Les chansons thèmes des films des Terres du Milieu

Dans les films de Peter Jackson sur l’univers de Tolkien, le responsable de la musique est resté Howard Shore d’un bout à l’autre. Peut être aurons-nous l’occasion de revenir sur une ou l’autre des bandes originales, mais pour le moment, faisons un petit tour des chansons thèmes de chaque film.

Les chansons tiennent une certaine place dans les histoires de Tolkien. On dirait même que pour les peuples mortels des Terre du Milieu (et des autres continents), c’est par cette forme de culture orale que ce transmet l’Histoire d’une époque à une autre. Les lecteurs du Seigneur des Anneaux auront certainement gardé une impression ou une autre à propos des nombreuses chansons ou poèmes qui sont présentés.
C’est donc logiquement que dans les films, plusieurs personnages sont amenés à chanter, qu’il s’agisse de murmure, de chantonnement ou chants clairs et forts, voir en groupe.
Mais, je m’égare… Ici, ce sont les chansons de la bande originale que nous allons voir, qui n’en reste pas moins encrées dans leur contexte, et utilisée presque comme des éléments de l’univers.

Pour La Communauté de l’Anneau, C’est la chanteuse irlandaise Enya qui s’y colle, sur une chanson écrite et composée par elle-même et son groupe habituel. C’est le seul titre sur lequel Howard Shore ou son comparse Fran Walsh n’ont pas du tout mis le nez. Elle fut nominée aux Oscars, aux Golden Globes et au Grammy mais n’en obtins aucun. Dans certains pays la chanson s’est très bien vendue en single.

C’est une chanson associée aux elfes, sensée refléter leur espoir d’échapper à la période obscure qu’annonce le retour de Sauron. On notera d’ailleurs deux courts vers en Quenya, la langue des hauts elfes. Elle est diffusée sur le générique de fin et y apporte cette note mêlée de tristesse et d’espoir. Elle reflète également le côté épique du film et je la trouve très bien placée ainsi. Hors contexte il est difficile de retrouver cet effet.

Pour Les Deux Tour, l’équipe consacre une chanson à Gollum. Elle devait originellement être chanté par Bjork mais celle-ci n’ayant pu participer au projet, c’est une certaine Emiliana Torrini qui l’interprète. C’est peut être l’accent islandais, mais avant d’en savoir plus, j’avais pensé à Bjork en entendant la chanson, tout en sachant que ce n’était pas elle (notez au passage comment je me la racompte).
Elle n’est pas sortie en single et n’a pas vraiment été remarquée par la critique et les récompenses, à tors à mon humble avis.

Consacré à un personnage sévèrement torturée du ciboulot, la chanson conclue le deuxième film sur une note bizarre, maladive, qui ne laisse pas tellement de trace de la lueur d’espoir que constitue la victoire de la bataille en fin de film. On laisse les Terres du Milieu en pleine crise et la bande originale ne le fait pas oublier.

Pour ce qui restera à jamais la conclusion, la fin de toutes les histoires de Tolkien, on trouve Into The West, chanté par Annie Lennox (Eurythmics, Sweet Dreams etc.). La chanson a obtenu un Oscar et un Golden Globe, pourtant, pour moi c’est la moins marquante. Non seulement elle intervient après une fin de film superbe mais assez longue, mais elle fait plutôt banale pour du made in Hollywood.
Les mots Into the West restent pourtant très riche de sens dans le contexte de la Terre du Milieu, et correspondent à la situation.

Et cette année, on a eu droit au début des aventures de Bilbon le Hobbit, également soutenu par sa chanson de fin, interprété cette fois par Neil Finn.

Reflétant parfaitement le film, la chanson est plus légère, épique et enjouée, tout en gardant un léger aspect guerrier. Elle est consacrée aux nains, et est concrètement présente dans le film puisque c’est une chanson des nains à propos de la Montagne Solitaire et de leur soif de revanche. C’est pour l’instant la seule chanson dont le thème se retrouve également tout au long de la bande originale pour représenter la compagnie de Torin.

Nous aurons certainement encore droit à deux autres chansons avec les deux autres films de la franchise qui sont prévues fin 2013 et dans l’été 2014.

Sonata Arctica – The Days of Grays

The Days of Grays

Album sorti en 2009.

Sonata Arctica est l’un des groupes les plus connus du power metal mélodique des années 2000. Depuis Ecliptica en 99, ce groupe s’est fait remarquer avec un power metal assez jovial et rapide, et avec un sens affuté du tub efficace. D’ailleurs, c’est ce qui fait que Sonata n’est, pour moi, resté longtemps qu’un groupe juste sympathique à l’occasion, sans plus. Cependant avec Unia en 2007, Sonata a déstabilisé ses fans en proposant un album un peu plus lent, et qui ajoutait un léger aspect progressif un peu moins accessible dès la première écoute. Je n’avais pas réellement accroché pour autant mais j’avais alors apprécié la capacité du groupe à prendre des risques, tout en leur reconnaissant toujours un savoir faire indiscutable. Malgré cela, ça n’est que tardivement que je me suis décidé à écouter The Days of Grays, poussé par des critiques assez unanimement positives. Et ce n’est pas moi qui irai à contre sens.

