Van Canto – Tribe of Force

Tribe of Force

Album sorti en 2010.
Chronique rédigée en 2011.
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Toi aussi, un jour au moins, à l’écoute d’un album particulièrement stimulant, tu t’es déjà mis à vocaliser le solo de guitare, suivi du gros riff avant le dernier refrain, à grands coups d’onomatopées improbables. Vous savez, dans le feu de l’action parfois… Et à cette prestation particulière, ton auditoire a réagi très dubitativement. Rassure-toi, tu n’es pas seul. Il y en a même qui en font des albums. Enfin un groupe surtout, Van Canto, qui officie dans ce qu’ils ont baptisé le metal a-ccapella.

La formule est simple, pour ceux qui découvrent, un batteur, et 5 chanteurs(euses), qui ont la particularité de ne pas constituer un chœur au sens habituel, mais de remplacer également les parties de guitare, basse ou clavier. C’est en reprenant des grands classiques (Metallica, Iron Maiden, Manowar, Nightwish etc.) que le groupe s’est d’abord fait entendre. Aujourd’hui, ils en sont à 3 albums et multiplient les compositions originales. Un parcours d’OVNI qui me rappelle assez celui d’Apocalyptica, même si nous avons fait le tour des seuls points communs.

Dans la découverte de Van Canto pour un auditeur, il y a habituellement trois étapes. La première, on esquisse un sourire, voir on se poile un peu au son des « racatacatacata, dum dum dam dam » qui remplacent les riffs. Deuxième étape, on admire tout de même la performance et la synchronisation des vocalistes. Et dernière étape, on remarque qu’en fait, même sur leurs propres chansons, les bougres sont très pertinents, tant sur la rythmique que sur les mélodies. C’est du metal mélodique, parfois du power, assez cliché, mais qui ne passe pas si mal. Le problème, c’est que selon le cas des auditeurs, il est possible de ne pas franchir l’une des étapes…

Parlons de ce Trib of Force. Pour aider la sauce à prendre, l’accent a été mis sur la production, bien davantage que sur leurs efforts précédents. Chaque chanteur se distingue très bien et occupe à merveille la place sonore habituellement dédiée à l’instrument correspondant. Le vrai chanteur, la voix de tête qui s’occupe des textes, est puissante et claire, et peut même avoir quelques accents trash à de rares moments. Une chanteuse s’extrait parfois du reste des voix pour le seconder, avec une voix elle aussi parfaite pour le genre, immédiatement associée aux timbres de Tarja et autres Simonne Simons (Epica). La batterie est un peu aseptisée par cette production, mais il ne faudrait pas qu’elle noie ce qui n’est après tout que des voix. Le jeu de cette batterie est typique du genre, sans rien d’époustouflant mais d’un niveau plus que correct. Cela aide, bien sûr, à retrouver les marques du power/ metal mélo. Pour peu qu’on ait franchi les deux premières étapes dont je parlais ci-dessus, on se dit dès «Lost Forever» qu’on est certainement parti pour un album qui réussira à rendre leur drôle de musique efficace même sur la durée. Et à l’écoute du reste, on confirme.

Pourtant les morceaux ont tout pour ne pas prendre à première vue. Les structures sont bateaux au possible, les paroles sont au raz des pâquerettes, bref, Van Canto n’invente rien. Malgré tout, les mélodies sont percutantes, les rythmes entrainants, et dans leur classicisme, les structures sont sans failles pour nous tenir en haleine. C’est assez improbable, on se demande presque pourquoi parfois, mais ça marche. On leur attribuera même quelques passages vraiment bien sentis, comme ce break sur «My Voice», dont la mélodie à coups de bam bam bam peut facilement rester longtemps en tête. En parlant des onomatopées guitaristiques, le groupe a le bon sens de ne pas proposer trop de passages où ils sont vraiment mis en avant trop longtemps. Pour les soli, ils usent toujours de leur méthode consistant à saturer un micro pour que les vocalises, devenues nasillardes, ressemblent à quelque chose qui approche d’une guitare. Le résultat est parfois bluffant, même si la technique en elle-même n’est pas neuve non plus.

Plusieurs morceaux amènent leur petit plus tout au long du CD. Tout d’abord ceux avec un guest, même si Victor Smolski reste assez discret. Chris Boltendahl (Grave Digger) lui, vient carrément défendre une de ses propres chansons reprises, il faut le faire. «Water Fire Heaven Earth» met en avant la chanteuse, avec les chœurs en arrière plan sur les couplets. On pense alors un peu à Nightwish période Century Child. La balade «Last Night of the King» est la seule chanté totalement a capella, pour un rendu assez médiéval je trouve. La justesse de chacun ne s’en ressent que davantage. A l’inverse, «Magic Taborea» ajoute des accompagnements symphoniques aux chants et à la batterie. Cela contribue à rendre la musique encore plus lumineuse et épique qu’elle ne l’est déjà. Enfin, la reprise du mythique «Master of Puppets» de tu sais qui (sinon tu sors), prouve s’il en est besoin que sous n’importe quelle forme cette chanson semble toujours monumentale. On fera quand même une petite overdose de racatacata dim du di dam à cette occasion.

Van Canto, c’est sacrément à part, mais on ne sait vraiment qu’en dire. Le concept et les textes ont de quoi faire rire, mais la maîtrise est telle qu’on comprend vite que ça n’est pas qu’un défi marrant. Cet album se permet d’évoluer depuis Hero, de chercher à présenter leur musique sous un meilleur jour, et même d’offrir quelques compositions très honorables.
A mon humble avis, «Magic Taborea» ou encore leur apparition sur le second album solo de Tarja montre que le groupe devrait se décider à s’accompagner davantage. Un puriste m’en voudra sûrement de tels propos, mais je suis certain qu’il y a mieux à faire d’un tel travail que de continuer à imiter des riffs de guitare, tout en restant très metal dans l’esprit. Comme quoi encore une fois, l’esprit metal, ça n’est pas qu’une histoire d’instruments.

