauterie auditive !

P.S : Pour ma culture, si quelqu’un sais me dire si les quelques notes de classiques qui servent de base au riff de « Spectrum of Eternity » est un semple de quelque chose (ce que je pense), éclairez-moi.

Sidilarsen – Machine Rouge

Machine Rouge

Album sorti en 2011.

Le metal fusion français n’a plus le vent totalement en poupe. Pourtant, les années 90, voir même la vague néo metal furent de vrai pures heures pour un petit noyau de groupes solides. Mais aujourd’hui, aujourd’hui… Mass Hysteria s’obstine à ne retenir de lui même que l’énergie et le rythme, Lofofora semble se défendre davantage mais ne se refait pas totalement une santé non plus, No One is Innocent, Freedom For King Kong et autre Silmaril ne sont que souvenirs… On dirait qu’il faut davantage regarder vers la scène rock pour trouver d’intéressants cross over. Bref, Sidilarsen, pour moi, a toujours été un petit préféré, un groupe discret mais qui promettait et qui s’est fait son identité doucement mais sûrement.
Après le bon mais trop discret Une Nuit Pour Sept Jours, les sidis ont décidés de se recentrer, de travailler eux-mêmes leur communication, et de se faire ainsi davantage entendre cette fois-ci. Ainsi est né « Machine Rouge ».

La couverture fait la part belle à l’eau, homonyme du deuxième album du groupe, et à la féminité, jusqu’ici assez peu mise en avant par ces mecs là. Le titre, lui, outre une idée politique, fait d’abord référence au cœur, organe qui fait battre la vie et qui synthétise les idées de mécanique et de fluide si présentes chez Sidilarsen. Un enrobage agréablement bien bossé qui donne envie de passer au contenu.

Les précédents albums nous ont habitués à du gros son, et Machine Rouge ne déçoit pas là dessus. La production est très bonne, adapté aux orientations de chaque morceau. Seuls quelques bits technos me laissent un peu dubitatifs (« Back to Basics « surtout), mais force et de reconnaître que le groupe a su mettre les moyens pour que leur son ressorte au mieux. Il faut dire que le mix des voix, des grosses guitares typées fusion et des nombreuses touches électroniques n’est plus une recette neuve pour eux, et se retrouve inchangée ici.
Ce qui change, c’est les compositions. On pourrait les résumer par la formule « Back to Basics » utilisée pour le titre de la chanson clipée, mais ça n’est pas si simple. Machine Rouge n’est pas un retour aux sources, c’est une épuration du style du groupe. Les diverses expérimentations de Une Nuit Pour Sept Jours sont écartés, pour ce concentrer cette fois sur l’efficacité, l’aspect direct.

Malgré ces bases solidement rock sur lesquelles sont construits chaque morceau, Machine Rouge n’est pas une démonstration de force non stop. On y trouve pas mal de mi tempo, et du chant plus mélodique que jamais. Les paroles également, sans perdre trop de leur mordant, sont plus abstraites, parfois plus personnelles. Certains regrettent un peu cette baisse de pèche globale. Tant que la qualité est au rendez-vous, à mon avis il n’y a rien à en dire, et le disque offre tout de même ses « Fantasia » ou « Le Meilleur Est à Venir » bien burnés.

A côté de cette maîtrise de la force tranquille, l’album propose aussi son lot de nouveautés à bases de colories venant d’autres univers musicaux, comme d’hab. On trouve ainsi plusieurs invités en tête desquels Mouss et Hakim de Zebda qui viennent appuyer un morceau typiquement Sidi des deux précédents albums. La chanteuse qui avait déjà fait quelques backing discrets pour le groupe s’affiche davantage sur « Back To Basics « , et sur le final « Samira » qu’elle enchante véritablement avec ses chœurs artificiels.

Voilà donc un disque de metal fusion moderne et solide d’un bout à l’autre. Selon les goûts, certaines tentatives peuvent décevoir quelques auditeurs, ou les ravir, mais on validera toujours la démarche. Leur musique paraît aller de l’avant, mûrir et s’imprégner d’autres horizons, tout en s’ancrant sur des bases bien rodées et ayant fait leurs preuves. C’est un peu l’album qu’on espérait en fait !
Souhaitons que « le meilleur reste encore à venir ».