Pourtant à première vue, la couverture est tout ce qu’il y a de plus cliché, Sonata nous offrant une imagerie nordique banale. Mais la musique, elle, se charge d’entrée de jeu de nous sortir des habitudes. Après quelques secondes de crescendo qui laissent présager d’un démarrage en trombe, « Everything Fades to Gray » se dévoile comme étant en fait une délicate instrumentale, assez finement travaillée avec ses lignes de clavier soutenues par des violons et violoncelles. Non, ça n’est pas qu’une intro à rallonge pour la forme, c’est bien un vrai démarrage, original et prenant. La suite multiplie encore les contre-pieds. « Deathaura » commence encore doucement au violon avant que les guitares et la batterie ne déboulent sans prévenir, frappant étonnamment fort pour du Sonata. Et alors qu’on attend la voix de Tonni Kakko d’une seconde à l’autre, le fracas de double pédale s’interrompe aussi brutalement qu’il est arrivé, pour faire place à une petite ligne de clavier façon B.O de Harry Potter, sur laquelle on découvre une voix féminine, celle de la chanteuse pop finlandaise Johana Kurkela, sur laquelle nous autres français n’avons normalement aucun à priori. A ce stade, le groupe est bien parvenu à nous enlever nos certitudes, et notre attention est totale. Maître Kakko peut faire son entrée, et le groupe peut entamer sa mise en place normale. Enfin normale, pas trop non plus, « Dithaura » étant une bonne grosse pièce aux accents progressifs très bien construite, ou Tonni et la chanteuse se répondent constamment, pour un résultat speed mais enchanteur faisant forcément penser à un certain Edward aux Mains d’Argent.

Hivernal, enneigé et magique, voilà l’atmosphère qui plane sur l’ensemble de l’album et qui lui donne son petit plus. Des chœurs discrets apparaissent régulièrement et parsèment le disque de « ouououou » virevoltants comme du vent chantant entre les parties de power metal. Le clavier de Mr. Klingenberg Tient une place prépondérante, et passe par de multiples sonorités qui apportent également beaucoup à l’ensemble et qui semblent généralement bien moins kitch qu’elles ont pu l’être. Ce clavier est ponctuellement soutenu par la section symphonique qui sait rester discrète, juste à la bonne place pour approfondir le son mais ne pas réellement transformer la musique du groupe en pompeux metal synpho. Même lorsque le label Nuclear Blast leur demande de placer quand même un single qui va bien, Sonata sait garder l’identité de l’album tout en rajoutant le refrain fait maison taillé pour le live (Flag in the Ground).

Pour le reste, les petits moments de bravoures se succèdent. La monté en puissance de « The Dead Skin », où Tonni nous présente sa récente maîtrise du cri suraigu et où les musiciens se payent une belle accélération en milieu de morceau. « Juliet » renoue avec le penchant romantique et là encore c’est Tonni qui s’illustre par son chant émotionnel et maîtrisé. « No Dream Can Heal a Broken Heart » Fait à nouveau appel à la chanteuse pop pour la parfaite illustration de tout ce qu’il y a de neuf sur cet album, une structure rondement menée mais plus complexe que le Sonata des débuts, un vocaliste au top et une ambiance délicieusement froide et enchanteresse. Même constat pour « The Truth Is Out There » et son jeu de clavier entre piano envoûtant et solo puissant, presque arabisant sur sa fin, alors que l’harmonie entre celui-ci, le chant, les chœurs et le reste offrent un final digne de ce nom. La véritable dernière piste est une seconde occurrence de « Everything Fades to Gray » mais avec paroles, et avec un texte qui mérite l’attention.

Histoire de relativiser, signalons les deux balades qui me laissent totalement de marbre, et le fait que l’album reste très power dans l’âme et ne s’ouvrira donc pas facilement aux non convaincus, malgré sa qualité qui en fait après tout un bon ambassadeur.
Je trouve à « The Days of Grays » une véritable aura, une vraie petite atmosphère Burtonienne et nordique qui s’ajoute à l’agréable de la musique de Sonata. L’album sonne comme un adieu forcé au passé adolescent, naïf et coloré du groupe, tout en en conservant une poésie certaine, une magie quelque part dans l’atmosphère alors qu’un cap vient d’être franchi. Entre deux ages, cet album reste comme une petite pépite dans la discographie du groupe.

Zebda – Second Tour

Second Tour

Album sorti en 2012.
Plus d’infos ici

Pour un très large public, Zebda, c’est surtout l’auteur du tub de l’été de 98, Tomber la Chemise. Mais ceux qui, alors, c’était penché sur le groupe, avaient pu découvrir pourquoi Zebda est devenu un vrai emblème de la scène musicale toulousaine. En ce temps où il était possible de faire un tub de l’été avec une chanson qui a autre chose à dire que « oh que c’est bien de danser l’été », le groupe avait sorti un album qui frisait la perfection, qui résumait en une quinzaine de titres tout leur art et leur savoir faire. Le succès et la vie de groupe étant ce qu’elle est, Zebda nous avait quitté sur un « Utopie d’Occase » bien plus perfectible qui a bien faillit avoir leur peau. Mais des années après, expériences diverses, activisme musical et persévérances dans leurs idées ont fait leur travail sur les trois leaders de Zebda, et les voilà prêt a remettre le couvert pour un « Second Tour ».
Comme avec chaque retour de groupe talentueux, on se méfie des retrouvailles tardives. Le public évolue, la musique et ses artisans aussi. Mais, amoureux du message et de la musique de Zebda que nous sommes, nous ne demandons qu’à être convaincu par cette nouvelle offrande.

La diversité culturelle, c’est un maître mot pour les gars de Zebda, et leur musique ainsi que leurs textes n’en sont que perpétuelles illustrations. Aucune crainte à avoir, tout ça n’a pas bougé d’un iota, et n’a pas pris une ride. La musique est un melting-pot d’influences diverses, qui donne quelque chose de forcément très caractéristique du groupe. Il en devient presque difficile d’identifier exactement pourquoi on pense à du rock, a de la chanson française, a du raga, du hip hop ou à du raï. Qui d’autres arriverait à marier des guitares sèches et électriques, de l’accordéon, une batterie très éclectique, des instruments et percutions orientales, des cuivres, et même quelques semples, tout en restant très cohérent et efficace ? On avait pu noter par le passé que les chansons plus posées pouvaient constituer des moments de faiblesses et plombaient certains de leurs albums, mais là encore le temps semble leur avoir indiqué la bonne formule. On aura du mal à dire que « Les Deux Ecoles », « Le Théorème du Châle » ou « Harragas » ne sont pas de bons moments du disque. La première en est même un excellent, dans une veine chanson française très travaillée, qui permet aux trois vocalistes de s’installer un après l’autre alors que la musique débute très acoustique pour prendre un envol plein de cuivres et d’accordéon chaleureux. Le refrain de cette chanson nous rappelle comment les trois voix savent bien s’accorder quand elles chantent simultanément. Les deux pistes suivantes réinstallent Zebda dans leur décor le plus connu, à savoir quelque chose de plus enjoué et dansant. On y rattachera « Les Proverbes », dans le même esprit tubesque de Zebda, comme avant. Impossible et inutile de lister tout ce que le disque propose comme petite trouvaille ou tentative, la musique est bossée, bossée, et encore bossée, pour être tout simplement riche et variée d’un bout à l’autre, du moins au regard du style pratiquée.