Les clips :

http://youtu.be/HW-gKmF_6Vc

Apocalyptica – 7th Symphony

Album sorti en 2010.
Chronique rédigée en 2010.
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Atypique ou original, deux qualificatifs qui reviennent sans cesse lorsqu’il s’agit de parler d’Apocalyptica en général. C’est grâce à ce genre d’adjectif que le groupe a effectué un parcours lui aussi très original jusqu’à aujourd’hui. A la base, groupe de reprise de standards du metal au violoncelle, Apocalyptica a fait bien du chemin, a collaboré avec de très nombreux artistes, sur scène comme en studio, et se revendique aujourd’hui comme un groupe complet, à part entière. Cette volonté d’indépendance, ils l’affichent via la cover de ce septième album ainsi qu’au travers des clips issus de ce dernier. On y remarque que les violoncelles y sont moins présents et que le groupe cherche désormais à présenter d’autres repères visuels. Ils semblent vouloir nous dire que même si le violoncelle reste leur identité, leur instrument phare, le temps où ce seul fait suffisait à justifier la musique du groupe est révolu, qu’il est temps pour eux de trouver une vraie place dans le paysage rock et metal. Pourtant, au fur et à mesures des annonces précédant l’album, on a constaté que les featuring y seraient toujours aussi nombreux . Paradoxal d’une certaine façon non ?
Quoi qu’il en soit, après Worlds Collide, Apocalyptica a fait beaucoup parler, se faisant toujours autant qualifier de génial ou d’original, mais aussi désormais du célèbre « commercial » et autres « c’était mieux avant ». Ces critiques peuvent s’expliquer par l’orientation plus accessible prise petit à petit. Mais étant donné l’aura grandissante du groupe, elles semblent être heureusement l’un des symptôme qui annonce, qui l’eut cru avant justement, que Apocalyptica s’est installé sur le devant de la scène et commence à marquer son temps. Mais assez contextualisé, parlons de 7th Symphony.

Le son du groupe s’illustre dans toute sa puissance dès les premières secondes de l’album. Avec seulement 4 violoncelles et une batterie, ils envoient du bois, c’est indiscutable. La production est en béton, loin de la simplicité des premiers albums, n’en déplaise aux fans de ceux-ci. Les crincrins prennent une sacrée saturation dans les cordes pour leur donner ce rendu metal auquel nous nous sommes désormais habitués. Mais cette fois-ci, le son semble mieux équilibré que jamais. La batterie, trop envahissante sur Worlds Collide, a baissé d’un ton, pour prendre une place non moins importante, mais plus maîtrisée. Tant qu’on parle de Mikko Siren, son jeu semble lui-même plus maîtrisée d’ailleurs, moins bourin, puisqu’il peut aller du blast furieux à des rythmes mi tempo lents et discrets. Bref, ni vraiment transcendante ni trop bateau, la batterie a pour moi enfin trouvé sa juste place au sein d’Apocalyptica. Quant aux violoncelles, ils profitent de la production et utilisent de multiples effets tout au long de l’album. Peut-être un peu trop par moment d’ailleurs. A plusieurs reprises, je me suis demandé pourquoi avoir des violoncelles si c’est pour autant vouloir singer la guitare. Un exemple parmi d’autres, le riff principal de « End of Me », qui en plus d’être très proche d’un son de guitare, est très banal.

Quand la technicité du groupe s’amenuise comme ça, c’est toujours pour faire place à un invité. Ceux-ci sont nombreux sur cet album, cinq pour être exact, et sont accueillis avec méfiance par beaucoup de fans. Pourtant vu leur nombre, les chansons avec invités occupent une place prépondérante. « End of Me », « Not Strong Enough » et “Broken Pieces” sont les trois titres qui bénéficieront d’un clip et sont donc la vitrine de l’album. Sans surprise ce sont des chansons très metal alternatif radiophonique, c’est un fait. A partir de là, pas la peine d’en faire toute une histoire, si vous n’aimez pas du tout cette influence, vous n’aimerez pas ces titres, c’est clair. Personnellement en dehors de « End of Me » qui n’a pas que le riff de banal, je trouve que les deux autres ne sont pas mauvaises du tout et remplissent très bien leur rôle de chansons accessibles. Passons à l’intervention de Dave Lombardo qui n’en est pas à son coup d’essai pour ce qui est de tenir les fûts d’Apocalyptica. Une fois de plus le Slayer file un bon coup de nerf à sa piste pour lui donner un bon aspect trachy. Sans tomber dans la redite de ses précédents passages, sa grande technicité ne suffit pas cependant à vraiment casser la baraque, et souligne un peu plus le fait que Siren ne fait finalement pas si tâche à côté (attention je n’ai pas dit que lui et/ou la chanson étaient mauvais). Dernier intervenant, Joe Duplantier (Cocorico !) qui arrive comme une baleine sur la soupe, et offre enfin quelque chose de vraiment nouveau (si l’on excepte la dispensable chanson avec Max Cavalera il y a déjà quelques temps). Son chant death parfois doublé de clair, associé à un rythme qui lui convient très bien, se marie curieusement aux violons qui en plus ne sont pas toujours saturés. De plus le break tout en lourdeur est vraiment délectable. Là pour le coup, un auditeur pas très ouvert au metal aurait à son tour beaucoup de mal avec ce titre, qui reste un des meilleurs.

