Archive pour le Tag 'Finlande'

Nightwish – Handless Forms Most Beautiful

Endless Forms Most Beautiful

Album sorti en 2015

 

« Une quantité de belles et admirables formes», ce sont des mots de Charles Darwins pour parler des miracles de l’évolution des espèces. Pour en faire un titre d’album, il fallait quand même avoir confiance. De tes cours de bio au metal sin phonique, il n’y a qu’un pas, Nightwish.

 

Cela fait un moment que le groupe finlandais est sorti de son océan primitif. L’évolution, ils connaissent et ils pratiquent. Du point de vue de la composition du groupe, ils pratiquent même dangereusement. C’est ainsi qu’on se retrouve aujourd’hui avec Troy Donockley officiellement à la flute, cornemuse et troisième micro, et Floor Jansen (Revamp, Ex After Forever) au premier micro. Pour finir, la santé de Jukka le donne forfait pour cette nouvelle page de la vie de Nightwish, et c’est le cogneur de Wintersun qui débarque en remplaçant temporaire derrière les futs. Sérieusement, même si l’instabilité chronique du groupe fait peur, l’amateur moyen de metal peut laisser échapper quelques filets de bave à la vue de ce casting.

 

 

Comme promis, la musique se recentre sur le groupe, replaçant l’orchestre au rang de soutient sur la majorité des titres. L’aspect heavy refait surface, les sonorités rappellent assez l’album Dark Passion Play, bien que le ton ne soit pas le même. On reste sur les couleurs plutôt enjouées et lumineuses qu’avait dévoilées Imaginaerum. La présence accrue de Troy permet quelques dialogues franchement agréables entre guitare, clavier et flute, signant ainsi le retour des soli chez Nightwish. Kai Hahto s’est très bien adapté au jeu de batterie plutôt appuyé et carré de Jukka, là où ses prestations chez Wintersun étaient plutôt virevoltantes.

 

Peut-être pour la première fois de leur carrière, cet album ne passe pas de nouveau cap, n’amène aucun élément encore inutilisé. Pour une thématique autour de l’évolution, c’est un comble. On peut le voir comme une déception, mais ça serait être bien difficile vu le niveau de ce qu’ils envoient. Les heureux possesseurs de l’édition collector (pas donnée quand même) auront le loisir de décomposer tout ça couche par couche sur les 3 CD, ce qui leur illustrera, si besoin était, la profondeur des compositions. Du coup, même s’il est clair qu’on revient vers davantage de chansons efficaces, avec des refrains et des rifs catchy, j’hésiterais à parler de simplicité pour autant…

 

 

Outre le rythme de croisière, Nightwish remontre parfois les dents, comme sur « Yours is an Empty Hope » dont l’agressivité fait plaisir et ne tombe pas à plat cette fois. On remarquera aussi « My Walden », la chanson spéciale Troy Donockley qui se termine sur un sympathique bordel celtique. J’aime également assez « Edema Ruh », sans orchestre, un chouia rétro, qui revient un peu vers du heavy rock tranquille qu’on n’attendait plus trop de Nightwish.

Quant à la fin, comment ne pas en parler… Après une instrumentale presque toute orchestrale, qui renvoie vers l’album solo de Tuomas, ils nous préparent la masterpiece traditionnelle, d’une taille respectable de 24 minutes ! Ah oui c’est un petit tout à elle-seule, de quoi oublier le ratage du dernier album en la matière. Le morceau retrace la formation de la Terre, l’apparition et l’évolution de la vie, rien que ça. Soutenu par la voix off du biologiste Richard Dawkins, par des sons de toutes sortes, et par l’orchestre de Londres qui se réimpose parfois complètement, je ne sais pas si on parle de chanson à ce stade, ou de projet musical, d’expérience, de truc… Presque de quoi avoir besoin d’une chronique à part.

 

Dernier petit regret, celui d’avoir choisi une chanteuse telle que Floor Jansen, capable d’aller du chant lyrique jusqu’au growl, pour ne l’utiliser finalement que si peu. On lui découvre bien un chant plus posé, plus chaleureux et pop par moment, mais c’est bien peu de choses par rapport à ce qu’elle a pu montrer sur d’autres projets. La prochaine fois peut-être ? Ca n’empêche que son intégration à la musique de Nightwish se fait naturellement, sans même y faire attention, comme une évidence.

 

Voilà, on a un nouvel album de Nightwish, qui pour une fois risque de ne pas être très déroutant, mais qui transpire la personnalité du groupe et qui utilise une assez vaste gamme de ce qu’ils savent faire. Toujours pas détrôné.

Sonata Arctica – Ecliptica (Revisited 15th Aniversary Edition)

Ecliptica Revisited

Album sorti en 2014.

C’est une belle journée d’automne. Je suis à la sortie d’un grand magasin de produits culturels, et je me pose quelques questions sur mes attitudes de consommateur. J’ai dans les mains l’album Ecliptica de Sonata arctica. Le réflexe de Pavlov ne viendrait-il pas de me frapper ? Il suffit de quelques mots clés connus, et paf, c’est l’achat. En effet, Ecliptica est un album qui fête ses 15 ans, et dont cette édition est un réengistrement complet, pour l’occasion. Quant à Sonata Arctica, c’est assurément un nom important du power metal mélodique, mais pas franchement un gage de qualité ces dernier temps. Alors, faire du neuf avec du vieux, c’est une bonne idée ?

Puisqu’ils veulent se la jouer nostalgique, commençons par un flash back. Sonata a déboulé en 1999 avec ce fameux premier album dont il est question aujourd’hui. Ils étaient jeunes, ils étaient pleins d’énergie et d’une technicité insolente, et surtout, ils étaient là au bon moment. Ben quoi, ça n’enlève rien au mérite, mais il faut dire ce qui est, ils n’inventaient rien. Le metal mélodique était en plein renouveau depuis quelques années, mené entre autres par Stratovarius. Ces jeunes finlandais-là ont juste su sortir du lot, emmener ce qu’il faut de fraicheur et de technique à un genre qui se portait déjà bien. Bref, dès le premier album, ça a cartonné, et ils ont pu surfer la même vague sur les 3 albums suivants, toujours avec leur côté entrainant, facile d’accès, jovial et fleur bleue, laissant le temps à ma génération de les découvrir. Puis, ce fut Unia en 2007, album bien différent, qui avait laissé une moue très dubitative sur nos visages de jeunes étudiants. Nous étions bien naïfs, face à un groupe qui ne voulait plus le rester autant. Pourtant, Unia et son successeur The Day of Grey restent aujourd’hui comme les sommets artistiques du groupe, ceux qui lui ont donnés ses vraies lettres de noblesse. Depuis, c’est un peu la pente descendante. Le groupe semble vouloir marier ses différentes facettes, mais ne parvient pas à produire grand-chose de bien engageant. Ce qui explique certainement ce soudain rappel de leurs origines. Nous voici donc, après cet historique, revenu au point de départ, mais un départ 2.0, en 2014.

