Archive pour le Tag 'folk metal'

Ayreon – The Theory of Everything

The Theory of Everything

Album sorti en 2013.

Attention, consommateur de musique clinex, s’abstenir. Arjen Anthony Lucassen, musicien multi instrumentiste hollandais, n’est pas du genre à aimer les trucs vites expédiés et vites digérés. Par le biais de l’entité Ayreon, il s’est déjà fait une petite spécialité de l’opéra rock/metal, qui gardait jusque-là des thématiques assez proche de la science fiction. Par opéra, il faut comprendre qu’il y a une histoire à suivre, et que chaque chanteur interprète un personnage. The Theory Of Everything est sorti en 2013, et affichait un casting très engageant et un thème nettement plus humain, tout en restant proche des questions scientifiques. Avec ce cahier des charges et quelques extraits, je me suis senti d’attaque pour découvrir se pavé, malgré son aspect pas forcément austère, mais indigeste. Lucassen lui-même demande à ce que l’on veuille bien le découvrir par étape, petit à petit, avant de se faire un avis. Suivez le guide, je vous ouvre les premières portes. Dernière précision, je n’ai pas écouté les précédents efforts de Ayreon, je ne peux donc pas comparer.

La théorie du tout est une théorie scientifique réelle, qui, a ce que j’ai compris, veut qu’il y ait une formule centrale, une espèce de loi universelle inconnue qui réconcilierait les lois de l’infiniment petit et celles de l’infiniment grand, qui semblent jusque-là ne pas obéir aux même règles. Avouez qu’on commence bien là… Bon, on range Jamy dans le camion, parce qu’au final, le contenu de la théorie, on s’en fout un peu pour Ayreon (mais que voulez-vous, je me soucie de votre culture moi). L’histoire s’ouvre sur un jeune homme atteint d’une sorte d’autisme, dont le père est un scientifique qui travaille sur cette fameuse théorie. Sa mère désespère de comprendre un jour le fonctionnement de son fils. Un jour, un sympathique professeur découvre des dons mathématiques exceptionnels au jeune prodige. Il tente alors d’expliquer au père l’intérêt qu’il devrait enfin porter à son fils, d’un point de vue scientifique et aussi humain. Mais d’une part le bonhomme n’est pas facile à raisonner et va s’entourer d’un psy aux méthodes douteuse, et d’autre part le jeune prodige attire la convoitise d’un rival qui n’a pas l’intention de se laisser éclipser par un attardé. Voilà pour la situation qu’expose le premier acte.

Sur la forme, l’album se compose de 4 gros morceaux (ou actes, ou mouvements, comme vous voulez), répartis sur 2 CD et eux-mêmes découpées en plusieurs pistes. D’ailleurs, si vous optez pour une version numérique comme le MP3, je vous conseille fortement de trouver un lecteur qui ne laisse pas de blanc entre les pistes, sous peine de hacher désagréablement l’écoute (déjà que ça n’est pas simple à découvrir). Musicalement, on est sur du rock/metal progressif, auquel on peut ajouter des sous-genres folk ou power mélodique. Ne cherchez aucune structures faciles à accrocher, tout est très étirée, et les mélodies récurrentes ne vous apparaitrons qu’après quelques écoutes. Le mix est assez sobre, un peu passéiste même, mais a le mérite d’être très clair et de mettre en avant chaque instruments et voix. Pas de surplus d’effets, d’orchestrations ou autres, les ingrédients sont rapidement dévoilées et identifiés. Vu la tête des compositions, croyez-moi c’est suffisant.
Heureusement, je me répète un peu mais, malgré sa forme indigeste, la musique reste assez attrayante, même aux premiers abords, car pleine de mélodies et de chanteurs talentueux. On repère assez vites de bons passages, avec des mélodies qui tournent en boucle (« Patterns », (The Eleventh Dimension » etc.). Si déjà vous ne trouvez pas ça désagréable, vous tenez l’essentiel, vous allez pouvoir insister un peu, y aller petit à petit et découvrir l’album comme il faut. Plus tard vous remarquerez les thèmes récurrents, vous rentrerez dans l’histoire.

Parlons un peu du casting en commençant par les musiciens, car malgré le concept les passages instrumentaux restent nombreux. On trouve notamment des ex Genesis et Dream Theater à la guitare et au clavier. Ces deux instruments dialoguent très souvent, jouant avec les divers thèmes principaux ou en free style complet. Troy Donockley de Nightwish (qui décidément sait s’exporter ces temps-ci), est lui aussi très présent avec ses instruments folk celtiques, ce qui apporte une vraie plu value par rapport à des claviers. Les compos lui laisse de belles parties pour s’exprimer, tant sur des fonds électriques qu’acoustiques. Il a peut-être même davantage d’espace qu’au sein des derniers Nightwish.