Les autres chansons laissent enfin le groupe s’exprimer seul. Et à ce jeu là, le progrès principal depuis Worlds Collide est qu’on n’a plus du tout l’impression d’écouter des titres dont le chant aurait été remplacé par un violon solo. Les structures retrouvent un aspect complexes, progressif même, qui avait presque disparu. Les meilleurs exemples sont « At the Gates of Manala », et surtout « Rage of Poseidon ». La première ouvre l’album peut-être un peu trop brutalement mais se rattrape par la suite en variant davantage les plaisirs, présentant assez bien le propos. « Rage of Poseidon » offre un final sombre et puissant à l’album. On y imagine très bien comme le suggère le titre un bateau charrié par une mer de plus en plus furieuse, avant de sombrer sous des flots surpuissants et que l’album ne se referme majestueusement sur cette démonstration. Ces deux titres profitent bien de la charge émotionnelle que peut transmettre le groupe. On citera également la trop courte « Beautiful » où le violoncelle retrouve enfin son essence, son jeu clair et simple, plus chaleureux que sur la majorité du reste de l’album.
Ainsi vous l’aurez compris, les chansons de ce 7th Symphony sont d’un très bon niveau, mais un problème entâche tout de même l’album dans sa globalité, la cohérence. En effet, d’entrée de jeu passer de « At the Gates of Manala » à « End of Me », sans temps mort en plus, fait presque peur. On a l’impression d’avoir à faire à une compil’ tellement la différence stylistique est flagrante. Ce problème n’est pas nouveau pour le groupe mais n’est vraiment pas résolu ici. Passer d’une chanson metal alternatif à un genre trash avec Lombardo à la batterie, puis à un titre planant uniquement au violoncelle ne fait apparemment pas peur au groupe, mais déroute complètement l’auditeur. Heureusement que le son reste assez constant sinon l’album ne serait qu’une succession de titres, bons, mais presque sans queue ni tête. Dans ces conditions beaucoup d’auditeurs accrocheront probablement à quelques titres selon le cas, mais pas toujours à tous.

Apocalyptica va de l’avant sans se révolutionner. Ce 7th Symphony se place au dessus de son grand frère Worlds Collide dont il reprend tout de même le concept. Le problème reste qu’on sent encore que le groupe ne sait pas sur quel pied danser, même s’il améliore son savoir faire dans plusieurs des genres entre lesquels il hésite.

Les clips :

Nightmare Revisited

Compile sortie en 2008.
Chronique rédigée en 2010.
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Les travaux de Tim Burton n’ont pas toujours été très appréciés par Disney. Lors de la sortie de L’Etrange Noël de Mr Jack il y a de cela une quinzaine d’années, le film était carrément considéré par eux comme un OVNI de second plan. A la fin des années 2000 cependant, la ribambelle de fans absolus des délires animés de Tim Burton a eu raison de l’opinion de la firme à la souris. C’est ainsi qu’en 2008, peu après la sortie de l’édition blue-ray du film et de la BO remasterisée de Danny Elfman, sort cet album de reprises de toutes les pistes de cette BO, interprétées par des artistes rock, metal, et bien d’autres.
Si comme moi tu aimes l’étrange univers de ce film et ses fantastiques musiques, il y a de fortes chances que ton style musical se rapproche de ce qui est traité ici bas. Donc, comme moi, il se peut fortement que la perspective de cet album de reprises provoque chez toi des petits frissons, causés par un grand enthousiasme.

Avant de commencer, un mot sur le compositeur original. Danny Elfman est le responsable de cette ambiance musicale si particulière qui joue un grand rôle dans les films de Tim Burton. Trop souvent d’ailleurs, on parle à tort de l’influence de Tim Burton lorsqu’on reconnaît un peu la pâte Danny Elfman sur un disque. Et avec celle de Edwards aux Mains d’Argents ou les noces funèbres, cette BO fait partie des incontournables de l’auteur. Autant dire alors que le matériel à revisiter ici est d’une qualité reconnue.

« And now with your permission, I’m going to do my stuff”

Histoire de ne pas perdre nos repères et de nous mettre dans l’ambiance, les courtes pistes Opening et Closing sont présentes dans leur version originale. A part ça, nous avons à faire à des reprises, donc avis aux puristes absolus, passez votre chemin, le but est de « revisiter ».
Rien qu’en regardant la tracklist, on peut déjà se rendre compte d’une caractéristique principale du CD, la variété des genres qu’on trouvera. Inévitable conséquence, il est difficile de trouver une ligne directrice à tout ça, (en dehors de la chronologie du film qui est scrupuleusement respectée).
Une bonne idée tout de même récurrente est de tenter de réconcilier le côté décalé, poétique et un peu festif de la bande originale avec l’aspect plus sombre et glauque des images. La version metal de l’hymne de la cité d’Halloween par Marilyn Manson n’en est pas la meilleure mais le premier exemple, contrastant avec le début de l’album et filant une bonne claque sonore, sans être franchement inoubliable. Le meilleur de cet aspect arrive assez rapidement après. Tout d’abord la prestation d’Amiina (mais si, vous connaissez, les demoiselles qui accompagnent parfois Sigur Ros), qui usent de leurs scies musicales et autres bizarreries pour instaurer une ambiance délicieusement partagée entre la rêverie douce et l’inquiétude. Flyleaf et The Polyphonic Spree continuent dans cet ordre d’idée (en plus rock tout de même) pour former les trois meilleures pistes de l’album. Le thème de l’incompréhension entre deux mondes abordé par Tim Burton prend ici tout son sens, puisqu’on dirait que la découverte de Jack lui provoque autant d’émerveillement que de peur.
Korn s’inscrit également dans cette accentuation du côté obscur en bourinisant (si j’ose dire) une chanson qui avait déjà l’air d’une comptine décalée. Malheureusement ils ne parviennent pas du tout à utiliser ce filon et à part sur le refrain qui est très fun, la sauce est sans saveur.

D’autres choisissent de coller plus ou moins à l’idée originale de leur chanson, en en changeant que le genre musical, à l’image de DeVotchKa qui ouvre le bal de façon très correcte et bien dans le ton, ou Rise Against qui accentue bien avec leur punk festif la frénésie de la préparation de la fausse fête de noël. The All American Rejects aussi choisit de sortir de leur genre habituel pour coller à la complainte de Jack, ce qui paradoxalement donne un résultat curieux, sorte de balade folk avec des instruments plus exotiques, sans oublier la voix haute du chanteur.
Pour en finir avec le quasi track by track, le rayon des gros regrets. L’ambassadrice d’Evanescence tente d’accentuer la mélancolie de la magnifique Sally’s Song mais ne parvient qu’à la rendre tout à fait banale, voir insipide. Les pourtant excellents Rodrigo y Gabriela se retrouvent à jouer la chanson d’Oogie Boogie, qui était à la base chantée dans un style bluesy bien particulier, alors qu’il y avait tant de pistes instrumentales sur lesquelles ils auraient pu s’exprimer davantage, sans nous priver d’une reprise plus recherchée de celle-ci. D’ailleurs pour les utilisateurs d’Itune, la version de Tiger Army proposée est bien meilleure, voir géniale même.
Pour le reste, on oscille entre le sympathique et le plus dispensable, je pense notamment à certaines reprises plus électros qui s’apparentent davantage à des remix. La conclusion nous ramène petit à petit dans la douceur et la happy end typiquement Disney, et nous laisse sur une version planante du générique de fin.