Alors là, comment faire ? Je vais repêcher l’original sur le net et je compare ? Pas la peine, je sais déjà à peu près ce que j’en penserais. Je pose la question de l’intérêt de cette ressortie ? Non, dans l’absolu je n’aurai pas la réponse, et ce qui compte est de voir si vous, ça vous tente. Alors, je vais juste vous dire ce qu’il y a là-dessus. Et vous savez quoi ? Il y a Ecliptica. Ben ouais, c’est tout. Ils débitent le même album, sans la moindre prise de risque, sans revisiter quoi que ce soit. Oh oui oui, calme-toi le fan, je sais, il y a quelques soli qui diffèrent par-ci par-là. Tu trouves que ça change quoi que ce soit à l’affaire ? Non, on est d’accord. Il n’y aura pas de surprise, voilà. Ah si pardon, il y a une reprise rigolote de Genesis à la fin, qui vaut surtout pour le chant de Tony.

Le pire dans tout ça, c’est qu’au début, ça fonctionne quand même. Sûrement à condition d’avoir fait comme moi, c’est-à-dire de ne pas avoir entendu ces titres depuis un bon moment, autrement qu’en live. Là, on peut momentanément perdre dix ans et se retrouver à chanter à tue-tête des trucs parfois un peu compliqués à assumer à 28 ans. Oh quoique, on assume enfin tout à 28 ans, c’est peut être un peu le principe. Ecliptica n’a pas révélé le groupe pour rien, c’était un bon concentré de power ultra mélodique, et ça l’est resté. La fibre nostalgique devrait faire effet un moment.
Mais au-delà de ça, je doute que cette réédition ait un quelconque impact. Les morceaux sont devenus très très classiques dans leur approche, et l’enregistrement ne tente aucune réelle modernisation. Même, on y perd en patate par rapport à l’original, en spontanéité. De temps en temps, on y gagne aussi, en justesse, en expérience, essentiellement sur les 2 balades, qui auraient pues devenir vraiment niaises.

Difficile d’être catégorique. C’est un dépoussiérage d’un album qui n’en avait pas impérativement besoin, rien de plus. C’est donc un bon disque, mais en 2014, on a vu d’autres choses en matière de power mélodique. La nostalgie suffira à certains, non sans raisons, mais après… De la prise de risque, voilà ce qui manque cruellement à Sonata ces derniers temps, des décisions assumées et des tentatives. Allez, on profite du coup de rétro pour sourire, puis on avance SVP.

Tuomas Holopainen – The Life and Times of Scrooge

The Life and Times of Scrooge

Album sorti en 2014.
Chronique également publiée sur Culturemania

Pour le leader de Nightwish, le succès est une chance d’ouvrir de nouvelles portes. Il le montre régulièrement avec son groupe. Les moyens croissants mis à sa disposition sont des opportunités de réaliser des rêves, de tenter des choses différentes. Imaginaerum fut un album fort, qui, qu’on l’ait apprécié ou pas, à déjà laissé son emprunte dans le paysage rock symphonique. Le film qui en fut tiré était lui aussi un pari assez fou du compositeur finlandais, mais cette fois le franc succès n’a pas été au rendez-vous. Pas découragé pour autant, Tuomas Holopainen décide de continuer sur sa lancée pour réaliser un autre vieux rêve, toujours à cheval entre incongruité et mégalomanie. Cette fois, il se défet temporairement de son groupe, à l’exception de Troy Donockley, et s’entoure essentiellement de l’orchestre philarmonique de Londres, pour composer une bande originale à La Jeunesse de Picsou, une série de Comics qui a rendue célèbre l’auteur Don Rosa. Oui, ça fait beaucoup de bizarrerie d’un coup. Une bande originale de livre, écrite par le leader d’un groupe connu, sans son groupe. Au moins, on ne sera pas surpris de trouver le résultat particulier, inclassable. Ou du moins, inclassable si on le considère intrinsèquement. Car, j’ai bien du mal à considérer cet étrange objet musical comme complètement indépendant. Pour moi, il est indissociable d’Imaginaerum, et de l’histoire de Nightwish, même si il en est une parenthèse. J’ai du mal à le voir comme autre chose que la conclusion logique de la période symphonique de Tuomas. Les déclarations de celui-ci sur le futur de Nightwish vont dans ce sens. Mais ok, stop, pas de dissertation de fan, essayons de considérer l’album en lui-même, mais vous verrez que sa parenté ne fait pas que transparaitre, elle crève les yeux (oui d’accord, les oreilles).

Si vous avez des atomes crochus avec les livre dont s’inspire ce disque, vous apprécierez que les titres suivent chronologiquement les aventures du jeune Picsou, ou que Don Rosa ait adoubé le projet en dessinant la pochette, qui a été en suite peinte par l’artiste qui suit habituellement Nightwish. Si, au contraire, vous n’êtes même pas fichu d’accoler un pêcher capital au nom de Picsou, pas d’inquiétude, votre plaisir ne sera pas gâché. Au pire, vous n’apprécierez pas à leur juste valeur les quelques textes parlés ou chantés. Le plus important reste la musique, d’où qu’elle soit inspirée.
Le résultat est d’abord déroutant puisqu’on ne sait pas trop où classer ce qu’on entend. Ca n’est pas du classique contemporain, ça n’est pas de la pop atmosphérique, c’est un peu tout ça à la fois. C’est donc de la musique orchestrale, parfois uniquement instrumentale, accompagnée d’un clavier omniprésent, d’instruments celtiques, de plusieurs chanteur(euse)s et d’autres ajouts ponctuels. Les structures des morceaux ne nous aident pas davantage à qualifier tout ça. On trouve aussi bien de vraies pistes de bande originale que des structures pop en couplet/refrain. Au diable les étiquettes, on n’y arrivera pas. Peu importe, la musique, c’est une histoire de ressenti avant tout.