Innerly – In Praise of Shadows

In Praise of Shadows

Démo sortie en 2012.
Plus d’info ici

Les démos et autres premières productions de jeunes groupes constituent une véritable galaxie, un underground tellement vaste qu’y fureter est un exercice que je ne pratique que peu. J’ai un certain respect pour ceux qui doivent y flairer le talent, y dénicher les grands de demain ou au moins les bons artistes. Donc, si je tombe sur cette démo ça n’est pas par hasard. J’ai croisé la route d’Innerly pendant un concert où se sont succédés plusieurs groupes. Et au milieu du reste, le set d’Innerly m’a semblé un très bon moment, pas révolutionnaire, mais rondement mené. C’est ainsi que j’ai été télécharger cette démo gratuite dès le lendemain.

Ce groupe toulousain se présente à nous avec 4 titres dans la plus grande tradition metal symphonique, influencer par des groupes finlandais ou hollandais qu’on ne citera même pas. C’est risqué, car les prétendants dans cette catégorie sont légion, et débuter en la matière n’est pas une mince affaire. Pour ne pas être handicapé par le manque de moyens, Innerly choisit de laisser le clavier dans son rôle de clavier, et de ne pas trop nous la jouer orchestre 16 bits. Du coup, impossible de se cacher derrière, il faut nous montrer qu’ils assurent. Avec un style heavy mélodique, les cordes et la batterie ont un assez bon niveau et offrent à la démo une patate qui peut parfois manquer dans ce style. Cette énergie est une qualité évidente, avec des passages de guitares rapides et de double pédale qui se marient très bien. Il en ressort une certaine chaleur, une certaine euphorie qui rajoute un grain de personnalité à des compositions qui restent pourtant très très typiques.

Autre élément récurant du genre, la chanteuse lyrique. Certes ça n’a plus rien d’original, mais au moins Innerly a été en partie fondé par une représentante de choix. Katia Iva est déjà très à l’aise, sur un registre très proche de celui de Tarja sur Century Child et Once (ça y est on a cité Nightwish). Sur une première démo, sa maîtrise fait plaisir à entendre et promet d’être un point fort pour leur futur. D’autant plus que la dame joue du violon et l’intègre parfois à la musique du groupe. Les deux apparitions de cet instrument se font au travers de soli où il se fait soit planant, soit rapide et en duel avec la guitare. Un autre élément fort intéressant, qu’il faut absolument que le groupe parvienne à intégrer à leurs futures compositions. Je pense notamment à l’album Ghost Opera de Kamelot ou un violon solo fait de remarquables apparitions, cependant trop rares. Avoir l’instrument directement dans le groupe est un atout pas négligeable.

Comme on l’a dit, les compositions restent classiques. On remarque une technique certaine, surtout au niveau de la rapidité, venant de l’ensemble du groupe, servie par une production forcément limité mais très honnête. La batterie souffre un peu d’être trop en retrait, trop bridée alors que le musicien derrière a une certaine puissance à revendre. Les mélodies ne sont pas encore vraiment marquantes, se confondent encore pas mal entre-elles après l’écoute, mais nul doute que le groupe sait les composer et saura mieux les utiliser à l’avenir. Le dosage des pointes de rapidité ou de passages planants est très bien équilibré pour l’écoute des 4 titres. Mention spéciale à « Regrets and Hope » qui tente même de rallonger un peu la compo et d’utiliser toutes les cordes qu’Innerly a à son arc.

« In Praise of Shadows » reste le premier effort d’un jeune groupe, avec tout ce que cela implique en matière de production limité et d’influences beaucoup trop visible, mais le groupe réussit l’exercice sans chercher à contourner ces pièges. Le but d’une démo est d’une part d’être agréable à l’écoute mais surtout de donner envie d’en entendre plus, et ces deux points sont atteints. A partir de là, rien n’est gagné mais tout est possible. Déjà, sans crier au géni, j’ai très envie de voir ce qu’ils deviendront.

Pour télécharger le tout, allez faire un tour par ici ou par là

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