Les paroles reflète toujours leur ouverture d’esprit, et les réflexions autour du multi culturalisme, tout en rejetant extrémismes et intégrismes, d’où qu’ils viennent. « Le dimanche autour de l’église » est une parfaite synthèse des idées développées ailleurs, certes souvent déjà abordées par le passé. On tiquera de temps en temps sur certaines rimes franchement foireuses (« C’est quoi ces filles qui se cachent, est ce qu’elles jouent à cachecache ? C’est l’été on dirait l’hivers, quelqu’un a dut dire sortez couvert.»), mais globalement Zebda garde son approche de la langue pleine de références, de petits jeux de mots et de double sens. De plus, mise à part une allusion moyennement fichue à Brice Hortefeux, ils ont su resté assez intemporels pour que l’album ne perde pas son sens une fois passé le contexte de 2012.

Ce Second Tour risque de ne pas vraiment élargir leur public, mais satisfera celui-ci, ce qui est déjà pas mal. Il n’égale pas le grand frère « Essence Ordinaire », mais est incontestablement un bon cru de Zebda, surtout pour un Zebda ressuscité. Quelques chansons un peu en retraits, moins percutantes, et des paroles parfois un peu bancales (pour du Zebda) sont les seules choses concrètement dommageables, mais qui n’empêchent pas de reconnaitre une fois de plus le talent de ce groupe français à l’ambiance unique et enthousiasmante.

Les clips :

The Gathering – Disclosure

Disclosure

Album sorti en 2012.
Plus d’infos : ici

Personnellement, The Gathering sans Anneke Van Giersbergen, je n’y croyais pas une mmmminute. D’ailleurs The West Pole, je n’ai fait que vaguement le survoler. C’est vrai quoi… Avant Anneke, au début des années 90, The Gathering n’était qu’un groupe de doom death trop ordinaire. Et paf, recrutement d’Anneke, puis sortie de Mandylion en 1995, un album qui s’est fait une petite place dans l’histoire du metal. Depuis, je ne dis pas que j’ai accroché à tout, mais je sais reconnaître un groupe qui est toujours allé de l’avant, et est toujours resté intègre. Et puis en 2006, après une lente mais inéluctable mutation stylistique, Home, le dernier album avec Anneke, et un de mes grands classiques personnel. Le reste, on l’a déjà évoqué, plus d’Anneke, The West Pole, mais sans moi à l’écoute.
Pourtant quand les premiers sons extraits de Disclosure apparaissent, me voilà pris d’un doute, déjà presque d’une certitude. Et si j’avais enterré la confrérie hollandaise trop vite ?
Réaction immédiate, me voilà sur le site du groupe dès la sortie de Disclosure, offrant subitement avec confiance mes 7 € en échange du téléchargement de l’album et de sa doc numérique. Oui, j’aime cette démarche du groupe qui depuis longtemps déjà a pris le parti de s’auto produire, de se débrouiller quoi. Et c’est parti pour 8 titres. Comme quoi, ça peut suffire.

La confrérie se comporte déjà depuis longtemps en expérimentateurs sonores, sur leur créneau trip rock déjà si particulier. Rien d’abstrait ou de réellement barré derrière ce terme d’expérimentation, mais le trip rock étant déjà un sous genre assez peu exploité, le groupe l’explore, le défriche, en y travaillant énormément leur son, leur mix, leurs atmosphère. Disclosure, c’est ça, sans fioriture, sans surplus, juste une parfaite continuation de ce travail.
Pour rester dans les éléments globaux, on constate une avancée des éléments issus du trip hop, à commencer par l’ajout fréquent de violons ou de cuivres. De plus, La base de la musique reste tout à fait naturelle et organique, mais le travail sur les effets est devenu primordial. Alors que j’aurais tendance à dire que ce genre de traficotage sert bien souvent de cache misère, ici la critique ne m’effleure pas. Rappelons que les deux frères compositeurs sont tout de même batteur et guitariste du groupe. On ne s’étonnera pas alors qu’ils usent d’artifices pour embellir leur jeu et non pour le remplacer. Sur toute la durée de l’album, ces instruments prennent ainsi un grand nombre de tonalités, d’aspects différents, allant du plus arrangé au plus brut, et ce, toujours intelligemment. Par exemple, quoi de plus respectueux du son simple d’une batterie que cette intro de « I Can See Four Miles », où l’on a l’impression de se rapprocher petit à petit de la pièce où Hans Rutten joue ? Alors qu’à la fin de « Meltdown », le travail de production envoie cette même batterie à la frontière d’un son de beat box.
Les éléments qui pouvaient encore renvoyer au metal se raréfient, restant souvent dans une veine rock. Les cordes en premier lieu, subissent le même traitement soignée mais prennent moins souvent un caractère grondant et compact qu’avant. Le chant également, travaille surtout sur la fibre mélodique et émotionnelle.
Le chant ? Mais on n’a même pas parlé de Silje Wergeland ! Ca veut déjà dire qu’elle ne fait pas tâche, ce qui, vu la mission qui lui incombe, est déjà une victoire. Comme souvent après ce genre de délicat changement, après l’album bancal de transition vient la nouvelle assurance. C’est bien le cas. La scandinave n’a définitivement pas un timbre aussi puissant et unique qu’Anneke, mais elle trouve ça place, grâce a un chant juste, sincère et convainquant.