La patte de Tuomas est partout, dans les orchestrations comme, bien entendu, dans le jeu de clavier. Le résultat est très cinématographique, et on ne sera pas surpris de penser aux références habituelles, Howard Shores, Ennio Morricone, l’univers Disney ou encore dans une moindre mesure, Mike Holdfield. D’un point de vue sonore, c’est juste un régal. Voilà qui devrait flatter votre casque ou votre couteux matériel de salon. La musique est riche sans être véritablement complexe, ce qui permet de se laisser embarquer facilement et de profiter de la profondeur de l’ensemble. Histoire de relativiser, on admettra que Tuomas ne tente jamais de compositions trop fines ou savantes, et reste dans du symphonique assez direct, hollywoodien si on veut, facile d’accès. Ca n’est pas forcément un mal après tout.
Dès le morceau d’ouverture, le dépaysement est complet. Wellcome in Irland. L’impression de voyage va se prolonger sur la première moitié de l’album. On va faire un petit tour au far ouest avec ce qu’il faut de banjo et d’harmonica, puis nous retrouver en Australie avec des didgeridoos qui tissent un fond plus sombre à un morceau surprenant, en forme de crescendo parcouru de percutions presque industrielles par leur côté répétitifs. Ailleurs, les couleurs prédominantes restent plutôt nordiques et celtiques (et oui, à l’image du Nightwish actuel).

Sur la seconde moitié, Tuomas laisse plus de place à ses invités chanteurs, via notamment 3 chansons plus traditionnelles dans leur structure, où on retrouve Johanna Kurkela ou Tony Kakko (de Sonata Arctica). Les invités sont juste parfaits dans leurs rôles, et font de ces 3 titres 3 singles potentiels, sans problèmes. Pour ceux qui doutaient encore du talent de composition de Tuomas ou du chant de Tony Kakko hors metal, voilà qui devrait clore le débat. « A Life Time of Adventure », Le premier titre extrait de l’album, est de loin le plus pop, avec même un solo de guitare très Holdfield dans l’esprit, je trouve. Une autre voix masculine fait son apparition sur le final, sur une simple guitare sèche dans un premier temps, avant de retomber sur des orchestrations mêlées de flutes plus représentatives du reste. C’est la piste qui m’emballe le moins, surtout en raison du chant grave et un peu imprécis, mais c’est bien parce qu’il faut trouver quelque chose à redire. Pour finir, les plus amateurs pourront opter pour une édition limité comprenant un second disque avec les versions orchestrales (ce qui fait quand même quelques doublons). Pour moi, cette édition vaut surtout pour son packaging franchement classieux. Pour le reste, c’est vous qui voyez !

Ce type est mégalo, ça c’est certain. Il aimerait probablement qu’on le qualifie maintenant de compositeur classique moderne, mais on n’ira peut-être pas jusque-là. Ca n’empêchera pas ce concept album d’être un morceau de bravoure original, qui mériterait un peu plus que de se cantonner au public metal (puisqu’il n’en comporte pas un gramme). C’est un OVNI, à cheval entre plusieurs univers musicaux, qui réussit à ne pas faire tâche dans la discographie de son auteur. Pour moi, c’est une très belle parenthèse à Nightwish.

Wintersun – Time I

Time I

Album sorti en 2012.

Encore une formation du grand nord, comme son nom peut le laisser supposer. Wintersun est un groupe finlandais mené par Jari Mäenpää (ne me demande pas comment ça se prononce). Pour l’aspect historique, le bonhomme avait au préalable participé à l’essor du groupe Ensiferum, qui est toujours bien vivant aujourd’hui, avant de quitter le navire et de créer Wintersun en 2004. Seul maitre à bord et désireux de conjuguer ses origines metaleuses nordiques à quelque chose de plus technique et américain, le groupe a sorti la même année son premier album, qui portait sobrement le nom du groupe. Ce fut un joli carton dans le petit milieu du mélo death, qui a propulsé directement Wintersun au rang de ceux qu’il faudrait surveiller de très près pour la suite. Et la suite fut, disons, légèrement plus compliquée que prévu. L’album Time, initialement annoncé pour 2006, fut repoussé, encore repoussé, subit des soucis techniques et autres nébuleux problèmes à répétitions. Tant et si bien qu’au début des années 2010, le groupe n’étant toujours pas oublié du public, Time n’avait plus qu’un seul qualificatif, arlésienne. Et il faut croire que le terme n’a pas fini de coller à la peau de ce projet, car finalement, après avoir remué ciel et terre pour avoir les moyens d’arriver à son but, le groupe ne peux présenter que ce Time I en 2012, supposé n’être que la première partie d’un diptyque dont la seconde moitié reste à l’heure actuelle très hypothétique. Comme quoi, le nom du projet était bien choisi. Rien que 8 ans de gestation pour une première moitié d’album. Autant dire qu’on attend un certain résultat.

C’est sûr, Jari y a mis les moyens. Il voulait donner une dimension symphonique et asiatique à sa musique, et le résultat y est. L’intro est finement travaillée, sans la moindre touche de metal, à la fois dépaysante et enjouée. Un vrai bon accueil dans le nouvel univers de Wintersun. Pourtant quand guitares et batteries débarquent, on replonge directement dans le death mélo très reconnaissable du groupe. Plus accompagnée, plus épique, c’est certain. La complexité de la construction est toujours aussi présente. Cette formidable « Sons of Winter and Stars » possède plusieurs phases, très bien imbriquées entre elles, qui parvient à mêler vitesse jouissive, agressivité death et phases plus chantés et lumineuses. Le chant death de Jari est toujours Nikel, et on découvre ses progrès en chant clair. Malgré ses efforts louables, pour moi il garde souvent un aspect viking bourru un peu clichesque, au regard de la prétention musicale en arrière-plan.