En résumé, Nightmare Revisited est un truc de fan, qui pourtant ne saura plaire complètement qu’à peu d’entre eux, en raison pour certains de leur hostilité pure et simple au principe de la dénaturation de l’œuvre, et pour les autres en raison de quelques choix décevants. Il n’en reste pas moins que l’idée est géniale à mon sens, et que tout n’est pas à jeter loin de là.

Avant de vous laisser, j’aimerais aborder le cas d’une hypothétique version collector 2 CD dont j’ai trouvé la trace à des endroits peux recommandés par l’HADOPY, mais aucune dans le commerce. Sur le second disque, la version déjà évoquée de Tiger Army, plusieurs reprises de Sally’s Song (dont une remarquable par Fiona Apple), et quelques autres de groupes pourtant très connus. Pour moi, ces ajouts n’ont rien d’annexes et pourraient même carrément sauver les meubles. Ma note grimperait facilement de 2 ou 3 points si j’étais sûr que vous puissiez vous procurer Nightmare Revisited sous cette forme. Ainsi, si jamais vous croisez cet objet un jour, précipitez-vous dessus et prévenez-moi juste après, ça m’intéresse !

La version de Fiona Apple qui n’est pas sur la compile standard :

Sidilarsen – Une Nuit pour Sept Jours

Sidilarsen - Une Nuit pour Sept Jours dans Chronique d'album

Album sorti en 2008.
Chronique rédigée en 2010.
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Sidilarsen a déjà presque quinze ans au compteur et seulement trois véritables albums. «  » les avait présenté comme un groupe d’indus/techno metal très binaire et dansant. « Eau » avait été une surprise et une vrai grosse claque pour moi, puisque la musique du groupe avait subit une importante évolution vers un metal fusion bien plus organique, vivant et toujours énergique. Encore un bon moment et un changement de guitariste plus tard, ce troisième album s’est profilé et mon engouement pour « Eau » ne faiblissant pas, j’attendais beaucoup de ce « Une Nuit pour Sept Jours », histoire de pouvoir clamer haut et fort que Sidilarsen fait désormais parti des très grands du french metal.

Première observation, le fameux tire-bouchon qui apparaissait toujours d’une façon ou d’une autre sur les pochettes a disparu. Un coup d’œil sur les propos du groupe nous prévient pourtant qu’il faut y voir plutôt une envie de ne pas se coltiner un emblème à ressortir indéfiniment façon Eddie d’Iron Maiden, et pas un signe d’une vrai révolution dans le style.

Et en effet, à l’écoute de « Deuxième Vie », on se demande même si on n’est pas revenu vers la période « Biotop » tant cette chanson pourrait presque être issue des sessions d’enregistrement de cet album. Mais « Acide Occident » et « Féline » nous ramènent sur la piste de Eau, avec des couplets façon raga et des effets électroniques omniprésents et qui servent bien plus que la rythmique. Une fusion typiquement frenchy qui fait très plaisir à entendre ! A ce stade, sans que la messe soit dite pour autant, on tient déjà l’essence de ce troisième album, à savoir non pas une évolution mais une espèce de synthèse du parcours effectué jusque là. « Deuxième Vie » et « Retourner la France » sont les meilleurs exemples de morceaux typiquement issus de « Biotop », alors que plusieurs autres reprennent des formules déjà découvertes sur « Eau ». On touche alors bien sur un point faible de l’album, puisque même si les chansons sont toujours bien fichues et qu’elles satisferont ceux qui accrochent jusque là à la musique des Sidis, des titres comme « Un Elan du Cœur » ou « Essentielle Etincelle » ne peuvent que paraître déjà entendus et un peu plus faibles que leurs aînés.
D’un point de vue plus global, le son est légèrement moins agressif que sur « Eau », la faute surtout au mur de guitares à la Rammstein qui est ici un peu moins imposant (j’ai bien dit un peu seulement). L’électronique en profite pour s’exprimer à fond afin d’imprégner différemment chaque piste. La batterie, enregistrée complètement à part et par un second producteur, joue également la carte de la variété, parfois presque synthétique (« Acide Occident », « Un Elan du Cœur »), et d’autre fois bien plus puissante, le meilleur exemple étant la martiale « Jusque sur Mars ».

Le chant fait parti des éléments qui ont quand même évolués, ou qui ont au moins profité de cette espèce de bilan. La cohésion entre les deux chanteurs a été travaillée, et c’est ensemble qu’ils entonnent énergiquement chaque refrain, pour un mariage très efficace de leur voix. Didou se fait globalement plus mélodique sur ses couplets, même s’il fait toujours appel régulièrement à sa voix rauque façon Lofofora. Viber, lui, a malheureusement laissé tomber ses passages en voix grave et électrique ainsi que ces hurlements, pour se concentrer sur la mélodie et sur des passages parlés ou scandés au résultat mitigé.
Les textes sont toujours en français et traitent de sujets aussi variés que la pollution (« En Vidéo »), les ventes d’arme (« Jusque sur Mars »), le phénomène second life (« Deuxième Vie ») et des textes moins sérieux (« Féline ») ou plus intimistes (« Le Prochain Eté », « Où il veut »). J’apprécie toujours leur écriture, qui justifie assez bien que le chant soit mis en avant. Oui, histoire de me contre dire un peu, l’ »Appel à Résistance » final n’est pas très très inspiré, j’en conviens.