On pourrait faire un tour complet des chanteurs et chanteuses présents, car leur prestation fait plaisir. Les plus surprenant sont ceux qui savent vraiment entrer dans leur personnage, offrir un travail d’acteur en plus du chant. En particulier JB de Grand Magus me bluffe, en prof humain et bien intentionné, loin de l’image de grand viking bourru qu’on lui connait. Le duo père /fils (respectivement Michael Mills que je découvre, et le jeune Tommy Karevik, récente recrue de Kamelot) s’en sort aussi à merveille, en portant la majeure partie de la charge émotionnelle sur leurs épaules. Marco Hietala (encore un Nightwish) est moins surprenant en rival hargneux, mais parvient à imposer quelques passages tout en retenue, ce qui offre une facette plus dramatique et intéressante à son personnage. Je n’ai pas parlé des deux femmes présentes, je sais, quel sexisme, mais il y a tant à dire. J’aime beaucoup le petit prélude folk au dernier acte, seul moment où ces deux personnages se rencontrent.

Allez, essayons de ne pas s’étaler inutilement et d’être synthétique. The Theory of Everything est un album assez passionnant, avec un casting international et inter générationnel à faire saliver beaucoup d’amateurs de la sphère rock/metal mélodique. Il faut s’y pencher avec un peu d’insistance pour passer le cap, s’intéresser aux textes, et bien sûr être un minimum attiré par cette musique prog assez technique et un chouya rétro. Mais le jeu en vaut la chandelle, ça va vous occuper un moment, et d’une bien belle manière. Vous allez encore passer pour un extra terrestre auprès du reste du monde, mais si vous en êtes là de la lecture, c’est probablement que ça ne vous pose pas de problème particulier.

Orphaned Land – All Is One

All Is One

Album sorti en 2013.

En tête de CV, Orphaned Land peut faire figurer « pères fondateur du metal oriental ». Ca n’est pas abusif, puisqu’ils sont les premiers à, depuis leur Israël natal, avoir proposé au monde entier une forme polymorphe de metal tinté de nombreux éléments de musiques orientales. Oh bien sûr, depuis le début des années 90, le parcours fut long, parsemé de seulement 4 albums jusqu’en 2010, mais avec une courbe de popularité toujours croissante. Le groupe ne s’est pas contenté d’imposer ce mix musical, il s’est aussi fait connaître comme porte parole actif de la situation politique et culturelle de leur coin du monde. Aucun engagement politique direct, aucun réel parti prix revendiqué dans les remous de l’Histoire depuis 20 ans, mais un farouche message de paix entre 3 cultures monothéistes qui ne cessent de prouver leur capacité à se mettre sur la gueule. Et si le message doit passer par le propos religieux, ça n’a notamment pas effrayé Orphaned Land avec un album tel que Mabool (déluge en Hébreu) en 2004. Les tournées se sont succédées, se sont élargies, ont franchies des frontières revendiquées par les 3 cultures, au moyen orient comme en Europe. Là encore, tout ne s’est pas fait sans embuches, mais le constat avant la sortie de ce petit dernier en 2013 est clair. Première tournée européenne entièrement consacrée à des groupes d’oriental metal, DVD live, album solo du guitariste Yossi Sassi (concept album assez sympathique pour ceux qui aiment les albums de guitare), bref, le rythme s’est accéléré.

Et début 2013, c’est la rumeur. Orphaned Land serait parmi les nominés au pris Nobel de la Paix. On suppose, en raison du message véhiculé et des nombreux rassemblements de publics de tous bords sans accrochages, lors des concerts.
Rappelons quand même que, malgré les indices laissés par le label et les propos tenus par-ci par-là, la liste de ces nomination n’est connue que du seul comité. De plus, selon France Info, il y aurait un nombre record de postulants cette année, soit 259. On ne s’attend donc pas tellement à les voir élus. Il n’empêche qu’une simple nomination à cette récompense serait une sacrée reconnaissance
de leur parcours. Si vous êtes du genre militant, une pétition existe pour les soutenir.
Avec tout ça, on n’a toujours pas parlé de l’album All Is One, mais ce contexte est un élément important de son identité. C’est de loin l’album qui aura mûri le moins longtemps avant de sortir, et il était annoncé comme plus catchy, plus direct. D’où la crainte de nous voir offrir un album complètement dirigé vers leur notoriété, et musicalement bâclé.