C’est bien là la force et la faiblesse de Time I, la prétention. Jaris a voulu péter plus haut que son cul, et n’y parvient que partiellement. Les compositions sont classieuses, fourmillent de détails et d’arrangements qui font exploser vos écouteurs, et savent alterner technicité et mélodies plus aériennes. En ça, l’album sait sortir du lot sans problème, et cela suffira déjà pour que les amateurs aient à s’y intéresser. Par contre, peut-on vraiment parler d’album d’un point de vue quantitatif ? Seulement 3 véritables morceaux, avec parfois intro et outro, pour une quarantaine de minutes au total. Sans être scandaleux, c’est un peu limité et laisse un goût d’inachevé. Mais surtout, le groupe a payé cher son retard en matière d’originalité. Entre 2006 et 2012, nombreux sont ceux qui se sont engouffrés dans le filon du metal a tendance orchestrale, et certains ont eu le temps de pondre des incontournables dans leur catégorie (en vrac Nightwish, Epica, Dimu Borgir, Septicflesh etc.). Du coup Wintersun donne l’impression d’arriver après la bataille et souffre de la comparaison, surtout pour ce qui est de la façon d’arranger tous ces ingrédients.

Sans être un pétard mouillé, Time I rate le statut d’incontournable et restera donc confiné chez les amateurs du genre. Il garde au moins celui d’album original, qui aura su proposer quelque chose d’autre que les formules maintes et maintes fois utilisées dans le death mélodique, y ajoutant des structures plus osées, et des couleurs orchestrales exotiques en plus d’être épiques. Jaris y a mis tout son cœur, ça on n’en doute pas, tant cela se ressent et se communique. Un bon moment, qui nous fait espérer un Time II, et c’est quand même le principal.

Nightwish – Wishmaster

Wishmaster

Album sorti en 2000.

Pour peux que la bande son de votre vie est une certaine importance pour vous, vous vous êtes probablement déjà demandé quels sont les 5, ou les 10 albums qui vous ont le plus marqués. Personnellement, je sais que je suis incapable de faire des classement comme les émissions de variétoche nous en pondent à la chaine, afin de déterminer qui mérite d’être 6 ou 7ième. Ca n’a pas de sens quand c’est une question de goût. Ceci dit, je pense que chez moi, le Wishmaster de Nightwish peut tranquillement vadrouiller sur le podium. Cet hivers, nous aurons l’occasion de faire le point sur la situation actuelle du groupe via un petit DVD live, « Showtime, Storytime », mais en attendant, flash back de 13 ans en arrière, et focalisation sur un objet précieux.

Avant d’être tenté par un premier superlatif, plantons le décors. Deux ans après Oceanborn, album de la reconnaissance encore loué par beaucoup aujourd’hui, les finlandais se renferment en studio pour enregistrer leur petit troisième. Ils ne le savent pas encore, mais c’est celui qui les emmènera un peu partout dans le monde, et dans leur première tournée européenne en tête d’affiche. Pourtant, en terme de production, Wishmaster ne se la joue pas ambitieux, en comparaison de l’évolution que fut Oceanborn, et aux vus des records de moyens qu’ils ont pu aligner par la suite. Non, Wishmaster n’est à priori qu’un album de power metal enregistré juste par des musiciens dans un studio. Avec relativement peu d’élément, Nightwish donne une vraie leçon de metal moderne. Un peu moins fou, un peu moins théâtral et mystique que son grand frère, tout simplement déjà moins jeune, Wishmaster ancre la personnalité du groupe dans un power metal plus carré,, plus solide. C’est peut-être le moment de leur discographie où leur musique est la plus stable, assurée et clairement qualifiable.

Prenons le premier single qui en fut extrait, « Deep Silent Complete ». C’est une composition simple et immédiate, sans surplus, mais qui fonctionne juste parce que les ingrédients sont fabuleux. La guitare est mélodique, claire et enjouée, la batterie est débridée à souhait mais frappe juste comme il faut, le clavier rajoute une atmosphère magique et n’a pas encore pris de rides 13 ans après. Et bien entendu, Tarja est au micro. Là j’éviterai d’en faire trop, j’ai peur des représailles au moindre mot de travers. Je ne suis pas un amoureux inconditionnel de la chanteuse, je faisait même parti des quelques qui étaient assez convaincu en 2005, lors de son départ, que l’histoire du groupe continuerait quand même. Cependant, sa prestation sur cet album (comme sur d’autre) s’est tout simplement inscrite dans l’Histoire du genre, et est maintenant cité en référence et source d’inspirations.
Au côté de ce morceau, on placera « Come Cover Me » et quelques autres passages, qui montrent que le groupe sait être efficace sans démonstration technique et sans prise de risque particulière. Non loin, il y a (The Kinslayer », une réaction au fameux massacre de Columbine, et l’une des rares pointes de noirceur de l’album, avec sa rythmique syncopé et ses passages de dialogues proches du schéma gothique de la belle et la bête. C’est d’ailleurs à peu près tout ce qu’on trouvera de vaguement gothique ici.

Mais au delà des bases, l’album regorge surtout de pistes de dingue, plus ou moins speed, qui peuvent se montrer franchement techniques mais sans jamais perdre en percutant. Et c’est là que je perds mes mots. On a « She is my Sin », la mise en train fabuleuse, un « Wanderlust » pfff, fabuleux aussi et tellement mélodique et entrainant. « Crownless « est peut être la chanson la plus speed du groupe, et qui aborde ce style avec plus de classicisme mais tellement de maitrise. Et surtout, surtout, « Wishmaster », la chanson qui donne son nom à l’album, qui est pour moi tout simplement une des meilleures chansons de metal toutes catégories confondues, et qui devrait se ranger avec Highway to Hell, Enter Sandman, Fear of the Dark et tout les autres classiques que vous voulez, si la promo du groupe avait été logique et avait mis en avant ce titanesque titre. Pas un fichu clip !

On a aussi des balades, bien entendu, avec d’abord « Two for Tragedi », le seul titre que j’ai tendance à zapper, mais les mordus de Tarja n’en font surement pas autant. LA balade, c’est « Dead Boy’s Poem », également un sacré monument, qui va de la guitare sèche à un final très très épique. Tuomas l’avait composé comme une sorte de testament musical, dédié à son public et à cette période résolument heureuse de son existence. Cette chanson emmène vers le final, « FantasMic », qui ne fait pas référence à ce que tu crois mais à Disney (contraction de Fantasia et de Mickey, avoue que t’es déçu). C’est une des fameuses masterpiece, des chansons longues, à la structure et l’ambition plus complexe que le reste. Ca n’est clairement pas la meilleure Masterpiece de Nightwish, mais quand même un bon pavé divisé en 3 parties qui synthétisent bien l’album.