Mais ce qui fait le plus plaisir, c’est de constater que quand ils essaient à nouvEau d’innover, ils y arrivent et que ça leur est toujours aussi bénéfique. Les chansons « En Vidéo » et « Le Prochain Eté » en sont les exemples les plus flagrants. La première est une chanson rock/metal qui met la basse bien en avant et qui attire forcément l’attention. « Le Prochain Eté » est un moment de calme qui met l’électronique à l’honneur, saupoudré de petites mélodies discrètes de guitare, et des chants robotiques de Viber et apaisant de Didou. Ces passages, avec « Jusque sur Mars » et « Où il Veut », sont les plus innovants, et de très agréables surprises.
Pour résumer, Sidilarsen reste toujours se mélange de Mass Hysteria, de Rammstein, d’Asian Dub Foundation et de quelque chose de plus techno, et cet album mixe agréablement le tout pour en tirer du Sidi pur. Cependant « Une Nuit pour Sept Jours », d’une part n’a pas le charisme de « Eau », et prouve d’autre part que le groupe peut toujours surprendre agréablement quand il essaie. Donc, légère déception, non pas due à un mauvais album loin de là, mais au fait que je suis certain qu’ils peuvent mieux faire. A conseiller, en attendant impatiemment la suite.

Clip :

Anneke Van Giersbergen & Agua de Annique – In Your Room

Anneke Van Giersbergen & Agua de Annique - In Your Room dans Chronique d'album

Album sorti en 2009.
Chronique rédigée en 2010.
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Anneke Van Giersbergen, en 2009, laissait tomber son costume d’hôtesse de l’Air et s’invitait dans ta chambre. Tu as raté ça ? Non non, il n’est pas trop tard.

Voilà, maintenant que j’ai la pleine attention des deux du fond, je vais pouvoir les décevoir dans un premier temps en leur rappelant que nous parlons ici de musique. Mais tout de suite, je précise qu’il s’agit de musique classieuse et efficace, donc je vous invite à rester. Les anciens fans de The Gathering qui sont devant, patientez quelques lignes à peine, le temps que je plante le décor pour les deux du fond. La dame au nom si compliqué qui mène le groupe Agua De Annique, est l’ancienne chanteuse de The Gathering, groupe de doom metal/trip rock que je vous invite bien sur à découvrir si ce n’est déjà fait. Après avoir provoqué le ramdam (comme on doit désormais le dire pour les franco français) en quittant le dit groupe, Anneke s’est consacré à Agua De Annique. Après les albums Air et Pure Air, on ne peut pas franchement dire que ce nouveau groupe ait convaincu les foules à 100% (une partie tout de même). Malgré tout, ce In Your Room débarque très peu de temps plus tard.

Autant le dire tout de suite, à part le fait que deux chansons s’appellent « Home Again » et « Longest Day », ce qui peut rappeler des choses aux amateurs de l’album Home de The Gathering, tout lien de parenté avec l’ancien groupe d’Anneke est désormais rompu. Et en fait, le lien avec les deux premiers albums de Agua De Annique, même s’il existe, n’est pas bien flagrant non plus. C’est un bon virage que le groupe prend avec In Your Room, vers une musique pop rock plus entraînante. Et histoire de montrer leur envie d’efficacité, c’est la chanson « Hey Okay » qui est clipée, et qui présente à merveille l’album sur le net. Je vous propose un exercice, regardez le clip et ne fredonnez rien, et surtout ne le relancez pas après la première diffusion. Si vous ressentez comme une frustration, un manque, alors vous êtes foutu et vous allez comme moi faire tourner l’album d’un bout à l’autre jusqu’à saturation. Car oui les douze titres sont presque tous dans la même veine, simples et efficaces. Que voulez-vous, avec des grattes, une batterie, quelques notes de clavier et surtout la voix chaleureuse d’Anneke, le tout mixé avec talent et énergie, on ne révolutionne pas la musique pop rock mais on en fait de la bonne.

Rentrons un peu dans le détail. Aux cotés de « Hey Okay », dans le rayon chansons entraînantes et aux refrains imparables, on mettra « Physical » et « Just Fine », et dans une moindre mesure « Pirly » et « I Want ». Dans le panier voisin, « The World » et « Wide Open » se chargent de mettre un peu plus en avant les guitares électriques et de faire davantage donner de la voix à Anneke, lui faisant retrouver ce timbre un peu façon The Cranberries qu’on lui connaissait. « Sunny Side Up », « Longest Day » et « Adore » se posent un peu, tout en restant souriantes et agréables, des moments de calme tout à fait dans le ton quand même. Les deux exclues, « Wonder » et « Home Again », sont les seules à faire appel au piano, sans batterie, pour les seuls passages mélancoliques, malheureusement en dessous du reste bien que l’idée soit louable.

Le son, enregistré dans le studio du groupe, rend honneur une fois encore au concept du fait maison. La batterie est puissante pour ce style et participe grandement aux côté entraînant. Les guitares sont bien distinctes, et l’électrique se permet quelques rares soli discrets mais bien placés. Le clavier lui aussi est discret mais percutant, souvent là pour rajouter de petites mélodies sur les guitares (au risque d’être un peu kitsch sur « I Want »), sauf sur « Wonder » et « Home Again » ou il est très en avant. Mais l’instrument central reste tout de même comme je l’ai déjà dit la voix d’Anneke, toujours au premier plan et irréprochable, qu’il s’agisse de mélodies calmes, aériennes, de vocalises ou de passages plus puissants. Le tout est bien net, homogène, et s’en sort aussi bien lorsqu’il s’agit de donner un rendu assez rock que très acoustique. Tout ceci étant dit, cette netteté fera d’autant plus ressortir la simplicité des compositions, qui bien que brillantes, seront sûrement trop épurées et faciles d’accès pour les adeptes absolus de la longue discographie de The Gathering. Ceux-ci se rassureront en écoutant, pour n’en siter qu’un, le dernier album du prolifique Devin Townsend, sur lequel Anneke prouve qu’elle n’a pas perdu son esprit metal. Agua De Annique vise désormais un autre public, plus large, et mériterait d’avoir les moyens de se faire entendre davantage.