On se promène ainsi entre douce rêverie et mélancolie, souvent mêlée au sein d’une même chanson. La formidable « Heroes For Ghosts » est le sommet de la facette mélancolique et un vrai temps fort de l’album. Sur la fin, elle se permet même une monté en puissance, une pointe plus épaisse et menaçante où Silje se montre finalement assez à l’aise. La rareté de ces instants d’obscurité latente ne fait que les rendre meilleurs. Ailleurs, quand le groupe décide d’insuffler un petit peu plus d’énergie, c’est en lorgnant vers des aspects rock, voir pop (mais que ce terme ne rebute personne ici), surtout en début d’album. La première partie de « Meltdown » en est le meilleur exemple. Le tout est donc plutôt varié et cohérent, et permet une écoute d’un trait agréable et bien dosée.
Je n’arrive même pas à reprocher au groupe le fait d’avoir réemployé un même thème 2 fois sur « Gemini I » et II, puisque « Gemini II » ne fait pas redite pour autant et conclu l’album sur une note planante et épurée qui ne choque pas.
Disclosure n’est pas une révolution musicale non plus, mais un très bon petit album relativement discret vu le passé du groupe, et une bonne surprise de 2012, qui devrait vieillir honorablement. Merci The Gathering.

Du son et un clip, avec les chansons identiques aux versions album svp, donc profitez !

Introduction au Devin Townsend Project

Je pense que j’aborderai tôt ou tard un ou plusieurs album du Devin Townsend Project.
En attendant, je ne résiste pas à l’envie d’en faire une rapide présentation, à la fois pour le plaisir et pour éviter les répétitions inutiles par la suite.

Habituellement, quelqu’un qui a déjà posé une oreille sur un des nombreux disques auxquels Devin Townsend a participé, s’en rappelle. Cet artiste canadien particulièrement prolifique a une patte assez reconnaissable, souvent vite associé au terme folie. Il faut dire que le bonhomme n’a pas pour réputation de n’abuser que du Périers citron et de la salade verte pour parvenir à composer. Si une aura aussi hallucinogène plane au-dessus de ses anciennes œuvres, ça n’est pas qu’un hasard. Dans cet état, il a fait vivre le groupe Strapping Young Lad et s’est aussi fait une carrière solo très solide.
Cependant, Devin a décidé de ne plus dépendre de substance diverses pour parvenir à la création. Cette sage décision a entraînée une petite période de trouble artistique, avant qu’il ne revienne aux affaires avec un projet ambitieux. Sobrement intitulé The Devin Townsend Project, cette nouvelle entité musicale était programmé pour accoucher de quatre albums, ni plus, ni moins. Finalement, un cinquième chapitre verra le jour en 2012, mais je le placerai un peu à part de la tétralogie originale. A chaque fois, le propos sera différent, et les musiciens participants également. Les quatre sont sensés être liés, ne former qu’une grande œuvre. Sorti entre 2009 et 2011, le Devin Townsend Project est une tétralogie musicale assez osée, particulière, et, il faut bien le dire, prenante. Devy lui-même décrit les disques comme étant un apéritif, deux repas et un dessert. Alors à table, mais soyez prévenu, la digestion sera parfois difficile, et à la sortie vous aurez mangé pour un moment.

Dans l’ordre, on trouve d’abord Ki, puis Adicted, Deconstruction et Ghost, auquel est maintenant venu s’ajouter Epicloud.
Pour se procurer tout ça, outre l’achat séparé de chaque disque, il existe une édition qui réunit Déconstruction et Ghost, ainsi qu’une box intitulée Contain Us, qui regroupe les 4 disques, plus 2 CD de titres bonus et de démos, et des DVD au contenu divers. Autant dire, un bel objet de collection. Je n’ai parcouru que la tétralogie elle-même.
Et pour les amateurs absolus, une box intitulée By A Thread propose un contenu vertigineux, à savoir 4 concerts reprenant chacun un des albums dans son intégralité, plus quelques rappels divers. L’objet ultime de Townsend à posséder si on a la place à la maison, puisqu’il y a quand même 4 DVD et 5 CD audio.

J’espère pouvoir détailler un peu tout ça plus tard…

Nightwish – Imaginaerum

Imaginaerum

Album sorti en 2011.
Chronique rédigée en 2012.

Il était franchement difficile de dire à quoi s’attendre avant la sortie d’Imaginaerum en 2011. En effet, qu’attendre de Nightwish ? Un groupe qui s’est hissé au rang des quelques monstres sacrés actuels du metal, et qui en a même partiellement franchi les frontières. Pour en arriver là, le groupe n’a eu de cesse de faire évoluer sa musique au fil de sa discographie, décevant toujours une partie de ses fans mais en amassant parallèlement toujours plus. Et quand le groupe ose en 2006 se mutiler d’un de ses emblèmes les plus fort, à savoir sa chanteuse, il signe sa condamnation ultime à devoir aller de l’avant, et l’Internet ne se remet pas encore tout à fait des réactions des auditeurs. Il en a résulté en 2007 un « Dark Passion Play » qui montrait Nightwish plier, mais ne pas rompre.
C’est donc sagement que le groupe a pris son temps avant de proposer du neuf. Et Imaginaerum, c’est pour Tuomas l’heure d’utiliser ses moyens devenus conséquents pour réaliser un projet réfléchi, soit disant, de longue date. Un album dont le concept et les thèmes musicaux serviraient de base à la réalisation d’un film.