Je n’ai pas parlé des Soli de guitare, qui peuvent se faire rare aujourd’hui chez Nightwish, des petites apparitions de la flute, du jeu de batterie, mais tout ça le mériterait. Seulement, on ne va pas faire 10 pages, je pense que le message est passé, avec son objectivité relative.
Un dosage parfait, des compositions souvent lumineuses et enjouées, et un groupe dont seule la basse n’est pas au moins au stade du très bon (d’ailleurs Sami Vanska dégagera pour l’album suivant). Histoire de relativiser, même si il m’a marqué au plus haut point, cet album reste du power, avec plusieurs autres adjectifs possibles, mais qui ne sort pas de cette case et qui rencontrera difficilement d’autres publics. Mais dans le genre, c’est juste un incontournable !

Seule vidéo promo officielle disponible, du live d’époque, avec un son discutable en plus…

Sonata Arctica – The Days of Grays

The Days of Grays

Album sorti en 2009.

Sonata Arctica est l’un des groupes les plus connus du power metal mélodique des années 2000. Depuis Ecliptica en 99, ce groupe s’est fait remarquer avec un power metal assez jovial et rapide, et avec un sens affuté du tub efficace. D’ailleurs, c’est ce qui fait que Sonata n’est, pour moi, resté longtemps qu’un groupe juste sympathique à l’occasion, sans plus. Cependant avec Unia en 2007, Sonata a déstabilisé ses fans en proposant un album un peu plus lent, et qui ajoutait un léger aspect progressif un peu moins accessible dès la première écoute. Je n’avais pas réellement accroché pour autant mais j’avais alors apprécié la capacité du groupe à prendre des risques, tout en leur reconnaissant toujours un savoir faire indiscutable. Malgré cela, ça n’est que tardivement que je me suis décidé à écouter The Days of Grays, poussé par des critiques assez unanimement positives. Et ce n’est pas moi qui irai à contre sens.

Pourtant à première vue, la couverture est tout ce qu’il y a de plus cliché, Sonata nous offrant une imagerie nordique banale. Mais la musique, elle, se charge d’entrée de jeu de nous sortir des habitudes. Après quelques secondes de crescendo qui laissent présager d’un démarrage en trombe, « Everything Fades to Gray » se dévoile comme étant en fait une délicate instrumentale, assez finement travaillée avec ses lignes de clavier soutenues par des violons et violoncelles. Non, ça n’est pas qu’une intro à rallonge pour la forme, c’est bien un vrai démarrage, original et prenant. La suite multiplie encore les contre-pieds. « Deathaura » commence encore doucement au violon avant que les guitares et la batterie ne déboulent sans prévenir, frappant étonnamment fort pour du Sonata. Et alors qu’on attend la voix de Tonni Kakko d’une seconde à l’autre, le fracas de double pédale s’interrompe aussi brutalement qu’il est arrivé, pour faire place à une petite ligne de clavier façon B.O de Harry Potter, sur laquelle on découvre une voix féminine, celle de la chanteuse pop finlandaise Johana Kurkela, sur laquelle nous autres français n’avons normalement aucun à priori. A ce stade, le groupe est bien parvenu à nous enlever nos certitudes, et notre attention est totale. Maître Kakko peut faire son entrée, et le groupe peut entamer sa mise en place normale. Enfin normale, pas trop non plus, « Dithaura » étant une bonne grosse pièce aux accents progressifs très bien construite, ou Tonni et la chanteuse se répondent constamment, pour un résultat speed mais enchanteur faisant forcément penser à un certain Edward aux Mains d’Argent.

Hivernal, enneigé et magique, voilà l’atmosphère qui plane sur l’ensemble de l’album et qui lui donne son petit plus. Des chœurs discrets apparaissent régulièrement et parsèment le disque de « ouououou » virevoltants comme du vent chantant entre les parties de power metal. Le clavier de Mr. Klingenberg Tient une place prépondérante, et passe par de multiples sonorités qui apportent également beaucoup à l’ensemble et qui semblent généralement bien moins kitch qu’elles ont pu l’être. Ce clavier est ponctuellement soutenu par la section symphonique qui sait rester discrète, juste à la bonne place pour approfondir le son mais ne pas réellement transformer la musique du groupe en pompeux metal synpho. Même lorsque le label Nuclear Blast leur demande de placer quand même un single qui va bien, Sonata sait garder l’identité de l’album tout en rajoutant le refrain fait maison taillé pour le live (Flag in the Ground).

Pour le reste, les petits moments de bravoures se succèdent. La monté en puissance de « The Dead Skin », où Tonni nous présente sa récente maîtrise du cri suraigu et où les musiciens se payent une belle accélération en milieu de morceau. « Juliet » renoue avec le penchant romantique et là encore c’est Tonni qui s’illustre par son chant émotionnel et maîtrisé. « No Dream Can Heal a Broken Heart » Fait à nouveau appel à la chanteuse pop pour la parfaite illustration de tout ce qu’il y a de neuf sur cet album, une structure rondement menée mais plus complexe que le Sonata des débuts, un vocaliste au top et une ambiance délicieusement froide et enchanteresse. Même constat pour « The Truth Is Out There » et son jeu de clavier entre piano envoûtant et solo puissant, presque arabisant sur sa fin, alors que l’harmonie entre celui-ci, le chant, les chœurs et le reste offrent un final digne de ce nom. La véritable dernière piste est une seconde occurrence de « Everything Fades to Gray » mais avec paroles, et avec un texte qui mérite l’attention.

Histoire de relativiser, signalons les deux balades qui me laissent totalement de marbre, et le fait que l’album reste très power dans l’âme et ne s’ouvrira donc pas facilement aux non convaincus, malgré sa qualité qui en fait après tout un bon ambassadeur.
Je trouve à « The Days of Grays » une véritable aura, une vraie petite atmosphère Burtonienne et nordique qui s’ajoute à l’agréable de la musique de Sonata. L’album sonne comme un adieu forcé au passé adolescent, naïf et coloré du groupe, tout en en conservant une poésie certaine, une magie quelque part dans l’atmosphère alors qu’un cap vient d’être franchi. Entre deux ages, cet album reste comme une petite pépite dans la discographie du groupe.