Les clips :

Sidilarsen – Eau

Sidilarsen - Eau dans Chronique d'album

Album sorti en 2005.
Chronique rédigée en 2010.
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C’est avec un plaisir non dissimulé que j’opère ce petit flash back en 2004, sur un album assez discret mais qui m’avait marqué. Les responsables, Sidilarsen, un groupe toulousain qui s’était déjà illustré avec un album de metal indus très techno dans l’âme, symbolisé par ce fameux tire-bouchon vu comme un homme mécanique. Et si le deuxième album porte sobrement le nom de l’élément qui donne la vie, ça n’est pas un hasard, c’est bien pour montrer que du liquide coule désormais dans le corps de l‘homme mécanique. En effet, la musique du groupe a subit une soudaine évolution qui la rend incontestablement plus vivante, plus humaine, moins rigide mais tout aussi énergique.

Dès que la galette violette commence a tourner sur notre chaîne, un son électronique se fait entendre, suivi d’un gros riff indus à la Rammstein, sans prétention mais bien burné. Le chant fait son apparition juste derrière et là, les changements sautent aux oreilles. Les deux vocalistes multiplient les registres, mêlant chants clair et fluide (comme de l’Eau) aux passages agressifs. L’électronique soutient le tout mais ne se contente plus de coller aux accents techno, elle pose une ambiance, fluidifie encore ce premier morceau qui montre le meilleur de ce que peut faire le groupe. Pas d’inquiétude, le reste du disque a tout de même de quoi scotcher.

Les Sidilarsen usent de ces voix aux tons multiples et de cette programmation bien utilisée sur fond de gros mur de guitare pour nous pondre des morceaux qui parviennent à se renouveler à chaque fois, ce qui garantit déjà de ne pas s’ennuyer. La sauce Mass Hysteria est bien détectable, mais le groupe développe une vraie personnalité autour.

Une influence raga balbutiait déjà un peu sur Biotop mais ici, des passages très raga sont disséminés un peu partout, côtoyant le chant gras façon Lofofora de Didou sur « La Fibre », et imprégnant de manière générale la plupart des couplets de l’album. Point culminant de cet aspect, la chanson « La Parole » où les Fabulous Trobadors viennent en renfort débiter de l’occitan à un rythme assez dingue. Et oui, les toulousains se retrouvent pour défendre le sud (« se jouer des tendances et des évidences, je trouve bien trop haut le centre de la France, comme quoi il s’en passe bien plus bas qu’on ne le pense »), et le métissage musical aussi.
Le refrain de « La Fibre » peut faire grimacer ceux qui craignent les relents de néo, mais ce n’est pas pour autant que les Sidilarsen ont abandonnés leur style à toute sortes d’expériences. Le fond reste très metal fusion, et « fluidité » ravira les amateurs de rythmes qui pulsent et de refrains scandés. « Surhomme » démarre en trombe également et Didou et Viber jouent à qui gueulera le plus fort sur le refrain. Et pour les amateurs de la facette techno, « Prédiction » remplace la batterie par un bon gros beat et joue sur de multiples effets pour faire une vraie chanson électro metal (et pas l’inverse). La dernière piste, sans parole, joue aussi la carte du tout électro mais sous une forme bien plus planante et assez inattendue’

Les musiciens ne font pas dans la prouesse technique mais dans l’efficacité, fait souvent relatif au genre. La batterie, sans jamais tomber dans le rythme binaire simpliste, occupe son espace de manière régulière et participe à donner la pèche au tout. Les guitares suivent et forment un mur rythmique dans le même esprit, mais qui n’attire vraiment l’attention sur lui que rarement. Tout ceci forme la partie régulière, la ligne directrice qui permet au groupe de varier les plaisirs sans se perdre pour autant.
Les textes, en français, sont plus travaillés et donc plus mis en avant que sur Biotop. Certains restent assez abstraits mais d’autres comme « La Morale de la Fable », « Surhomme » ou « Elle me Tend Toujours la Main » sont plus dénonciateurs et assez bien inspirés puisque toujours aussi parlants en 2010.

Tout ceci fait de Eau un album de metal à la française de très bonne qualité. Moi-même, je ne suis pas forcément emballé par tous les projets français avec des étiquettes à rallonge qui souvent s’avèrent assez peu inspirés au final. Mais Eau s’appuie sur une base voisine de Mass Hysteria qui a fait ses preuves, et distille plusieurs petites influence pour faire un album solide, efficace, qui peut convaincre quelque septiques et ravir les autres. Même aujourd’hui alors que les modes changes, des galettes comme celle-ci, j’en redemande.

Les clips :

Demago – Hôpital

Demago - Hôpital dans Chronique d'album

Album sorti en 2007.
Chronique rédigée en 2010.
Plus d’info ici

Débarqué de presque nulle part, signé chez Wagram, qu’on remercie au passage d’avoir pris ce petit risque et produit par Patrice Courtois (AaRON, Passi), Demago nous présente en 2007 un premier album qui a mûri depuis plusieurs années dans les têtes de Maun et Bleach, les deux leaders. Et avec un nom et une pochette pareille, le propos devra être à la hauteur de ce qu’il promet.
Noir Désir est un nom qui revient incroyablement souvent sur le net quand il s’agit de parler de Demago. En grande partie à juste titre, puisque Demago représente un peu une résistance de ce rock français travaillé, engagé et qui ne mâche pas ses mots. En dehors de cette appartenance, rassurez-vous ce groupe ne manque pas de personnalité pour se démarquer complètement de ses modèles.