Pas d’inquiétude, le concept n’emporte que rarement le disque hors de ces objectifs. A l’heure de cette rédaction, la France n’a pas vu le film qui en sera inspiré, et pourtant l’album s’est présenté comme une œuvre complète à lui tout seul, porteuse d’une identité et d’un univers. Au cœur du propos, le thème de l’innocence, déjà très largement évoqué par Nightwish par le passé. Mais cette fois, Tuomas ne se focalise pas sur la perte inévitable de l’innocence avec le temps. Il nous plonge dans l’univers d’un vieil homme qui parcours encore et toujours le parc d’attraction que représente ses impressions d’enfant.
En conséquence, nous tenons là l’album le plus lumineux, le plus féerique de Nightwish, loin des doutes et noirceurs de Dark Passion Play ou de Century Child. Pour créer cette ambiance, les finlandais se laissent volontairement disputer la vedette par l’orchestre philharmonique de Londres, ses mythiques chœurs (dont celui des enfants) et même par le musicien irlandais Troy Donockley qui est omniprésent sur beaucoup de titres, poursuivant l’orientation du groupe vers cette aura celtique qui avait commencé à poindre dernièrement.

Imaginaerum, qu’on l’aime ou pas, marque déjà son temps par son approche du metal symphonique. Le savoir-faire avec lequel l’intro est menée, explosant les clichés du genre, ou le temps que le groupe sait donner à l’orchestre pour aérer les compos et l’album en général, sans jamais perdre le fil, sont autant d’éléments marquants sur cet aspect. Les divers intervenant ont retrouvés une unité qui fait plaisir, à commencé bien sûr par le duo de vocalistes Anette/Marco.
Difficile de tout passer au peigne fin. On pourrait parler des tubs façon Nightwish que sont « Storytime » ou « Last Ride of the Day », sur lesquels on sent la nouvelle assurance D’Anette et où on devine de nouveaux hymnes pour le groupe. On pourrait parler de leur nouvelle façon d’appréhender les balades, allant vers une sorte de pop travaillée et inspirée. On pense alors à des groupes comme The Corrs pour l’aspect celtique, ou bien entendu à des compositeurs de bandes originales, dont Ennio Morricone à qui un clin d’œil est volontairement placé sur « Turn Loose the Mermaids ». Et bien entendu, on pourrait parler des vraies moments à part, dont d’abord « scaretale », le théâtral train fantôme du parc Imaginaerum, inspiré de l’atmosphère de la maison hanté de Disneyland Paris. Le résultat n’effraie personne mais emporte le groupe vers de délicieuses envolées caricaturales et délirantes (dans le bon sens). Aussi, « Slow, Love, Slow », la prétentieuse balade jazzy, sur laquelle Anette fait des merveille. Encore, « Arabesque », l’interlude instrumental de luxe, à la fois hollywoodien et tribal. Bref on pourrait continuer encore un moment à faire le tour des traits de bravoure, puisque chaque piste mériterait un commentaire.

Comme on n’a pas non plus entendu dire qu’Imaginaerum était le chef d’œuvre absolu, on pourra lui reprocher deux trois petites choses concrètes. En premier lieu, de foirer sa fin. En effet la seconde partie de « Song of Myself » se perd en longueurs instrumentales ornées de textes lus par divers intervenants, ce qui est assez peu concluant. Et le titre final, en voulant se contenter d’orchestrations, ne fait que reprendre les thèmes principaux de l’album à la manière d’un générique de film, et il faut bien avouer qu’on ne se laisse pas souvent aller à l’écouter sérieusement malgré la prestation de l’orchestre de Londres.
En second lieu, il faut bien reconnaître que les parties heavy jouées par le groupe sont un peu trop lisses et propres, un peu trop sages. Avec des « Scaretale », « Rest Calm », ou « Last Ride of the Day », la section metal sait tirer son épingle du jeu, placer quelques bons soli de guitare, mais que serait vraiment « I Want my Tears Back » si Troy Donockley ne rattrapait pas le coup, et cette intro de « Ghost River » si l’orchestre ne venait pas gonfler les rifs. Mais soyons francs, c’est bien pour faire les difficiles.

Pas de doute, Tuomas a fait là un nouvel album qui fait honneur à son groupe, car il est à lui tout seul un petit tout, pas seulement une nouvelle cuvée de chansons, étonnant de cohérence dans sa complexité. Pour l’histoire du groupe, Imaginaerum est aussi totalement cohérent, poursuivant la lente mais perpétuelle évolution stylistique, qui désormais n’a plus aucune raison de confiner le groupe à la seule sphère metal tant il sait s’ouvrir et s’imprégner d’autres idées au besoin. Du très très bon !

Clip : (Qui se permet d’être plus court que sur album, un comble pour une chanson déjà taillée pour être un single.)

La bande annonce du film Imaginaerum :

Nothing Else Matters dans tous ses états

Nothing Else Matters, c’est tout d’abord LA balade de Metallica. Elle est extraite du Black album, sorti en 1991, l’un des albums de metal les plus connus au monde (mais pas forcément le plus vendu comme on peut parfois le lire). Mais surtout, c’est un tub des années 90 qui a largement réussit à passer la barrière du grand public. Du coup, elle peut rappeler à Emilie et Jérôme (oui, ou à Mathieu et Sophie si tu veux, ça marche aussi) leur première langue en bouche au milieu de la piste de la boum de fin d’année.
Pour les metaleux poilus des années 80 les plus puristes en revanche, c’était l’emblème de l’apparission de la facette accessible de Metallica, ou de la facette « commerciale » comme ils disent trop souvent. Les albums Load et Reload qui suivirent respectivement en 1996 et 97, ont beaucoup souffert de cette appellation.
Pour prouver un succès, il faut aussi cette part de détracteurs.

Mais cette chanson n’a pas provoqué que des irruptions hormonales ou urticaires selon le cas, elle a aussi marquée son temps artistiquement, et nous allons ici faire un rapide petit tour des reprises les plus connues. Il en existe bien d’autres.

- Mais avant tout, place à l’originale :

- Une petite version live enregistrée aux arènes de Nîmes, avec son solo intégré, provenant du DVD « Français Pour une Nuit ».