Inutile de ce la jouer suspense, oui, archi oui, All Is One est carrément plus accessible, plus grand public. Enfonçons le clou, c’est aussi l’album dont le concept artistique est le moins travaillé depuis un sacré moment. C’est dit. Pour autant, est-ce que la messe est dite ? Heureusement, non, vraiment pas. D’une part parce que même si Orphaned Land ralentie un peu la dose en matière de concepts albums, ils ont encore une bonne marge avant de nous servir du vent. Et d’autre part, le lien entre simplicité et mauvaise qualité n’est pas scientifiquement prouvée, n’en déplaise à une élite de branleur musicophyles (oui je sais qu’on dit pas musicophyles). Et sur ce point également, le groupe peut lever un peu le pied et rester très honnête.

L’accent est mis sur l’unité entre 3 cultures religieuses, une idée qui s’illustre ici tant visuellement, musicalement que linguistiquement.
Au niveau du style, on s’approche du symphonique, avec l’ajout de beaucoup de violons et de chœurs, ainsi que des fameux instruments traditionnels si chers au groupe. La production est parfaitement énorme et exemplaire, mixant tout ça avec aisance. La partie metal, bien qu’assez propre sur elle, a l’espace sonore suffisant pour envoyer ce qu’il faut et ne pas se cacher systématiquement derrière le reste. Le seul qui se tape une mise en avant quasi constante, c’est le chanteur, Kobi Farhi. Vous me direz, quand on revendique des compos ouvertement plus grand public, quoi de plus normal que de mettre le chant au premier plan. Le bonhomme tient le micro depuis les débuts du groupe, et continue ici sa transition vers le chant clair constant. On n’aura droit à du guttural que sur le titre « Freedom », ou sur un léger aspect tribal plutôt bien fichu sur « Our Own Messia ». Même si il laisse parfois deviner ses limites dans les tonalités hautes, Kobi nous fait une prestation remarquable, qui joue son rôle dans l’identité sonore du groupe.

Comme on l’a dit, on se retrouve avec pas mal de chansons directes, courtes et plus ou moins efficaces selon le cas. Parmi les réussites je citerai « The Simple Man » qui bizarrement ne fait pas parti des clips, la dépaysante « Ya Benaye », et bien sûr la balade « Brother » qui devrait susciter des réactions aussi vives qu’opposées.
Mais au delà de ces enrobages plus ou moins commerciaux, l’album garde un cœur qui se situent de la piste 4 à 8, où ils osent quand même des structures moins conventionnelles (tout reste relatif), et où se trouve pour moi l’essentiel de son âme. C’est ici que Kobi donnera le meilleur de lui, que les guitares et batteries lâcheront temporairement la bride (sur l’instrumentale « Shama’im » surtout), et que le folk et la symphonie se paieront les plus beaux passages.

Tout ça laisse un peu partagé. D’un côté, on comprend ceux qui seront inévitablement déçu par la direction prise. Pourquoi disposer de tels musiciens si c’est pour amoindrir les aspects les plus techniques de leur musique ? Le côté progressif en a pris un coup, et le côté death, n’en parlons même pas. On aurait souvent envie d’aller demander au batteur, Matan Shmuely, d’accélérer un peu le tempo et de se lâcher. Mais une fois passé ce cap, il faut reconnaître ses qualités, son sérieux et son côté symphonique réussit et touchant. L’ensemble fait plaisir, fait honneur au metal main stream (si ça en est). Moi je n’ai qu’une envie, faire tourner.

Divico, l’inédit d’Eluveitie

Petit aparté, toujours à propos de la compile The Early Years d’Eluveitie. On peut s’étonner de l’absence d’inédit sur cette compile, alors que d’habitude les groupes en font un vrai argument pour appâter celui qui est déjà en possession de chaque production disponible. Les temps changent on dirait, en raison, allez savoir, de l’avènement de la musique digitale, ou autres…

Pourtant, l’inédit de The Early Years existe bien. Je m’étonnais de voir sur certain site, le morceau « Divico » apparaître sur la track list de Vên réenregistré, alors qu’elle ne figure pas sur les éditions disponibles chez nos chers vendeurs de rondelles. Suppression de dernière minute de la maison de disque ? Non non, l’explication est bien fournie par le groupe sur son Youtube. Ce titre ne figure que sur les éditions vendues directement par eux, via leur shop ou dans les concerts. De quoi faire du collector. Mais pour ce qui est juste d’entendre le morceau, il suffit de demander, car il n’y a pas non plus de quoi faire les 400 coups pour ça.