En parlant d’influences, celles que revendiquent les 2 garçons sont autant musicales que littéraires, et d’une très grande variété (Bérurier Noir, NTM, Zola, Camus etc.). Conséquence logique, le chant est très mis en avant, pour rappeler sans cesse que leur musique a avant tout quelque chose à dire.
Comme on peut aisément le pressentir, les textes ne transpirent pas le bonheur et la reconnaissance envers la société actuelle. Vous me direz, les groupes qui se veulent concernés et cinglants ne manquent pas, encore faut-il savoir le faire. Et à ce petit jeu, Demago s’en tire avec les honneurs.
Tout au long des onze chansons, Maun passe d’un personnage ou d’un sujet à l’autre, pour opposer l’absurdité capitaliste au quotidien de gens fragiles mentalement, dépassés et tristes. Ainsi, Hey Doc raconte la semaine d’un maniacodépressif dont l’humeur va et vient au fil des évènements sans jamais pouvoir se relever complètement, L’Oeil donne la parole à un trentenaire trop commun et plein de questions existentielles, et Joe est carrément une supplique d’un interné à son ami imaginaire. De l’autre côté, Respirez présente d’une manière légère et pleine de mélodies le monde fabuleux de la bourse, monde dans lequel Le Mégalo, un financier opportuniste se sent comme un poisson dans l’eau. Au milieu de tout ça, Forme Humaine s’inquiète tendrement de l’impuissance qu’on peut ressentir à protéger un être aimé, et 100 000 Mots, simple chanson d’amour avec les seuls passages en anglais, est là pour adoucir le propos, bien que le bonheur n’inspire apparemment pas autant Maun que la détresse, malheureusement. La chanson titre, Hôpital, vient conclure et synthétiser l’album, justifiant ainsi pleinement ce choix de nom.

L’écriture est globalement très bonne, variant les styles et les registres, tout en usant d’un français correct mais cru et direct, dans le but évident d’être marquant. Seule Des Fantasmes peut paraître trop conventionnelle, du niveau d’un AqME un peu trop adolescent dépressif.

Le chant en lui-même est à l’image de ce que nous verrons avec la musique, c’est-à-dire qu’il se veut varié et d’une qualité très honorable. Le timbre de Maun, chaud et grave, est assez marquant déjà sur des chansons sans surprise comme Des Fantasmes ou Hey Doc. Mais c’est lorsqu’il s’éloigne de ce registre rock ordinaire, pour flirter avec le slam (L’Oeil), se faire plus mélodique (Forme Humaine, Joe, 100 000 Mots), ou plus froid et vindicatif (Porn, Mes Mains, Hôpital) qu’il démontre le mieux sa capacité à transmettre des émotions.
La musique, bien que souvent au second plan, bénéficie tout de même d’un travail important. La base reste un son rock français relativement correct, mais auquel viennent s’ajouter de multiples éléments. Le clavier ajoute des notes de piano ou de violon pour soutenir l’aspect émotionnel de L’Oeil ou de Joe, des passages de ses chansons lui laissant même être la vedette. Des samples et des scratches sont disséminés un peu partout, ce qui apporte un aspect second degré humoristique sur Hey Doc ou Le Mégalo, et vient renforcer le côté indus de Porn.

En résumé, Hôpital, pour un premier album, est remarquablement bien travaillé et affiche une personnalité affirmée. Les chansons variées et le ton parfois décalé et second degré viennent aider à ingurgiter un tout qui reste oppressant et acide.
Certains trouverons peut être que la trop grande variété de genre nuit à la cohérence de l’ensemble, et d’autre n’adhéreront tout simplement pas aux textes. Bien que cela ne soit pas mon avis, ces objections me semblent tout de même complètement recevables.
Hôpital fut une bonne surprise de 2007, je surveille Demago pour la suite.

Les clips :

Cherchez également le clip de Respirez, mais celui-ci est soumis à restriction d’age en raison de présence de monsieur tout nu sur la vidéo, ce qui la rend un peu difficile à copier ici.

Nightwish – Made in Hong Kong (and in Various Other Places)

 

Nightwish - Made in Hong Kong (and in Various Other Places) dans Chronique d'album

E.P. live sorti en 2009.
Chronique rédigée en 2010.
Plus d’info ici

Deux ans plus tôt, Dark Passion Play avait fait couler de grandes quantités d’encre numérique de la part des fans, bien qu’il n’y ait eu presque aucun changement d’orientation musicale entre celui-ci et Once. La raison du tapage, comme vous le savez presque tous je pense, était Anette Olzon et son timbre si différent de celui de la tant aimée Tarja. C’est à la fin de la tournée qui suivit, et juste avant d’en débuter une deuxième d’affilée, que Nightwish nous proposait cet EP live agrémenté d’un DVD. Le dernier live en date, End of an Era, ne remontait qu’à la tournée précédente, cependant le contexte que nous venons de reprendre justifiait en grande partie un nouveau témoignage des performances du groupe. Pourtant, si comme le dit le proverbe qui aime bien châtie bien, c’est avec tout le respect presque autant présent que passé dû au talent de Nightwish que je vais me permettre d’être moins unanime que je ne l’aurais été pour bon nombre d’autres disques du groupe. Comme pour montrer qu’une page de l’histoire est définitivement tournée, les finlandais ne nous offrent ici que du contenu en rapport avec Dark Passion Play, soit huit titres live tous issus du dit album, une version démo d’un titre et 2 B-sides. Quant au DVD, il contient un documentaire sur la tournée et les trois clips de l’album. Le menu étant totalement annoncé, dégustons ensemble.

Un premier gros problème saute à la figure à l’écoute des titres live, le son en lui-même est très décevant. Le public est quasi inaudible à partir du moment ou une chanson est lancée et la production est bien trop lisse. La batterie sonne très bien mais la guitare, même si elle est présente, est brouillonne et ne produit qu’un grincement continu lorsqu’elle ne fait que de la rythmique (j’exagère à peine). Quant au chant, Nightwish semble tendre le bâton pour se faire battre. En effet, pour les avoir vu en concert, je peux vous dire que tous les passages qui pouvaient laisser à désirer sont présents sur ce CD, sauf peut-être Nemo. Le manque de souffle de Marco sur le refrain de Bie Bie Beautiful, les petites adaptations d’Anette à la fin de The Poet and the Pendulum pour ne pas avoir à monter trop haut etc. C’est vraiment dommage, d’autant plus que la belle s’est bien réappropriée des chansons comme Ever Dream, Slaying the Dreamer ou Dark Chest of Wonders. Les chansons en elles-mêmes valent toujours ce qu’elles valent et je vous renvoie aux chroniques de Dark Passion Play pour revenir là-dessus, cependant, vu qu’elles sont jouées presque à l’identique de l’album, le seul résultat est qu’on a trop souvent juste envie de se replonger dans les versions studio qui ont beaucoup plus d’ampleur.