- Du live symphonique, issu de l’album S&M, avec un James Hetfield dans sa période « j’en fait beaucoup trop »:

- La splendide reprise d’Apocalyptica, instrumentale, malheureusement plus courte ici que sur album.

http://youtu.be/9Hssb3Do42w

- Version live de Chakira, avec intro qui fait regretter le solo, et suite étonnamment honnête et risquée :

- Version chant grégorien (si si) :

- Version Doro, ou re metal pareil mais pas pareil :

- Version émotion sur le dancefloore (fallait bien que ça arrive) :

Van Canto – Break the Silence

Break the Silence

Album sorti en 2011.
Chronique rédigée en 2012.
Plus d’infos ici

Rakkatakkatakkata, dandandandum, dandandandum… Hum excusez-moi… C’est Van Canto, ça peut laisser des traces sur un auditeur. Et je ne sais pas si c’est l’élan juste un an après la sortie de leur dernier album ou l’émission sing off sur TF1, mais les metaleux a cappella allemands sont revenus chanter la guitare et la basse sur une nouvelle galette en 2011. Ca n’a pas suffi pour qu’ils les invitent d’ailleurs sur TF1… Tant mieux, c’est bon signe ? Oui possible mais passons et parlons de cet album.

Un rapide coup d’œil à la track list, et on s’aperçoit que l’idée globale n’a pas changé. Pas mal de nouvelles compositions du groupe, et quelques reprises et invités de luxe. Et en citant les groupes repris, Sabaton, Alice Cooper et Manowar, ça nous permet également de cadrer assez bien le style pratiqué, à savoir du power thrashisé par moments, mais bien entendu presqu’uniquement exécuté à la bouche et à la batterie. Une légère bruine de postillons est a craindre au premier rang, sortez couverts.

Les chanteurs fous nous accueillent en chœur sur l’intro de « If I Die in Battle », non sans une certaine majesté, avant d’exploser dans leur habituel power mélodique qui fait mouche sans problème pour nous mettre dans le bain. Au rayon des constats sonores, il semble que le mix des voix soit un peu moins surfait que sur Tribe of Force, en essayant tout de même de garder les préposés à l’imitation de basse et de guitares sur leur espace sonore normal. La batterie en profite pour s’imposer un peu plus, sans trop en faire, mais la voilà maintenant un peu plus costaude. Le chanteur principal a sûrement décidé de ne pas se laisser faire car lui aussi monte le volume d’un cran, comme il avait une fois ou deux pu le faire par le passé, sur Master of Puppets par exemple. Pas d’inquiétude, le timbre ultra mélodique est là aussi. En guise de solo, on retrouve l’habituelle technique de la saturation du micro qui n’a rien perdu de son effet. Mais alors, quoi de neuf à la chorale ? Ceux qui se sont déjà habitués à la bizarrerie de ce groupe n’ont-ils rien de vraiment neuf à se mettre dans les esgourdes ? Et bien entrons un peu dans les détails, mais comme vous l’avez compris, on est globalement dans la continuité plutôt que dans la révolution.

En grand symbole de ce constat conservatiste, « The Seller of Souls », le premier titre choisi pour passer par la case clip, tout simplement parce qu’il est calibré pour ça (autant que du Van Canto puisse être calibré pour la diffusion). « The Higher Flight »se la joue un peu plus thrashy pour garantir le headbang, et on ne peut pas dire que ça ne marche pas. Mais au-delà de ces valeurs sûres, les morceaux sans prise de risque ne sont pas franchement renversants. On note le break rythmiquement bien bossé et toujours aussi impressionnant sur « Dangers in My Head », mais ça ne fait pas un morceau. Idem pour « Neuer Wind », qui a pour seule spécificité d’être chanté en allemand. Vu le message hautement puissant porté par le groupe, c’est important de changer de langue un peu. Ces pistes, avec d’autres, n’ont rien de désagréables dès lors qu’on adhère au groupe, mais ne proposent rien de neuf. Un poil plus calme, un poil plus thrash, une reprise exécutée bucalement impeccablement, un poil plus de chant féminin, c’est bien tenté mais ça ne suffira pas.

Pas de panique, il y a quand même de quoi attirer notre attention par-ci par-là. Le petit passage Sabaton se permet de faire intervenir Joakim Brodén lui-même à partir du deuxième couplet, et les Van Canto parviennent a conserver l’aspect martial de la musique. Autre guest qui vient varier les plaisirs, Marcus Siepen, la guitare de Blind Guardian, sur la balade « Spelled in Water ». Forcément, le résultat a immédiatement un côté « The Bard Song », et on s’attend presque à entendre débouler Hansi Kursch. Autre rare instrument présent lui aussi sur une balade, le clavier sur « Master of the Wind », qui vient accompagner la dame du groupe, les messieurs étant relayés dans les chœurs. C’est probablement la reprise la plus intéressante, qui confirme le grand savoir-faire de la chanteuse. Le reste des temps forts se situe sur les pistes bonus, avec tout d’abord une nouvelle intrusion d’arrangements symphoniques pendant « Betrayed », à l’effet épique tout aussi réussi que sur « Magic Taborea » de l’album précédent. Mais surtout, c’est « A Storm to Come » qui impressionne. Cette chanson est un bon gros missile power mélodique long format, qui rappelle presque du Rhapsody Of Fire avec ses passages narrés et ses chœurs. Mais pourquoi l’avoir mis à cette place de bonus? Du coup, l’édition avec pistes bonus est fortement conseillée car porteuse de vrai plus pour l’album, sauf « Bad to the Bone » qui est complètement dispensable.

La formule du groupe commence à être connue, et leur technicité vocale est toujours au rendez-vous. Ceci-dit l’effet de surprise n’y étant plus vraiment, il faut bien admettre que l’album n’apporte rien de bien nouveau. Le power mélodique, entraînant et positif s’estompe même au profit d’une veine pseudo heavy qui fait un peu moins mouche, qui manque d’émotion, d’énergie, enfin de cette petite étincelle supplémentaire. Pas de catastrophe non plus, Break the Silence remplit son contrat et reste sur le créneau bien spécifique de Van Canto, tranquillement mais sûrement. On ne s’en fait pas pour l’avenir de ces marginaux là.