Nightwish – Imaginaerum

Imaginaerum

Album sorti en 2011.
Chronique rédigée en 2012.

Il était franchement difficile de dire à quoi s’attendre avant la sortie d’Imaginaerum en 2011. En effet, qu’attendre de Nightwish ? Un groupe qui s’est hissé au rang des quelques monstres sacrés actuels du metal, et qui en a même partiellement franchi les frontières. Pour en arriver là, le groupe n’a eu de cesse de faire évoluer sa musique au fil de sa discographie, décevant toujours une partie de ses fans mais en amassant parallèlement toujours plus. Et quand le groupe ose en 2006 se mutiler d’un de ses emblèmes les plus fort, à savoir sa chanteuse, il signe sa condamnation ultime à devoir aller de l’avant, et l’Internet ne se remet pas encore tout à fait des réactions des auditeurs. Il en a résulté en 2007 un « Dark Passion Play » qui montrait Nightwish plier, mais ne pas rompre.
C’est donc sagement que le groupe a pris son temps avant de proposer du neuf. Et Imaginaerum, c’est pour Tuomas l’heure d’utiliser ses moyens devenus conséquents pour réaliser un projet réfléchi, soit disant, de longue date. Un album dont le concept et les thèmes musicaux serviraient de base à la réalisation d’un film.

Pas d’inquiétude, le concept n’emporte que rarement le disque hors de ces objectifs. A l’heure de cette rédaction, la France n’a pas vu le film qui en sera inspiré, et pourtant l’album s’est présenté comme une œuvre complète à lui tout seul, porteuse d’une identité et d’un univers. Au cœur du propos, le thème de l’innocence, déjà très largement évoqué par Nightwish par le passé. Mais cette fois, Tuomas ne se focalise pas sur la perte inévitable de l’innocence avec le temps. Il nous plonge dans l’univers d’un vieil homme qui parcours encore et toujours le parc d’attraction que représente ses impressions d’enfant.
En conséquence, nous tenons là l’album le plus lumineux, le plus féerique de Nightwish, loin des doutes et noirceurs de Dark Passion Play ou de Century Child. Pour créer cette ambiance, les finlandais se laissent volontairement disputer la vedette par l’orchestre philharmonique de Londres, ses mythiques chœurs (dont celui des enfants) et même par le musicien irlandais Troy Donockley qui est omniprésent sur beaucoup de titres, poursuivant l’orientation du groupe vers cette aura celtique qui avait commencé à poindre dernièrement.

Imaginaerum, qu’on l’aime ou pas, marque déjà son temps par son approche du metal symphonique. Le savoir-faire avec lequel l’intro est menée, explosant les clichés du genre, ou le temps que le groupe sait donner à l’orchestre pour aérer les compos et l’album en général, sans jamais perdre le fil, sont autant d’éléments marquants sur cet aspect. Les divers intervenant ont retrouvés une unité qui fait plaisir, à commencé bien sûr par le duo de vocalistes Anette/Marco.
Difficile de tout passer au peigne fin. On pourrait parler des tubs façon Nightwish que sont « Storytime » ou « Last Ride of the Day », sur lesquels on sent la nouvelle assurance D’Anette et où on devine de nouveaux hymnes pour le groupe. On pourrait parler de leur nouvelle façon d’appréhender les balades, allant vers une sorte de pop travaillée et inspirée. On pense alors à des groupes comme The Corrs pour l’aspect celtique, ou bien entendu à des compositeurs de bandes originales, dont Ennio Morricone à qui un clin d’œil est volontairement placé sur « Turn Loose the Mermaids ». Et bien entendu, on pourrait parler des vraies moments à part, dont d’abord « scaretale », le théâtral train fantôme du parc Imaginaerum, inspiré de l’atmosphère de la maison hanté de Disneyland Paris. Le résultat n’effraie personne mais emporte le groupe vers de délicieuses envolées caricaturales et délirantes (dans le bon sens). Aussi, « Slow, Love, Slow », la prétentieuse balade jazzy, sur laquelle Anette fait des merveille. Encore, « Arabesque », l’interlude instrumental de luxe, à la fois hollywoodien et tribal. Bref on pourrait continuer encore un moment à faire le tour des traits de bravoure, puisque chaque piste mériterait un commentaire.

Comme on n’a pas non plus entendu dire qu’Imaginaerum était le chef d’œuvre absolu, on pourra lui reprocher deux trois petites choses concrètes. En premier lieu, de foirer sa fin. En effet la seconde partie de « Song of Myself » se perd en longueurs instrumentales ornées de textes lus par divers intervenants, ce qui est assez peu concluant. Et le titre final, en voulant se contenter d’orchestrations, ne fait que reprendre les thèmes principaux de l’album à la manière d’un générique de film, et il faut bien avouer qu’on ne se laisse pas souvent aller à l’écouter sérieusement malgré la prestation de l’orchestre de Londres.
En second lieu, il faut bien reconnaître que les parties heavy jouées par le groupe sont un peu trop lisses et propres, un peu trop sages. Avec des « Scaretale », « Rest Calm », ou « Last Ride of the Day », la section metal sait tirer son épingle du jeu, placer quelques bons soli de guitare, mais que serait vraiment « I Want my Tears Back » si Troy Donockley ne rattrapait pas le coup, et cette intro de « Ghost River » si l’orchestre ne venait pas gonfler les rifs. Mais soyons francs, c’est bien pour faire les difficiles.

Pas de doute, Tuomas a fait là un nouvel album qui fait honneur à son groupe, car il est à lui tout seul un petit tout, pas seulement une nouvelle cuvée de chansons, étonnant de cohérence dans sa complexité. Pour l’histoire du groupe, Imaginaerum est aussi totalement cohérent, poursuivant la lente mais perpétuelle évolution stylistique, qui désormais n’a plus aucune raison de confiner le groupe à la seule sphère metal tant il sait s’ouvrir et s’imprégner d’autres idées au besoin. Du très très bon !