Rendons tout de même à César ce qui est à César, Ever Bring the Night ne perd pas complètement de son énergie bien qu’on en maudisse d’autant plus la production. The Islander et Last of the Wild profitent de la présence de Troy Donockley et de ses instruments celtiques, pour en faire les 2 meilleures pistes, avec enfin de la guitare qui se fait remarquer, qu’elle soit folk ou électrique. Il ne manque que le public pour chanter et taper des mains sur The Islander, mais il suffit d’être imaginatif… 7 Days to the Wolves permet de terminer la partie live sur une note assez acceptable, les deux vocalistes montrant enfin toute leur puissance et les musiciens récitant leur leçon sans problème.

Impossible de juger objectivement le reste du CD et le DVD sans se poser la question du public visé par ce Made in Hong Kong. En effet, mis à part le documentaire qui n’apporte qu’anecdotes et interviews façon rock star, le reste n’est pas inédit, donc les fans hardcore l’ont déjà. Et pourtant, à part des fans hardcore, qui voudrait des trois clips disponibles partout sur le net si on ne les a pas déjà sur telle ou telle édition du dernier album, au côté sûrement d’une ou l’autre des B-Side qui, sans être mauvaises, ne justifieront jamais l’achat de Made in Hong Kong. Pour conclure, les titres live sont globalement décevants et l’entassement de bonus en tout genre déjà présent sur de nombreuses éditions d’albums, singles ou compilations risque de ne contenter ni les fans ni les autres. C’est bien à regret que je m’attarde si longuement à adresser ce premier véritable blâme à Nightwish, dont je ne perds pas l’espoir qu’il soit le dernier.

Les clips présents sur le DVD, issus de l’album Dark Passion Play :

La ruda – Grand Soir

La ruda - Grand Soir dans Chronique d'album

Album sorti en 2009.
Chronique rédigée en 2010.
Plus d’infos ici

La question de savoir si Les Bonnes Manières n’était qu’une parenthèse dans la carrière du groupe ou si leur orientation musicale venait de subir un soudain changement durable trouve une réponse claire avec Grand Soir.
Et c’est vers la deuxième option que nos vétérans de la scène se tournent. Mais cette fois ci, ce ne sont pas d’anciens titres du groupe qui sont remis à la sauce acoustique et swing, mais bien de nouvelles compositions.

Comme toujours, La Ruda ne perd pas de vue qu’ils sillonneront les routes françaises en long en large et en travers avec leurs compos sous le coude, et nous ont donc pondu un album qui semble pouvoir être efficace d’un bout à l’autre en concert. Les versions studios qui nous intéressent ici n’ont pas pour autant été bâclées. Au contraire, on note un net progrès depuis Les Bonnes Manière au niveau son et production. A chaque titre, tel ou tel instrument est plus ou moins mis en avant ce qui permet de créer efficacement une personnalité et une ambiance propre à des morceaux qui suivent pourtant globalement une même ligne directrice. La chanson Le Grand Soir retrouverait ainsi presque l’ambiance Ska/rock sortie du garage alors que Quand Le Réveil Sonne ferait presque pop.
Globalement, ces nouvelles chansons ont une sacrée pèche malgré la disparition des guitares saturées, ce qui permet aux cuivres de retrouver de l’importance, au chant d’être bien mis en avant sans éclipser les autres membres du groupe qui ont tous plusieurs occasions de se faire remarquer. Il est fort possible que vous vous retrouviez à bouger et à chanter sans vous en rendre compte tout seul chez vous, à l’écoute de Go To The Party, Eddie Voit Rouge ou Si Tu savais.

Faites donc attention à ce que vous chanterez d’ailleurs, car il est impossible de passer sous silence les superbes textes que déclame Pierrot. Comme toujours en français, ils sont d’un niveau remarquables et celui qui trouverait à redire au choix de la langue le ferait en toute mauvaise fois. Presque chaque chanson mériterait d’être citée. Celles qui nous dépeignent de drôle de personnages ou de situations (Go To The Party, Eddie Voit Rouge, Lucile, Depuis Ce Jour), quelque passages plus engagées (Fantomas 2008, Quand Le Réveil Sonne), et d’autres plus intimistes ou émotionnels (Un Beau Matin Plus Tard, Dans La Même rue, La Parade De Gordon Banks). Si je m’écoutais, je décortiquerai plus d’un texte ici tant je les trouve fins et inspirés.

Tout ne peut pas être tout rose non plus et une certaine répétitivité est à noter, au niveau des rythmiques et des mélodies de cuivres principalement, ce qui pourrait lacer ceux qui n’accrochent pas dès le début complètement à la musique en elle-même.

En bref, Vous l’avez compris, le La Ruda nouveau a changé mais a su rendre sa nouvelle orientation aussi attractive que l’ancienne. Nul doute qu’un nouveau public peut peut-être s’intéressé à eux, quant aux habitués, ils devraient se laisser emporter dans ce nouvel élan.

Intro

Intro dans Vie du blog

Ce blog réunit des chroniques de disques, dont certaines ont déjà étés publiées par moi même sur le site :
www.spirit-of-metal.com
ou
www.spirit-of-rock.com

Mais vous trouverez aussi ici des textes qui n’ont pas vraiment leur place sur ces formidables sites. Soit parce qu’une chronique de meilleure qualité, ou d’un avis vraiment similaire au miens y soit déjà posté, soit que je m’éloigne des genres qui y sont traités ou que je pense ne pas être assez fin connaisseur de l’univers du disque pour que le texte passe les porte de ce petit blog.

Bref, ici, c’est le fourre tout de mes opinions musicales, qui ne sont que des opinions, et qui n’engagent que moi.

Bonne visite, bonne lecture et écoute, et merci de faire un petit tour sur la page dédiée aux amis du blog

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