Les clips :

Amaseffer – Slaves for Life

Slaves for Life

Album sorti en 2008.
Chronique rédigée en 2012.
Plus d’infos ici

Amaseffer est un projet ambitieux né de deux musiciens israéliens. Leur but, faire des concepts albums autour de l’ancien testament. Plus qu’une simple inspiration, ce thème constitue la vraie raison d’être de leur musique, qui en devient presque cinématographique tant elle se plie à l’histoire racontée, et non l’inverse. Pour arriver à ce résultat, ils ont su s’entourer de personnalités reconnues. En tête de file, Mats Levin, qui a un passif de bon bourlingueur. Pour le seconder au chant, nul autre que Kobi Farhi d’Orphaned Land, tout de même un symbole du metal made in israel. Celui-ci assurera la partie disons traditionnelle du chant, celle qui dépayse et sort des registres habituels du metal. Avec ce petit monde au casting, nous sommes fin prêt pour une écoute qui s’annonce longue, mais divinement dépaysante et prenante. Le thème de cet album, l’épisode de l’exil.

Une page vierge que l’on installe, et un narrateur pose les premiers mots de l’histoire. Pour nous autres auditeurs, ces bruitages laissent presque immédiatement place à ceux d’une charrette tirée par un cheval, lentement, dans le désert égyptien. Une guitare acoustique et une vraie flûte arabe se charge de nous accueillir posément. La piste de loin la plus courte de l’album, mais une mise en route parfaite pour entrer dans l’atmosphère de ce contexte. « Slave For Life » arrive alors, et avec elle le démarrage du power progressif, et des deux chanteurs. Cette chanson est une des seules à avoir un refrain, mais à part ça elle présente bien ce qui nous attend, à savoir du power assez lent pour le genre, et surtout très progressif et très ambiancé, via notamment un clavier omniprésent au sonorités variés, et de nombreux bruitages. Le thème des esclaves hébreux donnent logiquement une chanson assez douloureuse, très bien porté par les vocalises de fin de Farhi.

La piste suivante s’ouvre sur une orchestration qui bien qu’artificielle, ferait presque hollywoodienne pendant un moment, avant que les couleurs orientales ne ressurgissent. Et c’est sur ce qui aurait pu être un beau refrain simple de power (sauf qu’il ne reviendra pas par la suite), que le prophète voit le jour, avant que sa mère ne soit contrainte de l’abandonner aussitôt sur le Nil.

Des années après, « Midian » présente Moïse qui entrevoie son destin, sur un bon mélange de parties métal posés et d’autres plus arabisantes. Un jour, celui-ci précipite ce destin en défendant une innocente maltraitée par 2 égyptiens. Un passage intense, avec une pointe de chant death, la seule. Le meurtrier, à grand renfort de bruitages et de voix, et contraint à la fuite.
Réfugié dans une oasis au milieu du désert, Moïse fait la connaissance de « Zipporah » (oui Sephora quoi), et c’est pour nous le temps de la balade. Amaseffer évite là de la plus belle manière le piège de la ponte de chamalo en proposant une vraie balade du désert égyptien, avec percussion, guitare spécifique, et surtout chant féminin en langue originale (que je ne tenterais pas de nommer sous peine de me planter à coup sûr). Loin d’être un interlude, cette chanson est une vrai oasis même pour l’auditeur, un passage original et sacrément bien mené sur lequel les 3 voient s’entremêlent pour un résultat tout simplement enchanteur.

La seconde moitié du voyage, qui s’étend de l’apparition de dieu sous forme du buisson hardant (« Burning Bush »), jusqu’au voyage du peuple hébreux dans le désert, souffre de davantage de longueurs, la faute surtout à de trop longs passages instrumentaux où de chants orientaux. Si ces passages apportaient un plus par rapport au rôle tenu par les divers solistes sur le reste du disques, l’intérêt serait sauf, mais ça n’est pas franchement le cas. On aura quand même droit à dix plaies d’Egypte intenses musicalement et du point de vue mise en scène (si j’ose dire), et à un final digne de ce nom, usant de chœurs sur un refrain qui reflète l’espoir des exilés.

D’un point de vue plus global, comme le laisse entendre le tour d’horizon que nous venons de faire, la production est à la hauteur des ambitions. Sans les moyens d’un grand groupe de metal synpho, Amaseffer parvient à nous emporter avec eux facilement. Les deux musiciens initiateurs du projet, batteur et guitariste du disque, ne donnent pas dans la démo de technique, préférant renforcer la patte metal oriental qu’on reconnaît bien. Même si la guitare sait se faire parfois plus tranchante, elle reste globalement très mélodique et tout à fait dans le ton. D’ailleurs, ceci permet adroitement de limiter les cassures entre les parties metal et les parties clavier, flutte et ambiance. Autre instrument de cohérence globale de l’album, Mats Levin dont il convient de souligner la prestation. Sa capacité à faire passer des émotions est plutôt remarquable. Des moments de désespoirs et d’autres plus lumineux côtoient des pointes plus intenses qu’on associera aussitôt à Tobias Sammet (Edguy, Avantasia) tant leur voix peuvent se ressembler parfois. Sans oublier « Zipporah » qui sort de tout registre heavy et où il se montre tout aussi émotionnel.

La formation visait haut, et globalement leurs épaules ont supporté le poids du défi. Certaines longueurs sont à déplorer, qui rende l’album difficile à digérer d’un trait, sans compter que le style progressif demande souvent un minimum d’écoute pour être pleinement apprécié. Mais le concept ambitieux, les moyens qu’ils se sont donnés pour le faire et l’envie certaine de bien le faire qui se dégage du disque le rende assez unique en son genre. Et après plusieurs années où on a pu croire le projet mourrant, un nouvel album devrait finalement voir le jour en cette année 2012, et on le souhaite au moins aussi bon et envoûtant.