Il s’agit d’une chanson resté en chantier depuis vên et finalement terminée pour l’occasion.

Eluveitie – The Early Years

The Early Years

Compilation sortie en 2012.
Plus d’infos ici

Par Toutatis, dix ans déjà. Dix ans de vie de la tribut suisse aujourd’hui devenue star du folk death. Une fois lancés, leur progression de popularité fut assez fulgurante. Il faut dire qu’une fois repéré et poussé en avant par le géant Nuclear Blast dès leur deuxième album, les helvètes n’ont pas chômé en terme de quantité de sortie. En terme de qualité, le parcours est un peu plus en dent de scie mais le succès étant toujours au rendez-vous, ont peu en conclure que le bilan reste bon pour eux. Et après un Elvetio plutôt convainquant, ils décident de jeter un petit coup d’œil dans le rétro viseur en nous sortant ce The Early Years.
Au menu de cette compile, Un réengistrement de leur premier EP Vên, ainsi que leur premier album, Spirit, légèrement dépoussiéré.
Coup commercial ? Pour Nuclear Blast, oui, cela permet de mettre Spirit dans leur discothèque et de ressortir ainsi un album qui se faisait rare dans le commerce. Pour le client, c’est ce que nous allons voir.

Commençons par le gros morceau, à savoir Spirit. Car à moins d’être un fan collectionneur, votre intérêt (ou pas) pour The Early Years sera avant tout porté sur l’occasion de mettre la main sur Spirit. C’est une envie louable, puisqu’on a là un album majeur du folk death. Oh allez, les allergiques à la célébrité d’Eluveitie, reconnaissez-le.
Si on a par la suite parfois pu être tenté de réduire la musique du groupe à du death mélo agrémenté de pipeau et de biniou, il faut se souvenir de l’atmosphère que dégageait Spirit. Cette ambiance de fête païenne, de joyeux défouloir celtique et métallique. Je ne vais pas ici refaire un vrai tour de l’album car il n’en a franchement pas besoin, vous trouverez tous les descriptifs qu’il vous faut en quelques minutes. Il était bon lors de sa première sortie et il l’est toujours. On y trouve déjà presque tout ce qui fait Eluveitie, des textes en langues gauloises reconstituée, de la mélodie folk dans tous les sens, du death mélo façon Dark Tranquillity en un peu plus direct porté par le chant death de Chrigel, de superbes interludes folks etc.
Le léger lifting qu’il a subit ne sert qu’à équilibrer le son. Principalement, on remarque que la batterie n’envahie pas autant l’espace, et que les instruments folks en profitent. Le changement est perceptible, mais léger. Quant à savoir si il est profitable à l’album, je ne saurais être catégorique. Pour ma part, je dirais que oui car il met davantage en avant la richesse des morceaux, mais je peut comprendre une frange du public métaleux qui aiment bien le son crado et lourdingue des premières productions dans ce genre.

D’ailleurs si vous faite partie de ceux-là, le réengistrement de Vên risque de vous déplaire au plus haut point, car il illustre bien plus encore ce lissage du son. Ici, l’EP original est totalement réenregistré par le groupe dans sa formation actuelle (2012). On y retrouve donc entre autre la voix d’Anna Murphy à certains endroits, et une production assez proche du dernier album en date, avec chœurs, arrangements et instruments folks bien plus maîtrisés. Il n’en reste pas moins que les morceaux sont des grand moments d’Eluveitie, entre l’imne « Uis Elveti », et les très puissantes « Lament » et « Druid », sans oublier l’instrumentale « Jêzaïg » plus addictive que sa simplicité de composition pourrait le faire croire.

Il y a forcément deux points de vue qui s’affronteront, surtout concernant vên. Ceux qui apprécieront cette remise au goût du jour, ce traitement de luxe offerts à de bon vieux morceaux, et ceux qui préfèreront toujours la spontanéité, la rugosité et la charmante imperfection de l’enregistrement original.
Donc, The Early Year est une compile qui tient ses promesses. C’est une ressortie d’un album dont la qualité n’est plus à prouver, agrémenter d’un bonus très honnêtes. A partir de là, la critique est facile mais peu justifiée, car il est simple de savoir si le produit vous tente ou pas à partir du moment où il dit ce qu’il est.




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