Clip : (Qui se permet d’être plus court que sur album, un comble pour une chanson déjà taillée pour être un single.)

La bande annonce du film Imaginaerum :

Apocalyptica – 7th Symphony

Album sorti en 2010.
Chronique rédigée en 2010.
Plus d’infos ici

Atypique ou original, deux qualificatifs qui reviennent sans cesse lorsqu’il s’agit de parler d’Apocalyptica en général. C’est grâce à ce genre d’adjectif que le groupe a effectué un parcours lui aussi très original jusqu’à aujourd’hui. A la base, groupe de reprise de standards du metal au violoncelle, Apocalyptica a fait bien du chemin, a collaboré avec de très nombreux artistes, sur scène comme en studio, et se revendique aujourd’hui comme un groupe complet, à part entière. Cette volonté d’indépendance, ils l’affichent via la cover de ce septième album ainsi qu’au travers des clips issus de ce dernier. On y remarque que les violoncelles y sont moins présents et que le groupe cherche désormais à présenter d’autres repères visuels. Ils semblent vouloir nous dire que même si le violoncelle reste leur identité, leur instrument phare, le temps où ce seul fait suffisait à justifier la musique du groupe est révolu, qu’il est temps pour eux de trouver une vraie place dans le paysage rock et metal. Pourtant, au fur et à mesures des annonces précédant l’album, on a constaté que les featuring y seraient toujours aussi nombreux . Paradoxal d’une certaine façon non ?
Quoi qu’il en soit, après Worlds Collide, Apocalyptica a fait beaucoup parler, se faisant toujours autant qualifier de génial ou d’original, mais aussi désormais du célèbre « commercial » et autres « c’était mieux avant ». Ces critiques peuvent s’expliquer par l’orientation plus accessible prise petit à petit. Mais étant donné l’aura grandissante du groupe, elles semblent être heureusement l’un des symptôme qui annonce, qui l’eut cru avant justement, que Apocalyptica s’est installé sur le devant de la scène et commence à marquer son temps. Mais assez contextualisé, parlons de 7th Symphony.

Le son du groupe s’illustre dans toute sa puissance dès les premières secondes de l’album. Avec seulement 4 violoncelles et une batterie, ils envoient du bois, c’est indiscutable. La production est en béton, loin de la simplicité des premiers albums, n’en déplaise aux fans de ceux-ci. Les crincrins prennent une sacrée saturation dans les cordes pour leur donner ce rendu metal auquel nous nous sommes désormais habitués. Mais cette fois-ci, le son semble mieux équilibré que jamais. La batterie, trop envahissante sur Worlds Collide, a baissé d’un ton, pour prendre une place non moins importante, mais plus maîtrisée. Tant qu’on parle de Mikko Siren, son jeu semble lui-même plus maîtrisée d’ailleurs, moins bourin, puisqu’il peut aller du blast furieux à des rythmes mi tempo lents et discrets. Bref, ni vraiment transcendante ni trop bateau, la batterie a pour moi enfin trouvé sa juste place au sein d’Apocalyptica. Quant aux violoncelles, ils profitent de la production et utilisent de multiples effets tout au long de l’album. Peut-être un peu trop par moment d’ailleurs. A plusieurs reprises, je me suis demandé pourquoi avoir des violoncelles si c’est pour autant vouloir singer la guitare. Un exemple parmi d’autres, le riff principal de « End of Me », qui en plus d’être très proche d’un son de guitare, est très banal.

Quand la technicité du groupe s’amenuise comme ça, c’est toujours pour faire place à un invité. Ceux-ci sont nombreux sur cet album, cinq pour être exact, et sont accueillis avec méfiance par beaucoup de fans. Pourtant vu leur nombre, les chansons avec invités occupent une place prépondérante. « End of Me », « Not Strong Enough » et “Broken Pieces” sont les trois titres qui bénéficieront d’un clip et sont donc la vitrine de l’album. Sans surprise ce sont des chansons très metal alternatif radiophonique, c’est un fait. A partir de là, pas la peine d’en faire toute une histoire, si vous n’aimez pas du tout cette influence, vous n’aimerez pas ces titres, c’est clair. Personnellement en dehors de « End of Me » qui n’a pas que le riff de banal, je trouve que les deux autres ne sont pas mauvaises du tout et remplissent très bien leur rôle de chansons accessibles. Passons à l’intervention de Dave Lombardo qui n’en est pas à son coup d’essai pour ce qui est de tenir les fûts d’Apocalyptica. Une fois de plus le Slayer file un bon coup de nerf à sa piste pour lui donner un bon aspect trachy. Sans tomber dans la redite de ses précédents passages, sa grande technicité ne suffit pas cependant à vraiment casser la baraque, et souligne un peu plus le fait que Siren ne fait finalement pas si tâche à côté (attention je n’ai pas dit que lui et/ou la chanson étaient mauvais). Dernier intervenant, Joe Duplantier (Cocorico !) qui arrive comme une baleine sur la soupe, et offre enfin quelque chose de vraiment nouveau (si l’on excepte la dispensable chanson avec Max Cavalera il y a déjà quelques temps). Son chant death parfois doublé de clair, associé à un rythme qui lui convient très bien, se marie curieusement aux violons qui en plus ne sont pas toujours saturés. De plus le break tout en lourdeur est vraiment délectable. Là pour le coup, un auditeur pas très ouvert au metal aurait à son tour beaucoup de mal avec ce titre, qui reste un des meilleurs.