Pain – You Only Live Twice

You Only Live Twice

Album sorti en 2011.
Chronique rédigée en 2011.
Plus d’infos ici

L’hyperactif multi-instrumentiste suédois Peter Tagtgren, en cet été 2011, ressort son one man band Pain pour un septième album. Ce type ne s’arrête jamais, à ce demander s’il dort entre 2 sortie d’Hypocrisy ou de Pain, les concert, la production des galettes des autres etc. Et il y en a qui trouve le temps d’écrire des chroniques… Le pire, c’est que tout ce qu’il entreprend se couronne toujours d’un bon petit succès au minimum, quand ça n’est pas un carton. Du coup, même si on se pose toujours des questions avant d’attaquer une nouvelle production d’un bon groupe, on se doute bien qu’un nouveau Pain aura quoi qu’il en soit quelque chose à défendre. Enfin, par habitude je dis « groupe », mais rappelons qu’en studio, Pain c’est uniquement le travail solitaire et acharné de Peter Tagtgren.
Nuclear Blast Record oblige, on se retrouve encore avec une simple pochette transparente en guise de boîtier… Oh ça va, je déconne, c’est un gros fourreau carton avec un digipack pour chaque CD (l’album et les bonus), toujours aussi peu écolo mais classe. Neuf titres sur l’album, neuf bonus. Mmmh, le doute m’habite alors. Pour un groupe qui fait dans la chanson efficace, relativement courte, ça fait peu de titres et beaucoup de bonus. D’un autre côté, il y a souvent une ou deux chansons à jeter sur chaque album de Pain, alors c’est peut être une bonne idée. Allez, arrêtons les suppositions, et écoutons.

Dès qu’on a pris « Let Me Out » dans les dents la première fois, on se pose avant de continuer, car pour une intro, ça c’est une intro. La rythmique fait des envolées rapides, l’électronique tourbillonne, et Peter étale ses divers registres vocaux avec classe. Et ce refrain messieurs dames, ce refrain ! Voilà une bonne grosse claque qui donne envie de continuer. Et globalement, le reste n’est pas aussi percutant mais reste sur cette bonne lancée. La production, comme on s’en doute avec le bonhomme, est au poil, parfaitement équilibrée. Elle rend encore une fois à la musique de Pain cet aspect froid et cybernétique. J’insiste, mais au delà du simple son en béton armée, habituel des grosses production suédoises, le mix reflète le professionnalisme de Peter. Chaque son est à sa place, et mis en avant ou en retrait juste quand il faut.
Les guitares gardent ce son épais typique de l’indus à la Rammstein. La batterie est plus variée qu’avant puisqu’elle ne se contente pas toujours de ne marquer que le rythme. Et pour cause, c’est le seul instrument pour lequel Peter s’est décidé à engager un musicien de studio. L’électronique est omniprésente, à coup de petites mélodies et nappes bien placées. Le chant use toujours autant de la superposition, qu’il s’agisse de chœurs artificiels en chant clair ou de couches clair/death.

Plutôt qu’une suite de Cynic Paradise, ce You Only Live Twice remonte davantage du côté de Dansing with the Dead, en plus costaud. La chanson qui donne son nom à l’album ressemble même un peu trop à « Same Old Song » sur Densing With the Dead, comme quoi le titre était bien trouvé. Même rythme, même principe de la mélodie puissante et relativement lente sur le refrain, avec couplets en chant clair etc. Ailleurs, cette ressemblance reste relative à une certaine ambiance et l’album a clairement sa personnalité. Peter lorgne parfois vers son autre groupe Hypocrisy, via des passages très typés death mélo et un chant death un peu plus présent (« Let Me Out », et « Monster » surtout). Le single « The Great Pretender » et « We Want More » sont celles qui marquent le passage de Cynic Paradise, avec leur rythme binaire, leur côté dansant au son de mélodies électroniques entêtantes, soutenues par des riffs massifs mais bateaux. « Dirty Woman » tente l’originalité en proposant quelque chose de plus heavy, une touche de hard rock metalisé par la production. C’est l’occasion de redire que les filles c’est pas bien, thème décidément récurrent, mais assez marrant cette fois. « Feare the Demon » aussi parvient à se démarquer, avec son ambiance martiale et malsaine, évoquant un peu Samael dans leurs heures les plus électros.

Bon et ce CD gorgé de bonus alors. Et bien il commence par la seule vraie chanson bonus, qui, bien qu’elle puisse ressembler à d’autres pistes, est plutôt sympa et aurait pu trouver sa place sur l’album. Mais que voulez-vous, il faut bien pousser les gens à se procurer au passage les divers remix et lives qui suivent. Quoi qu’il en soit, je préfère toujours largement ça aux habituels DVD bonus proposés par tant d’autres groupes, avec un reportage sur l’enregistrement, plein d’auto satisfaction, en suédois sous-titré anglais. Surtout que pour le coup, les remix sont plutôt sympas, ceux de « The Great Pretender » et « Leave Me Alone » surtout, apportant une vrai autre vision des morceaux. J’imagine presque « The Great Pretender » passer sur un manège avec le forain qui bonimente des sensations fortes à pas cher. Quant aux chansons live, je ne vais pas détailler, c’est potable, mais en aucun cas indispensable.

Pain continue sur sa lancée, et apporte son lot de nouveautés sans jamais se trahir. Cet album semble plus maîtrisé que jamais, un petit peu plus technique aussi. Cette stabilité et cette bonne qualité compensent la durée un peu courte. Ceci dit, je soupçonne vraiment qu’il puisse rapidement lasser après plusieurs écoutes, auquel cas il ne restera bientôt que comme un bon album, efficace, divertissant, mais pas vraiment marquant. On en redemande quand même sans hésiter.

Les clips :

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