Les autres chansons laissent enfin le groupe s’exprimer seul. Et à ce jeu là, le progrès principal depuis Worlds Collide est qu’on n’a plus du tout l’impression d’écouter des titres dont le chant aurait été remplacé par un violon solo. Les structures retrouvent un aspect complexes, progressif même, qui avait presque disparu. Les meilleurs exemples sont « At the Gates of Manala », et surtout « Rage of Poseidon ». La première ouvre l’album peut-être un peu trop brutalement mais se rattrape par la suite en variant davantage les plaisirs, présentant assez bien le propos. « Rage of Poseidon » offre un final sombre et puissant à l’album. On y imagine très bien comme le suggère le titre un bateau charrié par une mer de plus en plus furieuse, avant de sombrer sous des flots surpuissants et que l’album ne se referme majestueusement sur cette démonstration. Ces deux titres profitent bien de la charge émotionnelle que peut transmettre le groupe. On citera également la trop courte « Beautiful » où le violoncelle retrouve enfin son essence, son jeu clair et simple, plus chaleureux que sur la majorité du reste de l’album.
Ainsi vous l’aurez compris, les chansons de ce 7th Symphony sont d’un très bon niveau, mais un problème entâche tout de même l’album dans sa globalité, la cohérence. En effet, d’entrée de jeu passer de « At the Gates of Manala » à « End of Me », sans temps mort en plus, fait presque peur. On a l’impression d’avoir à faire à une compil’ tellement la différence stylistique est flagrante. Ce problème n’est pas nouveau pour le groupe mais n’est vraiment pas résolu ici. Passer d’une chanson metal alternatif à un genre trash avec Lombardo à la batterie, puis à un titre planant uniquement au violoncelle ne fait apparemment pas peur au groupe, mais déroute complètement l’auditeur. Heureusement que le son reste assez constant sinon l’album ne serait qu’une succession de titres, bons, mais presque sans queue ni tête. Dans ces conditions beaucoup d’auditeurs accrocheront probablement à quelques titres selon le cas, mais pas toujours à tous.

Apocalyptica va de l’avant sans se révolutionner. Ce 7th Symphony se place au dessus de son grand frère Worlds Collide dont il reprend tout de même le concept. Le problème reste qu’on sent encore que le groupe ne sait pas sur quel pied danser, même s’il améliore son savoir faire dans plusieurs des genres entre lesquels il hésite.

Les clips :

Nightwish – Made in Hong Kong (and in Various Other Places)

 

Nightwish - Made in Hong Kong (and in Various Other Places) dans Chronique d'album

E.P. live sorti en 2009.
Chronique rédigée en 2010.
Plus d’info ici

Deux ans plus tôt, Dark Passion Play avait fait couler de grandes quantités d’encre numérique de la part des fans, bien qu’il n’y ait eu presque aucun changement d’orientation musicale entre celui-ci et Once. La raison du tapage, comme vous le savez presque tous je pense, était Anette Olzon et son timbre si différent de celui de la tant aimée Tarja. C’est à la fin de la tournée qui suivit, et juste avant d’en débuter une deuxième d’affilée, que Nightwish nous proposait cet EP live agrémenté d’un DVD. Le dernier live en date, End of an Era, ne remontait qu’à la tournée précédente, cependant le contexte que nous venons de reprendre justifiait en grande partie un nouveau témoignage des performances du groupe. Pourtant, si comme le dit le proverbe qui aime bien châtie bien, c’est avec tout le respect presque autant présent que passé dû au talent de Nightwish que je vais me permettre d’être moins unanime que je ne l’aurais été pour bon nombre d’autres disques du groupe. Comme pour montrer qu’une page de l’histoire est définitivement tournée, les finlandais ne nous offrent ici que du contenu en rapport avec Dark Passion Play, soit huit titres live tous issus du dit album, une version démo d’un titre et 2 B-sides. Quant au DVD, il contient un documentaire sur la tournée et les trois clips de l’album. Le menu étant totalement annoncé, dégustons ensemble.

Un premier gros problème saute à la figure à l’écoute des titres live, le son en lui-même est très décevant. Le public est quasi inaudible à partir du moment ou une chanson est lancée et la production est bien trop lisse. La batterie sonne très bien mais la guitare, même si elle est présente, est brouillonne et ne produit qu’un grincement continu lorsqu’elle ne fait que de la rythmique (j’exagère à peine). Quant au chant, Nightwish semble tendre le bâton pour se faire battre. En effet, pour les avoir vu en concert, je peux vous dire que tous les passages qui pouvaient laisser à désirer sont présents sur ce CD, sauf peut-être Nemo. Le manque de souffle de Marco sur le refrain de Bie Bie Beautiful, les petites adaptations d’Anette à la fin de The Poet and the Pendulum pour ne pas avoir à monter trop haut etc. C’est vraiment dommage, d’autant plus que la belle s’est bien réappropriée des chansons comme Ever Dream, Slaying the Dreamer ou Dark Chest of Wonders. Les chansons en elles-mêmes valent toujours ce qu’elles valent et je vous renvoie aux chroniques de Dark Passion Play pour revenir là-dessus, cependant, vu qu’elles sont jouées presque à l’identique de l’album, le seul résultat est qu’on a trop souvent juste envie de se replonger dans les versions studio qui ont beaucoup plus d’ampleur.

Rendons tout de même à César ce qui est à César, Ever Bring the Night ne perd pas complètement de son énergie bien qu’on en maudisse d’autant plus la production. The Islander et Last of the Wild profitent de la présence de Troy Donockley et de ses instruments celtiques, pour en faire les 2 meilleures pistes, avec enfin de la guitare qui se fait remarquer, qu’elle soit folk ou électrique. Il ne manque que le public pour chanter et taper des mains sur The Islander, mais il suffit d’être imaginatif… 7 Days to the Wolves permet de terminer la partie live sur une note assez acceptable, les deux vocalistes montrant enfin toute leur puissance et les musiciens récitant leur leçon sans problème.

Impossible de juger objectivement le reste du CD et le DVD sans se poser la question du public visé par ce Made in Hong Kong. En effet, mis à part le documentaire qui n’apporte qu’anecdotes et interviews façon rock star, le reste n’est pas inédit, donc les fans hardcore l’ont déjà. Et pourtant, à part des fans hardcore, qui voudrait des trois clips disponibles partout sur le net si on ne les a pas déjà sur telle ou telle édition du dernier album, au côté sûrement d’une ou l’autre des B-Side qui, sans être mauvaises, ne justifieront jamais l’achat de Made in Hong Kong. Pour conclure, les titres live sont globalement décevants et l’entassement de bonus en tout genre déjà présent sur de nombreuses éditions d’albums, singles ou compilations risque de ne contenter ni les fans ni les autres. C’est bien à regret que je m’attarde si longuement à adresser ce premier véritable blâme à Nightwish, dont je ne perds pas l’espoir qu’il soit le dernier.

Les clips présents sur le DVD, issus de l’album Dark Passion Play :




blog.00 |
Les Pautes |
R_HD |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Djmissedq
| Choralechatel
| Ssupergoma